Audience "confinée" au palais de justice de Rodez…

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  • Depuis le début du confinement, le tribunal  de Rodez ne gère plus que  les affaires urgentes.
    Depuis le début du confinement, le tribunal de Rodez ne gère plus que les affaires urgentes. José A. Torres / / José A. Torres
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Scène de justice sous Covid-19, ce mardi après-midi au tribunal de Rodez.

Ce mardi, les robes noires ont disparu de la salle des pas perdus. Au palais de justice, le silence règne. Seul Stéphane, l’agent de sécurité, est là. Il filtre toujours les entrées, mais personne ne se présente ou presque. Le tribunal est fermé au public depuis plusieurs semaines déjà. Seules les affaires urgentes y sont traitées. Celle de ce mardi après-midi en est une.

Un Millavois, la quarantaine passée, doit répondre de violences conjugales commises durant le confinement. Dans le box des accusés, il porte un masque. Son escorte, composée de trois gendarmes, se tient à distance. Tous sont également équipés de masques. Son avocate, elle, n’en a pas. Elle tente néanmoins d’échanger avec son client, avant le début de l’audience. "Remettez votre masque monsieur, il est mal mis ", lance à plusieurs reprises un membre de l’escorte au prévenu. "Vous savez, juste avant le confinement, nous étions tous agglutinés comme des sardines dans cette salle, alors bon…", répond l’avocate, déjà dans son rôle.

14 h 15. La sonnerie retentit, la cour entre. La présidente s’installe, ses assesseurs font bien attention se tiennent à plus d’un mètre… Le procureur, lui, est seul sur son perchoir. Les précautions d’usage prises, l’audience "confinée" peut débuter.

Rapidement, le prévenu et son conseil demandent rapidement un délai pour préparer leur défense, comme l’autorise la loi. L’affaire est renvoyée au 11 mai. En attendant, il faut statuer : le prévenu doit-il rester libre, sous contrôle judiciaire ou bien être placé détention provisoire ? En période de confinement, la décision n’est pas simple. La ministre de la Justice a indiqué ne pas vouloir de prisons surpeuplées durant la crise sanitaire. Mais le Millavois présente un danger… Son casier judiciaire fait état de 21 mentions, dont plusieurs pour violences conjugales. Et déjà sur la mère de son enfant, qui lui a ouvert ses portes au début du confinement. Lui, venait tout juste de sortir de la prison d’Uzerche, en Corrèze, pour des faits de vols cette fois…

"Les SDF sont les laissés pour compte de cette crise"

Depuis sa sortie, il se dit sans aucune ressource financière, même pas le RSA, sans domicile fixe et en en proie à des problèmes de santé liés à un alcoolisme latent… "Mon client a choisi la pire des solutions en revenant chez la mère de son enfant pour se confiner. Mais avait-il d’autres choix ? ", s’interroge son avocate. Et de poursuivre : "Les SDF sont les laissés pour compte de cette crise sanitaire. Alors, doit-on mettre quelqu’un en prison par défaut ? N’y a-t-il pas d’autres solutions avec notre système social ? Puis avec le peu de monde qui circule aujourd’hui, il sera suspect à chaque fois qu’il sera vu… N’est-ce pas un gage de sécurité ? Sans parler que mon client, outre son arrestation, a écopé de l’amende de 139 € car il n’a pas de domicile : on touche aux limites de l’absurde". Le prévenu, lui, s’excusera à plusieurs reprises derrière son masque. "Ma seule option aujourd’hui, c’est la mort", dira-t-il même.

Mais, tous ces arguments ne feront pas mouche auprès de la présidente du jour… Le quadragénaire millavois retourne en prison, en attendant son jugement le 11 mai prochain. " La période est compliquée pour tous mais elle ne permet pas de faire n’importe quoi ! Vous avez plus de 40 ans, il est grand temps de changer de voie… ", lui lancera la présidente. Et de conclure : "Confinement ou pas, cela ne change rien à la décision ".

"Des mois de retard !"

Grève des avocats, crise sanitaire… Le tribunal de Rodez tourne au ralenti depuis des mois désormais. Et s’attend à une fin d’année, si tout est entré dans l’ordre d’ici là, plus que sportive ! "On a pris des mois et des mois de retard", confirme d’ailleurs le procureur, Olivier Naboulet. De mémoire, plus de 1 000 dossiers avaient déjà été renvoyés lors de la grève… En attendant, plusieurs questions se posent. Et notamment celle de la tenue de la prochaine session d’assises, initialement prévue du 4 au 16 mai prochain. Pourra-t-elle se dérouler correctement ? Un huis clos sera-t-il inévitable ? "Aujourd’hui, il est impossible de savoir, il faut voir comment la crise évolue et quelles seront les règles à ces dates", souligne Olivier Naboulet. En attendant, le tribunal a déjà expérimenté, lors de plusieurs audiences, la visioconférence pour éviter les transferts de détenus et autres regroupements. Et cela a semble-t-il bien fonctionné…

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