Pâques : "Le lien est plus puissant que la présence physique"

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  • Les églises, comme ici celle de Saint-Amans, sont vides. Mais l’Église s’adapte.
    Les églises, comme ici celle de Saint-Amans, sont vides. Mais l’Église s’adapte. JLB / JLB
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Cette semaine de Pâques est la semaine sainte. La semaine la plus importante du calendrier liturgique pour les chrétiens. Elle commence par le dimanche des Rameaux, inclut le Jeudi Saint et le Vendredi Saint. Elle s’achève avec la veillée pascale, pendant la nuit du Samedi Saint au dimanche de Pâques. Pâques célèbre la Résurrection du Christ, sa victoire sur la mort qui est l’élément central de la foi chrétienne. Étymologiquement, Pâques signifie "passage" et célèbre le passage de la mort à la vie du Christ. Mais cette année, c’est donc un moment particulier à passer pour la communauté chrétienne.
Entretien avec Monseigneur Fonlupt, évêque de Rodez et de Vabres.

Comment avez-vous vécu ce dimanche des Rameaux ?

D’une manière particulière… C’est un des moments qui rassemble énormément de monde… et qui, là, n’a rassemblé personne. On a quand même cherché à permettre à ceux qui voulaient vivre ce moment de foi de le faire d’une manière personnelle, de ne pas passer à côté de ce temps liturgique. Notamment par le biais du site diocésain. On a pu le vivre en même temps, quand même.

Depuis les mesures de confinement, vous devez avoir des gens au téléphone, qui vous font part de leur sentiment… Que vous disent-ils ?

Je les trouve très sensibles aux échanges. Et la foi chrétienne est un témoignage d’échanges. Par le biais du réseau des paroisses, essentiel, on est capable de maintenir le lien par le biais du téléphone, des courriers. La liturgie de la semaine sainte va nous aider, alors que nous sommes pris à contre-pied car on ne peut pas vivre cet échange.

Il y a des gens très isolés, qui n’ont pas internet notamment, comment faites-vous ?

C’est une grande difficulté… Les moyens de communication sont une ressource mais cela interroge quand des gens en sont privés. Heureusement il y a des échanges, des gestes du quotidien, des témoignages de solidarité envers ces personnes-là, et cela va au-delà de la religion. C’est indispensable.

Vous proposez une messe filmée, afin que les fidèles puissent la suivre sur internet. Ce doit également être un peu particulier pour vous aussi…

Très… Nous faisons cette messe dans la chapelle de l’évêché, avec le vicaire général et deux paroissiens. Et, donc, dans une église vide… Mais, en même temps, nous nous sentons très reliés à ces personnes qui suivent la messe. Vous voyez cette image du pape sur la place Saint-Pierre-de-Rome qui est vide, alors qu’il devrait y avoir des milliers de personnes… C’est impressionnant de voir cet homme seul. Mais le lien avec toutes ces personnes est plus puissant que la présence physique.

Vous mettez néanmoins en place des mesures pour permettre aux gens de pouvoir vous joindre s’ils le veulent…

Oui. Cette semaine on a ouvert une ligne dédiée à cela. Des bénévoles se relaient et l’on peut répondre à des questions de tous ordres.

Une des questions peut concerner les obsèques. Comment cela s’organise-t-il ?

Les prêtres sont très mobilisés. Vous le savez, de nombreux laïcs assurent les cérémonies, mais beaucoup ont plus de 70 ans, et l’on ne peut leur faire prendre de risques. C’est pareil pour les prêtres du diocèse qui sont âgés. Ils peuvent être affectés à d’autres missions, comme les réponses téléphoniques. 
 

Quel sera le fond de votre message de Pâques ?

De dire que ce qu’il se passe aujourd’hui nous concerne tous. Absolument tous. Nous ne sommes pas extérieurs à l’événement. C’est un événement qui modifie notre manière d’être au monde. Qui met en lumière notre vulnérabilité. La mort est proche. Elle est possible. La foi chrétienne nous indique une manière d’affronter cette période. Jésus Christ a affronté la mort, il l’a traversée. Il ne dit qu’il va tous nous sauver, c’est absolument inaudible. Mais il nous dit que la mort n’aura pas le dernier mot.

L’Eglise aveyronnaise s’adapte

Pour accompagner en proximité les chrétiens de l’Aveyron dans cette période de confinement, l’Église catholique met en place une ligne téléphonique d’écoute assurée par un réseau de bénévoles. C’est le 05 65 43 68 70, ouvert 7 jours sur 7 de 9 h à 12 h et de 15 h à 21 h.
Depuis le dimanche des Rameaux, elle propose une quête en ligne « Parce que l’offrande de la quête est un acte liturgique, associé à l’offrande du pain et du vin eucharistique, parce qu’elle est un acte qui peut, en cette période de confinement, aussi se vivre depuis chez soi, parce que des paroissiens ont déjà fait part de leur intention de poursuivre ce geste ».
La messe célébrée par Mgr Fonlupt à la chapelle de l’évêché est disponible sur www.rodez.catholique.fr et la chaîne Youtube du diocèse : Église catholique en Aveyron. Pour les prochaines célébrations de la semaine Sainte (jeudi 9 avril à 19 h, vendredi 10 avril à 19 h, samedi 11 avril à 21 h et dimanche 12 avril à 10 h 30), du direct est prévu sur Youtube.

Propos recueillis par Philippe Routhe
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