La préfète de l'Aveyron prévient : "Etre confiné, ce n’est pas être en vacances"

  • Catherine de la Robertie, préfète de l’Aveyron.
    Catherine de la Robertie, préfète de l’Aveyron. Repro CPA / Repro CPA
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Coordination des hôpitaux, mesures restrictives élargies pour les promeneurs, foyers épidémiques en Aveyron, maintien ou non des marchés… La préfète de l’Aveyron veut jouer la transparence et en appelle au civisme.

Catherine de la Robertie enchaîne réunions et concertations chaque jour. Et la préfète invite tout un chacun à " la prudence, la vigilance et la responsabilité " autour d’un mot d’ordre : " Restez chez vous ! ".

Avez-vous, au troisième jour du confinement, le sentiment que les Aveyronnais ont bien pris la mesure du problème ?

La prise de conscience tarde un peu mais elle est bien réelle. Les Aveyronnais ont des valeurs, sont respectueux. Et globalement les mesures de restrictions ont été bien observées par nos concitoyens. Toutefois, les forces de l’ordre veillent : pour la seule journée de mercredi, 22 verbalisations ont été établies par la police à Rodez, Millau et Decazeville, 3 seulement par la gendarmerie hors de ces zones. Il est vrai que j’avais demandé que nous fassions, en priorité de la pédagogie. Les citoyens désormais ne peuvent plus ignorer ces contraintes.

La lutte contre l’épidémie repose sur la prudence, la vigilance, la responsabilité. Le mot d’ordre est clair : "Restez chez vous !". Cela veut dire aussi que l’intérêt général doit prévaloir sur les intérêts particuliers, au nom de la vertu civique.

Dans le cas contraire, vous apprêtez-vous à " serrer la vis " ?

C’est déjà le cas. Nous venons de nous concerter entre préfets au niveau de notre zone, Occitanie et Paca en particulier. Et je viens de prendre un arrêté interdisant à tous de fréquenter les parcs et jardins publics, mais aussi les berges des rivières et des lacs, sur le Lévézou notamment, haut-lieu de promenades…

Les pêcheurs sont priés de rester chez eux ?

Oui, et c’est le cas pour tout le monde. être confiné, ce n’est pas être en vacances ! J’insiste beaucoup là-dessus. On peut sortir de chez soi, seul de préférence, dans un périmètre restreint autour de son domicile et muni de son attestation. C’est une règle commune à tous.

Pour faire échec à la propagation du virus, le Premier ministre a décrété l’état d’urgence sanitaire. Est-il bien mis en route en Aveyron ?

Oui. Il existe une grande solidarité en Aveyron. J’ai réuni, ce mardi, les hôpitaux aveyronnais pour mettre en œuvre une coordination territoriale pilotée par l’hôpital de Rodez. Chaque hôpital du département aura ainsi un rôle précis à jouer tant pour le Covid-19 que pour les autres pathologies.

Et je salue dans cette partition les efforts de la médecine de ville et la coopération active du Conseil de l’Ordre des médecins. Tous les professionnels de la santé sont très mobilisés et s’organisent. Ainsi, la cellule d’appui aux Ehpad qui réunit six médecins du Grand Ruthénois…

Bien organisés, mais toujours en manque de moyens…

Il existe une problématique autour des masques. On essaie d’anticiper. Je sais que les professionnels libéraux en manquent notamment. La préfecture a engagé le recensement des masques disponibles auprès des collectivités et des entreprises, plusieurs d’entre elles ayant spontanément proposé leurs équipements. C’est cela aussi l’esprit de civisme des Aveyronnais.

Des Aveyronnais qui voient arriver des personnes venues des grandes villes se mettre au vert ici, dans leur résidence secondaire. Comprenez-vous les inquiétudes face à cet afflux de population potentiellement infectée ?

De toute façon, le virus circule aussi en Aveyron, c’est une évidence. Si tout le monde respecte les "gestes barrières" et les règles de confinement, il n’y aura pas de problème. D’autant que les capacités d’accueil sanitaire restent suffisantes.

Dans ce contexte, une problématique demeure sur l’organisation des marchés traditionnels. Des maires les ferment, d’autres les laissent ouverts. Allez-vous trancher ?

Tout est clair à ce jour : les marchés alimentaires sont maintenus à condition que tout soit respecté concernant les gestes barrières et la distanciation : des étals espacés, des allées élargies, des distances de sécurité entre clients qui ne doivent pas tripoter la marchandise… Le fait qu’il ne demeure dans ces marchés que l’alimentaire doit créer l’espace suffisant. Je l’ai communiqué aux maires, à eux de faire respecter ces règles, et s’ils ne le peuvent pas, ils ferment leur marché. Et j’ai aussi donné des consignes en ce sens aux forces de l’ordre.

Il est important de pouvoir maintenir ces marchés pour que nos concitoyens s’alimentent et que nos agriculteurs maintiennent leurs débouchés.

Des risques existent dans certains endroits plus que dans d’autres… Existe-t-il des foyers d’épidémie en Aveyron ?

Un près de Bozouls, un autre proche de Millau… Nous avons aussi quelques cas préoccupants à Rodez et alentour, avec une chaîne de contamination qui n’est pas totalement identifiée.

Certaines personnes ont le sentiment que les pouvoirs publics leur cachent " la vérité " sur l’étendue de cette épidémie. Qu’avez-vous à leur dire ?

Que nous sommes toujours transparents et que cacher la réalité serait totalement contre-productif. On n’élude rien. La situation se présente plutôt bien pour nos concitoyens ici, pour peu que l’on continue à s’emparer des règles à respecter, le confinement bien sûr, mais aussi en n’appelant pas aussi le 17 et le 15, sauf symptômes graves et après avoir téléphoné à son médecin. Le virus circule ici comme ailleurs et l’on doit tout faire pour ne pas le disséminer. Alors on va tous combattre ensemble et l’on va vaincre ensemble.

Propos recueillis par Christophe Cathala
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