Julien Jourdes, un Ruthénois à New York : "Economiquement, le futur reste encore très flou"

  • Avec sa première vie dans la photographie, Julien Jourdes a créé la société Blink, plateforme créative spécialisée dans la production de contenus.	DR
    Avec sa première vie dans la photographie, Julien Jourdes a créé la société Blink, plateforme créative spécialisée dans la production de contenus. DR Repro CP / / Repro CP
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Installé à New York depuis plus d’une dizaine d’années, le Ruthénois Julien Jourdes a quitté Big Apple pour une retraite studieuse dans le comté de Washington DC. Un départ réfléchi pour lui et sa famille qui comme des millions de New-Yorkais s’apprêtent à passer de longues semaines de confinement dans le nouvel épicentre de l’épidémie.

NEW YORK

"Les choses évoluent. Les New-Yorkais se promenaient encore dans les parcs la semaine dernière. C’est terminé, on commence à voir des masques sur les visages. Bien sûr tout est fermé. Les passants sont rares. On se croise à distance, on s’écarte…"

Même les taxis, les fameux Yellow cabs, ne circulent plus. Les rues sont vides. Vides mais pas silencieuses. Les sirènes des ambulances n’arrêtent pas, jour et nuit. Le seul moment où on les oublie, c’est à 19 heures. Rythme américain oblige, c’est l’heure où les New Yorkais applaudissent les soignants aux fenêtres.

EXODE

Comme dans l’Hexagone où de nombreux Franciliens ont quitté la ville pour la campagne – ils étaient 1 million à prendre la clé des champs – les New-Yorkais les plus aisés ont fui la ville. Le mouvement a été massif avec des problématiques très similaires à celles vécues en France. "Tous sont arrivés dans leurs belles et grandes maisons. Ont dévalisé les supermarchés. Les locaux n’ont pas vraiment apprécié. Beaucoup de villes se sont d’ailleurs barricadées, ont fait savoir qu’elles ne souhaitaient plus les accueillir. On m’a même rapporté que certaines villes ont tout simplement interdit l’accès aux nouveaux arrivants en déposant des troncs d’arbre en travers de la route. À prendre avec des pincettes, je n’ai pas pu le vérifier !"

LA STAR CUOMO

Si à New-York le gouvernement fédéral représenté par Trump n’est pas des plus appréciés – on va y venir – un homme, en revanche, s’est détaché dès le début de la crise : le gouverneur démocrate de l’État de New York, Andrew Cuomo. "Les New Yorkais l’écoutent religieusement tous les matins à 11 heures pour son briefing quotidien. L’occasion de donner les dernières informations, de commenter les dernières statistiques, les avancées, les échecs." L’audience est énorme. Il faut dire qu’il est bon. Reprise en boucle dans les médias US, sa petite phrase : "New York est comme un canari dans une mine", a fait sensation. Les New Yorkais l’adorent.

TRUMP

Lui en revanche, n’a pas les faveurs des New-Yorkais. Le président américain a d’abord minimisé et moqué la menace sanitaire pendant plusieurs semaines… avant de se raviser, tant le bilan est à ce jour catastrophique. Adulé ou haï, il multiplie depuis les messages ambigus sur les restrictions mises en place pour limiter la propagation du Covid-19. Quand le maire de New York, Bill de Blasio, réclame l’envoi en urgence de "centaines de respirateurs et de centaines de milliers puis de millions de masques", Donald Trump assure, à contre-pied, vouloir arrêter les mesures de distanciation sociale pour préserver l’économie. Quand le Dr Fauci, patron du Centre pour les maladies infectieuses – l’homme qui ose le contredire en direct – appelle les Américains à respecter scrupuleusement les mesures de confinement, Trump tempère encore. Pour lui "le remède ne doit pas être pire que le mal". Comprendre : "l’économie du pays demande quelques sacrifices !" Très critiqué pour son inaction coupable, un manque patent de leadership, le président US, en pleine campagne électorale, ne fait pas l’unanimité. Sauf peut-être dans son camp. "Trump peut s’appuyer sur sa base qui le suivra quoi qu’il dise et quoi qu’il fasse. Pour les autres, ceux qui ne le portaient déjà pas dans leur cœur, je pense qu’aujourd’hui, ils le détestent définitivement."

RELANCE

Le gigantesque plan de relance américain pour tenter de limiter d’impact du coronavirus sur la première économie du monde comprendra 4 000 milliards de dollars de liquidités destinées aux entreprises, a promis le gouvernement fédéral. Un plan ambitieux faisant appel aux banques privées, qui n’empêche pas l’inquiétude. "On reste attentif mais c’est encore assez flou. Avec Trump, à chaque journée son annonce. Mais comment tout cela va se mettre en place concrètement, quel guichet, quel process ? Tout est loin d’être clair. Pas vraiment rassurant."

CHÔMAGE

Dans ce contexte, ce sont une fois encore les plus modestes qui trinquent. "À la différence de la France, il n’y a pas de filets sociaux. On peut être viré sur l’instant, sans ménagement. Dans un restaurant, une amie à moi a assisté au licenciement de 15 salariés avant même la fin du service. C’est dramatique." Depuis le début de la crise, quelque 10 millions de nouveaux chômeurs se sont inscrits pour toucher des indemnités. D’ici un mois ils pourraient être deux fois plus nombreux.

SOLIDARITÉ

Face à l’adversité, les New-Yorkais font front. "On assiste à un certain élan de solidarité. Certains bailleurs ont ainsi décidé de suspendre les loyers. Beaucoup continuent également à payer les professionnels du service. Je pense aux femmes de ménage par exemple. Beaucoup de ceux qui faisaient appel à elles continuent à les payer pour l’instant. De petits gestes qui comptent.

 

Aurélien Delbouis
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