Le "goût de l'aventure" de l'hyperactif Mathias Malzieu

  • Après le livre "Journal d'un vampire en pyjama" et sa déclinaison en disque en 2016, Mathias Malzieu signe un film, en salles mercredi.
    Après le livre "Journal d'un vampire en pyjama" et sa déclinaison en disque en 2016, Mathias Malzieu signe un film, en salles mercredi. JOEL SAGET / AFP
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(AFP) - Après le livre, le disque et le film: avec l'album "Surprisier" et le long métrage "Une sirène à Paris", le chanteur du groupe Dionysos Mathias Malzieu plonge dans l'univers d'un homme qui cherche à enchanter le monde, qu'il voit comme "un moi augmenté".

Rescapé d'une maladie rare qui l'a contraint à une longue hospitalisation et une greffe de moelle osseuse il y a cinq ans et demi, Mathias Malzieu, 45 ans, dit "faire à nouveau trop de choses, par appétit et goût de l'aventure".

"C'est là que je vois que je suis guéri", souligne-t-il dans un entretien avec l'AFP.

"Je ne suis pas un sage qui a appris de la maladie. Ça m'a changé dans la mesure où j'ai une sensibilité à la vie qui est encore plus forte", poursuit celui qui se définit comme un "hyperactif" et "hypersensible", qui a "besoin d'un flux amoureux, mais créatif".

Après le livre "Journal d'un vampire en pyjama" et sa déclinaison en disque en 2016, l'artiste touche-à-tout signe un film, en salles mercredi, et un nouvel album avec son groupe, sorti le 28 février, qui prolongent son livre "Une sirène à Paris", publié il y a un an.

- "Capacité d'émerveillement" -

"Quand j'ai commencé à aller mieux, j'ai retrouvé un peu mes jouets de romancier", raconte celui qui revendique le pouvoir de l'imaginaire et sa part d'enfance, sa "capacité d'émerveillement".

"La flèche qui m'a frappé en plein coeur, c'est vraiment de raconter l'histoire de ce personnage qui se croit immunisé face au sentiment amoureux", souligne le chanteur, écrivain et réalisateur, habitué des univers oniriques peuplés de créatures fantasques. 

Il explique avoir "commencé à faire des chansons" et en même temps, à écrire "le livre, qui lui permettait d'aller plus loin dans la psychologie des personnages" et "le scénario, qui lui donnait une dynamique d'histoire".

Cette histoire qu'il raconte, c'est celle de Gaspard (Nicolas Duvauchelle dans le film), un chanteur qui se produit sur une péniche-cabaret et dont l'appartement ressemble à un cabinet de curiosités - et à son propre appartement, reconnaît Mathias Malzieu. 

Héritier d'une famille de "surprisiers", chargés de réenchanter le réel grâce à leur imaginaire, Gaspard s'est promis de ne plus jamais tomber amoureux. Mais sa rencontre avec une sirène échouée lors d'une crue de la Seine (Marilyn Lima), qui tue les hommes en les rendant amoureux par son chant, va remettre en question ses certitudes.

- De Jeunet à Gondry -

Ce film aux allures de conte - le deuxième de Mathias Malzieu après le long métrage d'animation "Jack et la mécanique du coeur" (2014), qu'il avait coréalisé -, développe un univers visuel et sonore fantaisiste et inventif.

Avec ses couleurs patinées, il lorgne du côté des films de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro, ceux de Jim Jarmusch et ses "gens de la marge" et ceux de Michel Gondry, "fan comme lui de Méliès et de tours de magie", le tout avec un côté bric-à-brac nostalgique. 

"J'aime les films à univers", souligne le réalisateur, qui dit apprécier "quand la nostalgie permet d'être hors du temps". "Là, il peut y avoir de la surprise et de la poésie qui jaillit", ajoute-t-il. 

"C'est la recherche du moment de grâce. C'est une maladie que j'ai depuis petit, et dont le syndrome est devenu plus sévère depuis ma greffe", ajoute Mathias Malzieu, qui dit "se mettre dans tous ses personnages", même si "c'est un moi augmenté, un moi la plupart du temps mieux et des fois pire".

Dionysos signe aussi la musique du film avec son arrangeur Olivier Daviaud, où se retrouvent certaines chansons de l'album, qui prend lui aussi des aspects de mélange poétique, alternant rock, incursions dans le hip-hop, sonorités hawaïennes ou mexicaines.

Pour le chanteur, ce disque - le neuvième du groupe de rock qu'il a cofondé il y a 27 ans -, qui développe "les chansons de Gaspard", est "une cabane dans les bois, dans laquelle on joue du rock'n roll", alternant "douceur" et "énergie".

Relaxnews
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