Covid-19 : la double peine des précaires

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Confrontés au mal logement ou aux problèmes de santé, les personnes en situation de précarité risquent bien de payer le prix fort de cette pandémie de coronavirus. Une situation pointée du doigt par plusieurs ONG.

La liste de tout ce qu’implique le confinement pour les personnes en situation de précarité donne le vertige.

Au point de vue strictement sanitaire pour commencer. Rappelons que le diabète est 3 à 4 fois plus fréquent chez les personnes précaires, que l’asthme et les maladies pulmonaires touchent plus les mal-logés que les autres. « Les personnes les plus pauvres sont aussi les plus éloignées des campagnes de prévention, de l’accès aux soins et aux produits de première nécessité (eau, alimentation, produits d’hygiène…), notamment lorsqu’elles vivent dans des centres d’hébergement, des logements indignes, des campements ou des bidonvilles », alerte le mouvement ATD Quart Monde.

Un avis repris par Pierre Mendiharat, directeur adjoint des Opérations de Médecins sans frontières : « Sans un effort de détection et de mise en isolement des cas, la propagation de la maladie parmi les populations précaires risque d’être particulièrement rapide.  Et ce d’autant plus qu’il est  difficile d’atteindre ces personnes qui vivent aux marges des dispositifs accessibles à  la population générale ».

Moins d’aides alimentaires ?

Les personnes devant recourir à l’aide alimentaire risquent également de ne plus avoir accès aux distributions et aux épiceries solidaires en raison du confinement des bénévoles. Certains entrepôts de la Banque alimentaire ferment leurs portes. De leur côté, les restos du cœur appellent des bénévoles en renforts.

« L’État doit garantir un soutien renforcé aux personnes les plus vulnérables », assène ATD Quart Monde. Un appel semble-t-il entendu puisque naissent ici et là plusieurs initiatives. Dans son allocution du jeudi 12 mars, Emmanuel Macron a commencé par annoncer le prolongement de la trêve hivernale jusqu’au 31 mai. Par ailleurs, l’Etat commence à mettre en place des solutions d’hébergement en réquisitionnant des chambres d’hôtels ou des gymnases. A Cannes, c’est le palais des festivals qui a été aménagé.

Enfin, les premiers centres spécifiquement dédiés pour la prise en charge de personnes sans-domicile atteints du virus – mais ne nécessitant pas une hospitalisation- commencent à ouvrir. Tout cela suffira-t-il ?

Destination Santé
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