Aurélie, infirmière : "Je ne me voyais pas rester chez moi"

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  • Mannequin depuis 2016 à Paris, Aurélie Lacombe a retrouvé son premier métier d’infirmière en pleine crise du Covid-19.
    Mannequin depuis 2016 à Paris, Aurélie Lacombe a retrouvé son premier métier d’infirmière en pleine crise du Covid-19. Repro CPA / Repro CPA
  • Mannequin depuis 2016 à Paris, Aurélie Lacombe a retrouvé son premier métier d’infirmière en pleine crise du Covid-19.
    Mannequin depuis 2016 à Paris, Aurélie Lacombe a retrouvé son premier métier d’infirmière en pleine crise du Covid-19. Repro CPA / Repro CPA
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La jeune Aveyronnaise, mannequin depuis 2016 à Paris, a délaissé les studios photos pour retrouver son métier d’infirmière, à l’hôpital Bicêtre au sud de la capitale, depuis le début de la crise du Covid-19. Elle témoigne.

Ce jour-là, Aurélie Lacombe avait le sourire. Quelques minutes avant qu’on ne la joigne par téléphone, elle venait d’apprendre que son test Covid-19 s’était avéré négatif. C’était mercredi. Une semaine auparavant, elle avait prodigué des soins aux côtés d’une aide-soignante contaminée, comme bon nombre de soignants désormais… Aurélie, elle, y a échappé. Le soir même, elle a ainsi pu repartir sur le front de ce qu’on appelle désormais une guerre invisible. Pour la jeune aveyronnaise, il se déroule aux urgences de l’hôpital du Kremlin-Bicêtre, au sud de Paris. Elle y enchaîne les nuits depuis plusieurs semaines et voit la fameuse vague arriver.

"Si l’on ne trouve pas un traitement, ça va durer…"

Aurélie travaille dans ce qu’on appelle la "deuxième zone de tri". Elle reçoit toutes les personnes avec des symptômes liés au Covid (fièvre, toux, difficultés respiratoires…). Aux côtés d’un médecin, elle vérifie le taux d’oxygène chez tous les patients, leurs antécédents aussi. Si rien n’est alarmant, les personnes peuvent retourner chez elles, sans savoir si elles sont contaminées ou pas… Les tests sont réservés aux personnes "prioritaires", à risque. Et plus les semaines avancent, plus Aurélie Lacombe multiplie ces tests à l’aide du fameux écouvillon. Un flux sans fin se déverse dans l’hôpital. "Au départ, tout le monde disait que ce serait une petite grippe. On en est loin aujourd’hui. Et si l’on ne trouve pas un traitement ou un vaccin rapidement, cela va durer…", pense-t-elle. Elle s’en persuade même un petit peu plus lorsqu’elle est appelée à prêter main-forte à l’unité Covid-19 "avancée", où les patients sont souvent placés sous assistance respiratoire. À l’hôpital Bicêtre, comme dans le reste de l’île-de-France, tous les lits sont occupés. Mais Aurélie se veut positive. Avant tout pour les patients auxquels elle doit annoncer la mauvaise nouvelle, tous les jours ou presque. "Quand on leur dit qu’ils sont positifs au Covid-19, certains ont l’impression d’être condamnés, raconte-t-elle. La famille s’inquiète beaucoup également. Ce n’est pas facile car cette maladie fait énormément peur. Mais, à chaque fois, je rassure le plus possible en expliquant bien que 98 % des personnes s’en sortent très bien…".

Loin de son quotidien de mannequin…

Dans ce quotidien inédit, la Ruthénoise dit néanmoins "tenir le choc" et seulement se sentir "un peu fatiguée". Certainement parce que ce quotidien justement, la diplômée de l’école d’infirmière de Montpellier ne le connaissait plus vraiment… En 2016, lorsqu’elle a posé ses valises à Paris, la jeune femme a mis de côté son métier pour réaliser un autre rêve de jeune fille : le mannequinat. Un autre monde dans laquelle elle a rapidement pris ses marques. Depuis, elle enchaîne les shootings de promotion pour des marques célèbres. Son visage s’affiche dans plusieurs magazines, sur les réseaux sociaux aussi où elle aime partager son quotidien. Mais voilà, la crise du coronavirus est passée par là.

"Et en tant qu’infirmière, je ne me voyais pas rester à la maison à profiter du soleil", explique-t-elle. Elle a alors accepté la première mission d’intérim à l’hôpital Bicêtre.

C’était au début du confinement. Dans le même temps, elle a également accepté un poste d’aide à domicile. Un retour à ses premiers amours en "plein boom". Et peut-être un nouvel avenir qui se dessine : "Je trouve que mes deux métiers sont complémentaires, résume-t-elle. Quand la crise sera passée, je pense que j’irai davantage travailler dans les hôpitaux." Et ainsi apporter du sang neuf à ses consœurs, trop souvent sur la corde raide : "A Paris, ça fait déjà des années que le personnel soignant crie sa souffrance. Puis, imaginez : on vient d’enchaîner la crise des gilets jaunes, les grèves et là ce coronavirus ! Je peux comprendre la fatigue et l’exaspération de mes collègues…".

Mathieu Roualdés
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