TOC : les difficultés du confinement

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Se laver les mains très régulièrement. Désinfecter les poignées de portes. Cette période de confinement est marquée par de nombreux rituels. Une situation qui peut devenir difficile à gérer pour les patients souffrant de troubles obsessionnels compulsifs.

« Les troubles obsessionnels compulsifs sont en partie dus à la génétique », raconte Vincent Trybou* psychologue clinicien au Centre des Troubles Anxieux et de l’Humeur de Paris. « Certaines zones du cerveau se mettent en ébullition et provoquent des obsessions, des pensées très intrusives qui tournent en boucle entraînant une forte anxiété, et des rituels pour tenter de s’apaiser. Les TOC les plus classiques sont les lavages, les répétitions d’action parce qu’elles ne sont pas faites comme le trouble l’exige… ».

Ainsi, dans la période actuelle où il nous est demandé de maintenir des habitudes d’hygiène, et ce afin d’éviter la contamination, les personnes souffrant de TOC pourraient vivre le confinement plus difficilement. La crainte de l’infection « va les conduire à mettre en place des rituels pour tenter de contrôler leur obsession. » Un lavage des mains compulsif qui ne serait plus du tout rationnel par exemple. « C’est épuisant », continue Vincent Trybou. « Toute la vie du patient va tourner autour de cela. Les obsessions sont très désagréables et envahissent l’ensemble de l’esprit. »

Comment les aider ?

« Les personnes qui sont déjà en soins ont sûrement des rendez-vous à date fixe avec leur thérapeute, par téléphone ou par Skype », rassure le psychologue. « Il y a fort à parier que le confinement et le coronavirus sont à l’ordre du jour de leurs consultations. »

Le grand public va-t-il développer des TOC ?

A force de ritualiser notre hygiène, sans même y penser, risquons-nous aussi de développer des TOC ? A cette question Vincent Trybou répond que le grand public ne risque rien. Ce n’est pas comme ça que ça marche. En revanche, « pour les personnes prédisposées, les troubles peuvent apparaître. Problème, dans le contexte actuel, elles vont trouver une certaine légitimité à leurs comportements. Lesquels vont malheureusement s’aggraver quelques temps avant qu’ils ne se rendent compte que c’est une maladie et qu’il faut une prise en charge ».

Si vous pensez souffrir de ces troubles sans être suivi ou avoir été diagnostiqué, vous pouvez vous rapprocher de l’Association française de personnes souffrant de Troubles Obsessionnels et Compulsifs. Laquelle offre une plateforme de renseignements vaste ainsi qu’une ligne d’écoute et d’aide.

*Co-auteur pour l’AFTOC (Association Française de personnes souffrant de Troubles Obsessionnels et Compulsifs) de l’ouvrage TOC, vivre avec et s’en libérer

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