Du rituel immuable à l’étonnante capacité d’adaptation

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  • L’établissement continue à évoluer et à s’adapter.
    L’établissement continue à évoluer et à s’adapter.
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En deux siècles d’existence, l’institution a su s’adapter.

Professeur d’histoire et géographie durant 40 ans dans l’établissement et auteur de l’ouvrage "Histoire du Collège", Gilbert Chauchard a accepté de retracer en quelques lignes l’histoire et l’évolution de l’institution de l’Immaculée Conception.

L’eau a coulé sous les ponts d’Espalion depuis 1808 mais son fleuron scolaire résiste avec bonheur.

En ouvrant à l’international, le lycée dont il assure la direction depuis trois ans, Mathieu Baldit s’est glissé avec facilité dans le costume des grands directeurs de l’établissement capables de faire évoluer cette structure longtemps confinée dans un immuable rituel.

Fondé en 1808 par l’abbé Bernard pour éviter le déplacement vers Rodez des jeunes Espalionais, fils de l’élite sociale de la ville, (la cité d’Espalion vient d’être alors désignée comme sous-préfecture et compte un tribunal actif et Qson cortège de juges, avoués, avocats) le "Collège" s’installe dans un ancien couvent à la place de l’actuelle poste propriété de la municipalité.

Public puis privé

D’abord public et soumis au régime militaire des lycées napoléoniens, il devient privé à compter de 1824 et petit séminaire à compter de 1858 : date à laquelle il prend le nom d’Immaculée Conception. Aucun de ces changements n’érode le règlement d’origine et jusqu’au milieu des années 1960 les générations marcheront en double file dans les couloirs sous l’autorité des chefs de division, d’études, de carré et du toujours très redouté préfet de discipline.

Lorsque la IIIe République développe l’enseignement public, la présence d’un établissement privé dans des locaux communaux pose problème.

Il reviendra au chanoine Auzuech, épaulé par la municipalité, l’évêque de Rodez et la famille Poulenc d’y apporter solution. La construction d’un nouvel établissement débute sur l’emplacement actuel de Saint-Hilarian mais s’arrête au premier étage. La découverte d’un terrain à l’extérieur de la ville remet le projet en question. Comment Auzuech arrivera-t-il à convaincre les autorités du bien-fondé de ce changement ? Mystère mais quelle force de persuasion !

Le 1er janvier 1895, les élèves du petit séminaire gagnent leur tour d’ivoire et cèdent l’ancien couvent au collège public qui l’occupera jusqu’au milieu des années soixante-dix.

Prison allemande pendant la Première Guerre mondiale, ouvert aux réfugiés pendant la Seconde, l’établissement vit au rythme des études catholiques jusqu’à la classe de Première.

On passe son baccalauréat au grand-séminaire à Rodez.

Les enseignants sont tous des prêtres nommés par l’évêque de Rodez.

Le règlement, quant à lui, ne bouge pas.

À partir de 1959, l’abbé Guibert aura la lourde tâche de finir le bâtiment existant en le dotant de son aile Est, retirée des plans initiaux pour raison d’économie.

En même temps, au titre de la loi Debré, il signe un contrat d’association avec l’État.

Pour faire face aux enfants du baby-boom le "Collège" n’est plus petit séminaire et à compter de 1965 s’ouvrira aux jeunes filles.

Les enseignants auront les mêmes diplômes que dans le public et seront des civils.

À compter de l’année 1968, le baccalauréat se passera à Espalion non sans susciter l’ire des lycées ruthénois.

Au fil des ans, les magnifiques locaux du chanoine Auzuech ont pris un coup de vieux et sont inadaptés aux nouvelles conditions d’étude.

Un directeur bâtisseur

Seul un directeur bâtisseur et pousseur de murs pouvait les mettre aux normes. L’abbé Gayraud (directeur de 1974 à 1982) sera celui-là. Occupation rationnelle des locaux, mise aux normes sanitaires, création d’un gymnase et d’un terrain de sport, mise en place de laboratoires, d’un auditorium et d’un centre de documentation adapteront l’établissement à son temps.

"Belle endormie" pendant près d’un siècle, le lycée Immaculée Conception a su évoluer rapidement et s’adapter.

Mis en danger par la démographie du Nord-Aveyron, il amorce une nouvelle période d’adaptation. Puisse-t-elle connaître la même réussite que les précédentes et conserver à Espalion son seul vestige d’ancienne sous-préfecture.

CORRESPONDANT
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