Vincent Prévoteau : "Le travail réalisé est remarquable"

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  • Vincent Prévoteau aux côtés de Lise Barral, secrétaire générale.
    Vincent Prévoteau aux côtés de Lise Barral, secrétaire générale. Centre / Mathieu Roualdès / Centre
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Vincent Prévoteau, directeur du groupement hospitalier territorial et du centre hospitalier Jacques-Puel de Rodez tient à dire qu’il se sent fier de l’implication sans faille de tous les soignants sur le front en Aveyron et de leur réactivité face à un virus qui ne cesse de gagner du terrain dans l’Hexagone. Entretien.

"Fier". Entre deux réunions de crise, devenues quotidiennes depuis l’apparition du Covid-19 et les premiers cas recensés en Aveyron début mars, Vincent Prévoteau a souhaité témoigner du "travail remarquable" de ses équipes pour faire face à ce qu’on appelle désormais une "guerre invisible". Dans ce quotidien bouleversé, de lutte collective contre la propagation du virus, le directeur du groupement hospitalier territorial et du centre hospitalier Jacques-Puel se veut également rassurant. "Nous ne sommes pas saturés actuellement", affirme-t-il. Une situation pouvant s’expliquer selon lui, outre le fait que le département est aujourd’hui relativement préservé en termes de nombre de cas, par la "parfaite" collaboration de tous les acteurs de cette lutte. Des infectiologues aux Ehpad en passant par les médecins de ville… Et les centaines, voire milliers, de petites mains agissant dans l’ombre. "Plus que jamais, l’hôpital public prouve qu’il est une formidable chaîne d’union de soins", se réjouit celui qui porte également la casquette de président de l’association des directrices et directeurs d’hôpitaux. Entretien.

La fameuse vague est là ont annoncé plusieurs professionnels de santé, comment l’hôpital de Rodez y fait-il face à ce jour ?

Aujourd’hui, on ne sait toujours pas si la vague est là. Je ne me prononcerai pas là-dessus mais nous sommes continuellement en alerte. Car nous voyons que la situation évolue au fil des jours, le nombre de patients augmente. Et il n’y a toujours pas de décroissance du nombre de cas, d’où l’importance, je le répète, de bien respecter le confinement.

En revanche, l’hôpital de Rodez n’est pas actuellement dans une situation de " saturation " ?

Nous ne sommes pas saturés. Notre unité dédiée aux patients atteints du Covid-19 peut encore être étendue. Et cela grâce à la totale réorganisation que nous sommes parvenus à mettre en place dès le mois de janvier… Et dès l’apparition des premiers cas dans le département, où notre service des maladies infectieuses a réalisé un travail remarquable en dépistant tous les "cas contacts".

Comment se déroule cette réorganisation au quotidien justement ?

En seulement deux journées, nous avons réorganisé tout l’hôpital avant que la crise n’arrive. Deux zones ont été créées, l’une dédiée aux patients Covid-19 et l’autre aux urgences hors coronavirus. Cette réorganisation s’est faite partout, dans tous les services avec des circuits spécifiques pour tous les patients, jusqu’aux blocs opératoires même. Car aujourd’hui, on peut très bien être amené à gérer un accouchement d’une maman atteinte du coronavirus. Tout cela s’est réalisé en co-construction avec les médecins et le personnel. Le niveau d’adaptabilité de tous a été remarquable.

Après plusieurs semaines passées dans cette nouvelle organisation, comment se portent vos équipes aujourd’hui ?

On gère collectivement cette crise 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Alors, nous sommes parfois fatigués mais tout le monde assume son rôle à la perfection. On met tout en œuvre pour faire face à cette épidémie.

On vous sent très fier et reconnaissant de l’effort accompli par le personnel soignant…

J’ai toujours dit que les soignants faisaient ce métier par vocation. Ils me l’ont toujours prouvé et c’est encore le cas en ces temps de crise. Ils ne cessent de porter les valeurs de l’hôpital public en eux. En ce sens, l’hôpital de Rodez a toujours été une référence et je suis effectivement fier de le diriger avec toutes les autres structures du groupement hospitalier : Espalion, Decazeville, Vallon, Saint-Geniez… Et je suis plus généralement fier d’être un hospitalier. Et voir comme nous faisons face à cette crise sanitaire sans précédent depuis le mois de janvier…

On dénombre aujourd’hui de nombreux soignants touchés par le Covid-19. Redoutez-vous cela ?

Depuis le départ de la crise, on a deux missions : celle de soigner bien entendu mais également d’éviter la propagation du virus entre nos murs. Nous avons pris de nombreuses mesures en ce sens, nous veillons également à recevoir les équipements de protection nécessaires.

Depuis le début de la crise, les Ehpad payent également un lourd tribut de l’épidémie. Ces établissements sont-ils aujourd’hui votre priorité ?

Notre priorité est de soigner tout le monde. Nous avons une vigilance accrue et une collaboration très forte avec tous les Ehpad. Nos infectiologues sont aujourd’hui un relais précieux pour tout le département. On s’adapte au jour le jour et récemment nous avons, par exemple, mis en place une unité dédiée au Covid-19 à l’hôpital du Vallon.

D’autres régions payent également un lourd tribut, à l’image du Grand Est. L’hôpital de Rodez peut-il être amené à apporter son aide, dans le cadre de transferts de patients par exemple ?

Cette décision ne nous appartient pas mais si nous devons être mis à contribution, on participera bien évidemment à cette solidarité nationale. C’est notre mission.

Êtes-vous confiant pour les jours à venir ?

Je suis confiant quant à notre volonté et notre engagement à tous. Nous sommes toujours dans l’anticipation et nous cessons de nous adapter au quotidien. Nous échangeons régulièrement avec tous les acteurs de cette crise, la médecine de ville particulièrement, et on a d’ores et déjà envisagé tous les scénarios possibles.

Propos recueillis par Mathieu Roualdés
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