Les électeurs aveyronnais aux urnes, sans désemparer

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  • La psychose ambiante a peu dérouté les citoyens même si le chemin des urnes était jalonné de contraintes sanitaires.
    La psychose ambiante a peu dérouté les citoyens même si le chemin des urnes était jalonné de contraintes sanitaires. Reproduction Centre Presse / Jean-Louis Bories / Reproduction Centre Presse
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Contre toute attente dans ce contexte sanitaire, les Aveyronnais ont rejoint les urnes, plus nombreux qu’en 2014 à la même heure. Pour exprimer avant tout une relative sérénité des choix portés dans les urnes.
 

La démocratie confinée, certes, mais pas confisquée. Habitué à des taux très élevé de participation à chaque scrutin, l’Aveyron est resté fidèle à sa réputation en affichant hier à 17 heures quelque 20 points de plus (58,35 %) que la moyenne nationale et un podium partagé avec la Haute-Corse.  Mieux encore, les électeurs aveyronnais font mieux qu’en 2014 où la participation plafonnait à 53,79 % à la même heure. Le taux définitif a été officialisé dans nuit : 57,30 %.
Tout cela alors que les contraintes, bien réelles, liées au Covid-19 et à ses conséquences ont alimenté toutes les conversations, hier, relevées d’une certaine incompréhension à maintenir le scrutin, bien plus encore que les projets municipaux pour lesquels il fallait voter. Le devoir citoyen a donc, ici plus qu’ailleurs, triomphé de la psychose contre vents et marées : l’Aveyron s’en est lavé les mains, au propre comme au figuré.

Prime aux sortants…

Dans un tel contexte de fin du monde, la participation s’est plutôt soldée par une relative sérénité dans son expression. On retiendra comme dominante la prime aux sortants, parfois avec de confortables scores (Bozouls, Onet, Sébazac, Decazeville, Baraqueville, Laguiole pour ne citer qu’elles), parfois aussi avec quelques coins enfoncés par des oppositions qui gagnent du terrain. Ainsi à Espalion où les opposants au maire sortant sont désormais six au lieu d’être cinq au conseil, ce qui n’empêche pas Éric Picard d’être élu au premier tour devant deux autres listes.
Pour les communes de plus de mille habitants où n’était proposée qu’une seule liste, apparaît parfois une adhésion contrariée au projet de l’équipe candidate par l’agacement de ne pas avoir le choix : ainsi, un petit tiers de participation à La Primaube et près de 10 % de bulletins nuls au maire sortant, assuré de sa réélection.

…Et coups de théâtre

Le scrutin réserve toujours des surprises, qui n’en sont pas forcément pour les électeurs du cru. Anne Gaben-Toutant perd ainsi la mairie de Marcillac au profit de Jean-Philippe Périé et ne conserve que quatre sièges sur dix-neuf. Même punition à Aubin pour André Martinez qui ne conserve que quatre sièges sur vingt-sept face à l’équipe de Laurent Alexandre, elle aussi divers gauche.
On relèvera aussi que Jean-Paul Peyrac, maire historique de Cruéjouls qu’il a réunie avec Coussergues et Palmas pour créer une commune nouvelle (Palmas-d’Aveyron) paye cette audace en rendant 15 sièges sur 19 à l’équipe de Catherine Sannié-Carrière fédérant des oppositions de tous bords qui devront recréer un conseil.

Rabais sur l’étiquette

Les élections municipales consacrent la relation de proximité entre les élus et leurs concitoyens, au point que voter l’attachement à une personnalité est plus convenu que d’adhérer à son projet. C’est particulièrement vrai pour les communes de moins de mille habitants. Et ça le devient pour celles de plus de mille habitants, quand les candidats rechignent à porter l’étiquette d’un parti, l’exercice actuel de la politique ne s’y prêtant plus guère.
Ainsi à Rodez où la liste du maire sortant mélange désormais les genres. Ce qui finalement trouble peu l’électorat : Christian Teyssèdre rate, comme en 2014, l’élection au premier tour, d’une grosse poignée de voix (46, 82 % des suffrages), due pourquoi pas à une panne de la participation (35,99 %) liée au contexte sanitaire, les 17 bureaux de vote réunissant 15 000 inscrits au même endroit…  Une triangulaire devrait se profiler au second tour, des alliances apparaissant peu probables à ce jour entre les deux autres listes autorisées à se maintenir.

Classiques partitions

Le premier tour en revanche n’a pas échappé au PRG Jean-Sébastien Orcibal qui rend Villefranche-de-Rouergue à la gauche. Il est élu avec 52,34 % des voix devant Laurent Tranier (Les Républicains), celui-ci portant l’héritage du maire actuel Serge Roques dont il était le premier adjoint. Là les étiquettes ont bel et bien gardé leur couleur et la participation (47,8 %) a profité au changement.
Millau aussi reste fidèle aux partitions plus classiques. Le second tour verra donc s’opposer le maire sortant Christophe Saint-Pierre soutenu par Les Républicains, en (courte) tête avec 34,59 % face à la socialiste Emmanuelle Gazel (33,77 %). Voilà qui est serré, d’autant qu’une triangulaire avec Philippe Ramondenc dimanche prochain est probable : celui qui a tenté une alliance avec le premier en 2014 et la seconde en 2020, peut se maintenir au second tour.

Un coup pour rien ?

Le second tour, précisément, telle est la question. Aura-t-il seulement lieu dimanche prochain quand le gouvernement annonce réfléchir, dès ce début de semaine, à son maintien. S’il venait à être sacrifié sur l’autel du Covid-19, le premier tour dans son entier serait invalidé… On tremble. Ce 15 mars n’aurait été qu’un brouillon ? Pas sûr qu’un nouveau scrutin, l’an prochain ou avant, rebatte vraiment les cartes. À suivre…
 

Christophe Cathala
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