Direction d’école : une charge trop lourde

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  • Les responsables du syndicat Snuipp FSU 12 ont invité les personnes concernées à témoigner.
    Les responsables du syndicat Snuipp FSU 12 ont invité les personnes concernées à témoigner. Repro CPA / Repro CPA
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Un groupe de personnes en charge de direction dans leur école a préféré témoigner devant les journalistes plutôt qu’à la Direction académique, où se tenait une deuxième réunion de groupe sur le sujet

Le matin de ce mercredi 11 mars, elles devaient assister, dans les locaux de la Direction académique, à une deuxième réunion de groupe de consultation et de suivi pour la direction d’école. Mais cette dizaine de directrices ou chargés de direction, venue de tout le département, a décliné l’invitation. Ce mercredi matin, il n’y a que des femmes, et elles ont préféré se retrouver dans les locaux du Snuipp, syndicat majoritaire dans le premier degré, pour parler à des journalistes. En demandant la possibilité de garder l’anonymat, histoire d’éviter "la pression d’en haut"

Le suicide de Christine Renom

Le groupe auquel elles étaient invitées à participer hier matin a été mis en place à la suite du suicide retentissant de Christine Renom en septembre dernier. Dans un courrier, cette directrice d’une école à Pantin, avait expliqué les raisons de son geste. "Un courrier dans lequel on se reconnaît toutes " souffle une des enseignantes. Il n’en faut pas beaucoup alors pour qu’elles égrènent la longue liste de tâches qu’elles doivent assumer. "DRH, assistante sociale, ménagère, infirmière, informaticienne, psychologue, conseillère matrimoniale, gardienne de parking… Ah, j’oubliais, j’ai une classe à plein temps aussi", résume l’une d’elles. Et dans toutes les bouches : la solitude. Pesante. Certaines en souffrent, d’autres en ont ras le bol. "Il y a parfois urgence à être aidé. On téléphone, mais personne n’est disponible et on nous demande d’envoyer un mail. Moi je dis stop."

Cette réunion de groupe "Direction d’école", elles n’ont pas voulu y aller car la première s’est résumée selon elles "à de la câlinothérapie, à nos frais qui plus est ".

"L’heure n’est plus à interroger sur ce qui ne va pas"

"La Direction académique veut libérer la parole, mais elle connaît très bien les problèmes" résume Antoine Cantais, co-secrétaire du syndicat. "L’heure n’est plus à interroger sur ce qui ne va pas, il faut des mesures concrètes. Et les montagnes ne peuvent plus accoucher de souris ". Ces directeurs, directrices, ou chargés de direction savent, en outre, que c’est à l’échelon national que tout peut se décider.

Leur demande ? " Du temps. On veut du temps ! Il nous faut plus de décharges et une aide administrative ". De l’argent ? " Oui, aussi, il faut le dire", glisse une directrice. Une autre, qui arrive en fin de carrière, abonde : "On gagne un peu plus avec cette responsabilité, mais entre les vitamines que je suis obligée de prendre, et quelques jours parce que je n’en peux plus, avec un premier jour de carence, j’ai vite fait d’avoir tout dépensé…"

Alerter l’opinion publique

À se demander pourquoi, alors, elles acceptent ce rôle de direction. En appréciant les échanges, on comprend que c’est un peu le piège qui se referme. " Dans mon cas, pour travailler près de chez moi, j’ai eu à choisir entre faire trois-quart d’heure ou une heure de route ou prendre une direction…". Une autre : " Moi, c’était il y a quelque temps, je voulais ce poste de direction. Il y avait quatre classes, une décharge d’un jour pour assurer cette responsabilité. C’était bien. Puis l’école a perdu une classe, et la décharge hebdomadaire a sauté ". Une autre : " J’étais dans une classe unique, j’ai accepté pour une école plus grande. Mais le fossé est abyssal entre les deux ! ". Une autre : "C’était mon trentième vœu… et je suis tombé sur celui-là"

Le malaise est profond. Trop pour ne pas mériter un vaste plan. Devant quelques journalistes locaux, ces directrices ne cachent pas que leur souhait est d’alerter l’opinion publique. "On nous mène en bateau, mais l’école tient grâce au bon vouloir de collègues qui s’épuisent " assène une enseignante inquiète. Une directrice rappelle alors une évidence : "Nous, ce que l’on veut, c’est faire bien avec nos élèves ".

Philippe Routhe
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