Social : SDF, personnes isolées : un confinement problématique

  • Un SDF livré à lui-même.
    Un SDF livré à lui-même. ARCHIVES JAT / ARCHIVES JAT
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L’absence de domicile fixe, tout comme un trop grand isolement imposent aux collectivités et à l’état une attention toute particulière.  

Aucune loi ni directives n’impose aux SDF le confinement, car ils sont justement sans domicile. Ils restent donc exposés à la propagation sanitaire. Les communes les incitent à rejoindre les foyers, mais parfois, sans succès.
Certes, le ministre de la Ville et du Logement, Julien Denormandie a débloqué une enveloppe de 50 M€ d’euros pour faire ouvrir des chambres d’hôtels, dans les grandes villes, surtout, où la capacité d’accueil est saturée.
Mais à Rodez, la situation des SDF reste en revanche la même qu’avant : ils sont invités à rejoindre le foyer d’hébergement d’urgence.
Le problème est qu’on ne peut les y contraindre, ni même, leur mettre une amende, puisqu’ils sont insolvables. « La difficulté est de les maintenir dans un endroit fixe, car justement, ils n’ont pas de logement. Le confinement demeure forcément compliqué à appliquer », explique Éric Fournier à la mairie de Rodez.

Capacité d’accueil suffisante

Pour autant, cela ne signifie pas qu’ils sont laissés dans la nature, sans surveillance. Ils restent, comme à l’accoutumée suivis par le Centre communal d’action social (CCAS) dont le standard reste ouvert tous les jours (sauf le week-end) de 10 heures à midi et de 14 heures à 16 heures, pour leur venir en aide.
Un accueil physique est aussi prévu et limité à trois personnes en simultané et ouvert trois heures chaque matin. L’épicerie sociale de la ville reste également ouverte une demi-journée par semaine.
Du côté de Millau, le maire, Christophe Saint-Pierre est dans la même configuration que Rodez. « On ne peut pas confiner les sans-domiciles fixes s’ils ne le souhaitent pas. Nous avons une structure, Trait-d’Union qui travaille avec les SDF. Quelques-uns d’entre eux ont accepté d’être confinés, deux restent sur la voie publique. Nous restons vigilants pour les aider s’ils en ont besoin ».
Millau comme Rodez disent avoir une capacité d’accueil suffisante pour les accueillir. Mais les collectivités peinent donc à leur imposer le confinement.  

Le plan d’action de la préfecture

Des solutions sont toutefois mises en œuvre pour ne laisser personne au bord du chemin face à cette crise sanitaire. « Nous avons ouvert un centre d’hébergement à Najac, indique la préfète de l’Aveyron, Catherine de la Robertie. Une dizaine de SDF y sont ainsi à l’abri… avec leurs chiens bien sûr ». Au-delà de cette initiative, « nous faisons un important travail de sensibilisation avec l’aide d’associations comme la Pantarelle à Rodez, Village 12 à Villefranche ou Trait d’Union à Millau ». De plus, la DDCSPP (protection des populations) « anime de façon resserrée le réseau de toutes les associations impliquées aux côtés des CCAS et du conseil départemental : des échanges réguliers sont organisés pour suivre au plus près l’évolution de la situation ».
Les personnes isolées, potentiellement en danger face à l’épidémie, ne pouvant alerter quiconque sur leur situation, ne sont pas oubliées : « J’ai envoyé un courrier à tous les maires pour qu’ils mettent à jour le répertoire des personnes isolées et les inviter à se mobiliser pour garder le contact, notamment, avec les personnes âgées de leur commune, reprend la préfète. Et ce, sur la base du plan communal de sauvegarde, tel qu’il existe en particulier pour la canicule ». A ce jour, aucun problème n’a été identifié.

 

Salima Ouirni
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