Une campagne américaine grand angle dans le viseur de la photographe Emeline Delsaut

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  • émeline Delsaut ne veut pas s’enfermer dans une mode mais elle ne s’interdit pas le côté créatif de la photo.
    émeline Delsaut ne veut pas s’enfermer dans une mode mais elle ne s’interdit pas le côté créatif de la photo. Rui Dos Santos
Publié le , mis à jour

Native de Cambrai, arrivée en Aveyron en 2005, à la tête du studio End à Naucelle, avec son mari Nicolas, depuis 2016, elle a été repérée grâce à une superbe photo qu’elle a présentée au concours de Meilleur ouvrier de France. Invitée par un producteur, elle a accroché, pour sa première exposition officielle,une vingtaine d’images à Miami. Elle y a visiblement pris goût et travaille d’ores et déjà à un prochain séjour outre-atlantique. Peut-être sur la côte ouest ? Ou dans une galerie à New York ?

On n’a pas de gloire à faire ce qu’on sait faire !". Le décor est planté. émeline Delsaut n’est pas femme à supporter les approximations". "C’est dans les gênes. Probablement un virus familial", lance-t-elle volontiers dans un grand éclat de rire. Cette phrase, elle l’a entendue des centaines de fois. Dans la bouche de son père, Meilleur ouvrier de France (Mof) en taille de pierre. Quant à sa mère, elle est "une couturière aux doigts d’or". Sans oublier sa tante, la sœur jumelle de sa maman, qui a un atelier de poterie. émeline Delsaut a aussi choisi le milieu de l’art mais s’est fixée la photographie comme objectif. Avec le même souci du détail que ses parents, dont elle est la digne héritière. Un master en arts plastiques en poche, celle qui est née à Cambrai, en 1982, a enseigné la photographie à l’Université de Valenciennes. Avant de suivre les battements de son cœur pour poser ses boîtiers en Aveyron, en 2005, où celui qui est devenu son mari travaillait à la Maison familiale et rurale de Naucelle. Tout en enseignant les arts plastiques en collège (Naucelle, Saint-Joseph Rodez), elle a lancé son entreprise. Tout d’abord chez elle à Camjac en 2009, puis le studio End (lire ci-contre) avec Nicolas son époux, sept ans plus tard, spécialisée entre autres dans les mariages. La clientèle apprécie son style très épuré, son travail de précision. "Les couples aiment la couleur, note-t-elle. Je ne suis pas enfermée dans une mode et je ne m’interdis pas le côté créatif de la photo. C’est un défi, mon équilibre passe par ce côté artisanal, le fait main". Candidate au titre de Meilleur ouvrier de France, sa photo sélectionnée n’a pas gagné. Mais, elle n’a pas tout perdu ! Elle a ainsi reçu un coup de fil d’un producteur reconnu américain ("J’ai cru à une blague") et a été invitée à présenter le fruit de son travail au Art and Africa, en Floride.

Cette maman de deux enfants (Raphaël, 10 ans, et Clémence, 6 ans) a visiblement jeté l’ancre à Naucelle. "Notre vie est ici", confirme-t-elle. Un constat qui ne l’empêche toutefois pas de courir le monde. Elle développe : "C’est la fin d’un cycle de dix ans. Dix ans passés à installer le studio, fidéliser la clientèle, définir des produits et créer un réseau. L’heure a sonné de ne plus lutter contre les fourmis dans les jambes". Tout en poursuivant "bien sûr" l’activité à Naucelle,

la plasticienne, dont la photo ressemble à de la peinture, qui, "curieuse", aime "comprendre le monde", ne cache pas qu’elle serait heureuse "d’oser une carrière artistique aux états-Unis". Peut-être sur la côte ouest ou dans une galerie à New York. D’autres projets naissent chaque matin dans sa tête. Comme celui de "proposer une exposition itinérante, en impliquant des personnes localement à chaque étape". En attendant, elle se réjouit que la vingtaine de photos accrochées à Miami fin 2019 tournent actuellement sur le territoire américain, avant de rentrer au pays à l’automne. Mais, ce séjour aux States "ne restera pas un coup isolé". Il y aura donc une deuxième exposition aux USA. Mais quand ? "Elle n’est pas encore sortie de ma tête !", assure l’intéressée.

« End, le début de l’histoire ! »

« C’est balèze, non ? ». Si elle brille dès qu’il s’agit de l’univers de l’image, émeline Delsaut maîtrise également le sens des mots. Aussi, quand elle utilise ce vocabulaire, ce n’est pas pour décrire son travail. Trop humble pour ça ! Elle ne roule pas les « R », ni les mécaniques. Quand la Cambraisienne d’origine dit que « c’est gonflé », elle fait allusion au nom qu’elle a donné au studio photographique familial, place des Arthésiens, à Naucelle. End, c’est d’abord l’enchaînement des initiales des deux maîtres à bord. End, donc comme émeline et Nicolas Delsaut. Et, à ceux qui, amoureux de la langue de Shakespeare, traduisent End par la fin, la professionnelle naucelloise répond tout de go, préférant parler de « début de l’histoire » : « La photographie est un instant qu’on emprisonne pour l’éternité, qu’on capture pour se nourrir ».
 

Rui Dos Santos
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