En Aveyron aussi, cultiver son jardin devient difficile...

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  • Isabelle Rozière, aux portes de sa serre, convertie aux légumes.
    Isabelle Rozière, aux portes de sa serre, convertie aux légumes. C.C. / C.C.
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Il lui a fallu prendre des trésors de précaution pour s’insérer dans le peu d’espace que lui laissent les autorisations de vente. Quelques légumes de son jardin, réservés d’ordinaire à la consommation familiale, sont proposés à la caisse aux côtés de ceux d’un ou deux autres petits producteurs du cru qui lui laissent leurs marchandises en dépôt.

"Les gens veulent acheter du pays et pas de l’Espagne ! Et mardi, j’aurai des asperges bio, produites pas loin d’ici ! ", lance-t-elle avec un large sourire.

Isabelle Rozière est horticultrice-pépiniériste entre Laissac et Sévérac-l’Église et son métier lui autorise de tenir boutique avec des légumes prêts à la consommation et garder ainsi le contact avec sa clientèle.

Mais pas de lui vendre ce qui fait sa raison d’être : des plants pour le potager, des plantes, des arbustes, des végétaux de toutes sortes qu’elle cajole sous une grande serre. On peut regarder, mais pas emporter ! Cette production-là n’est pas de première nécessité, passez votre chemin.

Pour l’heure, elle reçoit de temps à autre quelques clients pour ses légumes, pas plus de deux à la fois, et se lave les mains à l’eau javellisée entre chacun d’eux. À faire ce que l’on peut, autant le faire bien.

"Aberrant"

"C’est aberrant ! Les gens sont confinés et ici, en zone rurale, ils ont tout le temps de lancer leur potager, de s’occuper de leur jardin. Mais je ne peux pas leur vendre de quoi le faire. Alors que le jardin est la première source d’alimentation des ménages qui peuvent en cultiver un… Songez que la moitié des tomates consommées sont produites par les potagers des particuliers ! Moi, j’ai juste le droit de les laisser pousser dans leurs barquettes en plastique… et de les jeter".

Ces légumes en devenir, aux côtés des géraniums, finiront à la benne, au fond de la serre. Une production perdue qui sera prise en compte dans les indemnités que ces producteurs ont la promesse de percevoir. Sans beaucoup d’illusion.

Et la benne à déchets se remplit aujourd’hui bien plus vite qu’à l’ordinaire au fur et à mesure que ces plants, qui ne peuvent trouver preneur, se flétrissent. "Je continue à les entretenir, à les cultiver, dans le but d’être prête quand la crise sera finie… Mais si ça dure jusqu’à fin mai, ce sera foutu pour cette année".

C.C.
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