Onet-le-Château : pour Bosch, la crise pose de nouvelles questions sans réponse

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  • La crise sanitaire vient remettre en questions l’avenir de l’usine Bosch, déjà mise à mal par la chute des ventes de véhicules diesel.
    La crise sanitaire vient remettre en questions l’avenir de l’usine Bosch, déjà mise à mal par la chute des ventes de véhicules diesel. Archives JAT / Archives JAT
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Comme tant d’autres opérateurs industriels, l’usine d’Onet-le-Château se retrouve dans une situation inédite et incertaine qui ne fait qu’amplifier les doutes sur son avenir.

Le monde d’après. Les éditorialistes et autres commentateurs éclairés (?) ont eu vite fait de baptiser ce que sera ou pourrait être la planète, dans sa version humaine, après la crise sanitaire du Covid-19. Quant à imaginer les contours de ce monde d’après, c’est une autre histoire. Mais ce monde d’après, ce sera sans doute aussi celui de l’économie d’après. De l’industrie d’après. Du secteur automobile d’après. Et ainsi de suite. Jusqu’à l’usine Bosch d’après ? Car pour l’unité industrielle d’Onet-le-Château, comme pour tant d’autres opérateurs du même type, cette nouvelle période de grandes interrogations conjoncturelles risque d’amener de nouvelles questions à des questions déjà sans réponse.

La pire crise de l’automobile

Voilà des mois, des années, que l’incertitude plane sur l’avenir à long terme de l’usine et de ses 1 500 salariés (2 300 en 2001, 1 800 en 2008…). Et l’avenir du secteur automobile pour lequel travaille "la Bosch", à en croire les spécialistes du sujet, ne se présente pas au mieux. "On se dirige ni plus ni moins vers la pire crise qui ait jamais touché l’industrie automobile", a alerté voilà quelques jours le directeur général de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), Eric-Mark Huitema. Cet "effondrement" quasi programmé fait craindre de lourdes, de très lourdes conséquences pour le secteur. Un secteur " déjà sous pression du fait de son entrée dans un cycle baissier et des investissements colossaux qui ont été nécessaires pour financer la transition vers le véhicule électrique", selon plusieurs spécialistes qui se sont exprimés récemment dans les colonnes du magazine L’Usine nouvelle.

Le diesel encore plus fragilisé ?

Les groupes automobiles pourraient ainsi freiner drastiquement, voire carrément annuler, toutes les dépenses qui ne seront pas vitales à leur santé économique. Ils pourraient également réduire leurs capacités de production. La fermeture d’usines n’est donc pas exclue si la demande ne connaît pas le rebond commercial attendu après la sortie de crise. Sachant que rien ne dit que les gens vont se précipiter chez leur concessionnaire favori une fois acté le "retour à la normale".

Et Bosch dans tout ça ? Les équipementiers, les fournisseurs, vont se retrouver en première ligne sur ce nouveau front économique. Notamment ceux qui travaillent pour le diesel. Car certains imaginent déjà que les bouleversements à venir seraient de nature à accélérer un basculement radical vers l’électrique. De fait, l’unité castonétoise va difficilement échapper à un contexte encore plus incertain.

"Il ne faut pas tout mélanger"

Pour l’heure, le directeur du site aveyronnais, Patrick Meillaud, tient à temporiser. "Il ne faut pas tout mélanger. On doit d’abord gérer la crise actuelle. Après, on verra. Pour l’instant, personne ne sait de quoi l’avenir sera fait. Mais cela dit, je ne vois aucune raison d’arrêter de réfléchir, comme on le fait depuis des mois, à toutes les options qui pourront pérenniser l’unité de production. " Les syndicats se montrent pour leur part encore un peu plus inquiets que d’habitude, à l’image de Yannick Anglarès, représentant CGT. "Hier, c’était déjà compliqué. Ce sera encore plus compliqué demain, c’est sûr. Car la crise n’arrangera rien. En tout cas, si le groupe venait à profiter du contexte pour fermer ou mettre à mal le site aveyronnais, ce serait une honte. Quoi qu’il en soit, on se battra comme on s’est toujours battu pour préserver l’usine et ses salariés."

6 000 masques/jour

La CGT va plus loin et vient d’interpeller par courrier la direction du groupe Bosch sur les opportunités à saisir en lien avec la crise sanitaire. "Au travers de sa fondation, le groupe n’a-t-il pas vocation à se soucier de la santé d’autrui ? interroge le syndicat. Ne pourrions-nous pas réorienter l’activité du site vers des productions plus utiles au pays ? Ce moment d’arrêt mondial de l’outil de production devrait aussi être propice à une réflexion sur ce que nous pourrions fabriquer de plus soutenable pour la planète. Il y a assurément des pistes pour se diversifier qui seraient aussi bonnes pour l’emploi que pour l’environnement. " Et d’évoquer dans ce sens la production de masques ou de respirateurs.

Si ce questionnement reste pour l’heure sans réponse, le site castonétois ne va pas moins produire 6 000 masques/jour pour les besoins des salariés du groupe en Europe. De quoi amener la CGT Bosch à insister sur l’idée de rendre cette production pérenne et non pas seulement occasionnelle. Rien ne dit qu’elle sera entendue. Et rien ne peut présumer aujourd’hui de ce que sera l’avenir de l’usine d’Onet-le-Château.

Mais il est vrai que le constat peut être élargi à la quasi-totalité des opérateurs industriels, d’ici et d’ailleurs, dans le secteur de l’automobile, de l’aéronautique et de bien d’autres encore. "En tout cas, toutes les opportunités doivent être saisies concernant la diversification, affirme Jacques Douziech, président de l’union départementale CFE-CGC. Et la fabrication de masques est une piste alors que la demande mondiale va être très importante."

Le monde d’après risque d’être sans pitié économique. Mais pour le vérifier, encore faudra-t-il attendre et voir.

Le député Stéphane Mazars a adressé un courrier à la direction du groupe Bosch, cosigné par plusieurs élus de l’Agglo ruthénoise, demandant une relocalisation européenne de certaines productions de pièces destinées au marché de la voiture hybride (actuellement fabriquées en Chine). Pour le député, dans une telle stratégie de relocalisation, l’usine d’Onet aurait toute sa place.
François Cayla
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