Confinement et coiffure : une vraie prise de tête en Aveyron comme partout

  • Vanessa Triadou au travailavec sa fille Lola. Coiffeuseà domicile, elle reste doncchez elle…
    Vanessa Triadou au travailavec sa fille Lola. Coiffeuseà domicile, elle reste doncchez elle…
  • Vanessa Triadou au travailavec sa fille Lola. Coiffeuseà domicile, elle reste doncchez elle…
    Vanessa Triadou au travailavec sa fille Lola. Coiffeuseà domicile, elle reste doncchez elle… Reproduction Centre Presse / / Reproduction Centre Presse
  • Vanessa Triadou au travailavec sa fille Lola. Coiffeuseà domicile, elle reste doncchez elle…
    Vanessa Triadou au travailavec sa fille Lola. Coiffeuseà domicile, elle reste doncchez elle… Reproduction Centre Presse / / Reproduction Centre Presse
Publié le / Mis à jour le S'abonner

Privés les uns des autres, les professionnels de la beauté et leurs clients rongent leurs freins et tentent de garder le moral en se faisant des cheveux pour l’heure de la reprise…

En cette période, seul le jardin (pour ceux qui ont la chance d’en avoir un) n’a jamais été aussi bien coiffé. Haies, massifs, pelouses sont taillés au bon niveau. Mais pour ce qui pousse sur la tête des confinés, c’est une autre affaire. Tout le monde ronge son frein, à commencer par les professionnels qui se font déjà des cheveux à l’idée d’assurer le retour en salon ou en institut d’une clientèle hirsute et pressée. "On va avoir le rush, il faudra compter sur la compréhension des clients… Et rattraper les bêtises que certains n’auront pas pu s’empêcher de faire ", avance Nathalie Jackel, coiffeuse à Laissac. Sa salariée est en chômage partiel, "il faudra, à la reprise, envisager pour elle la mise en place d’heures supplémentaires. On travaille déjà du lundi après-midi au samedi, il va peut-être falloir en faire un peu plus…".

Gérer le rush attendu

Même perspective dans les instituts de beauté : "Les esthéticiennes décideront si elles élargissent les plannings horaires. Et s’il faut faire des nocturnes jusqu’à 23 heures, on sera au boulot", prévient déjà Laure Soulié-Deltell, présidente départementale et trésorière nationale de la Confédération nationale artisanale des instituts de beauté (CNAIB). "Le problème demeurera pour nos salariées. On ne pourra pas les empêcher d’avoir peur, même si dans notre profession, les gestes barrières existent depuis toujours. Là, il nous faudra porter des masques, ce qui n’est pas un problème en soi. Mais les clientes ne pourront pas en porter pour un soin au visage…". Cela va de soi.

Saison fichue

Si les clients piaffent, les artisans s’inquiètent quant à leur trésorerie. "Tout le monde ne repartira pas", craint Laure Soulié-Deltell. Les patrons n’ont pas droit au chômage partiel, les caisses se vident, les charges continuent de courir, "il faudrait les annuler et pas seulement les suspendre". "On ne rattrapera pas le chiffre qui n’a pas été fait, surtout que la saison des mariages ne va pas tarder à arriver et que l’on ne sait pas ce qui va se passer. Et toutes ces manifestations annulées, cela compte aussi", pointe Nathalie Jackel. "La saison la plus importante est fichue. En institut de beauté, on travaille beaucoup au printemps, moins en septembre", glisse Laure Soulié-Deltell.

Redonner le moral

Et la présidente de la CNAIB 12 ne comprend pas pourquoi sa profession comme celle des coiffeurs, n’est pas jugée "essentielle", pour pouvoir continuer à exercer. "Car il en va du moral des gens de pouvoir prendre soin de soi. Et ce que l’on peut tenter chez soi à la maison ne remplacera pas le geste du professionnel".

"Le laisser-aller influe beaucoup sur le moral, surtout chez les personnes seules", renchérit Vanessa Triadou. Autoentrepreneuse et Bozoulaise, elle est coiffeuse à domicile et travaille seule. "J’ai au moins l’avantage de ne pas avoir les charges inhérentes à un salon. Mais je n’ai plus de revenus", avoue-t-elle. Et ses "mamies" lui manquent, autant pour son métier que pour la relation de proximité qu’elle entretient avec elles "On prend le temps de discuter. Il se crée entre nous une relation de confiance, il m’arrive même souvent de leur porter des courses…" Un service à la personne, au même titre que l’aide à domicile, plaide Vanessa Triadou pour qui " se déplacer chez le client avec gants et masques n’est pas un problème". Mais d’ajouter : "Coiffeur, c’est un commerce avant d’être un service comme l’ADMR…"

Pour l’heure, les professionnels manquent aux clients et inversement. Un avantage demeure pour le "temps d’après" : la proximité, le lien intimiste noué avec son coiffeur ou son esthéticienne, gage d’une fidélité indéfectible… pour peu qu’il reste disponible quand le confinement ouvrira ses vannes.

Les dangers du "fait maison"

La tentation est grande de se substituer aux professionnels, faute de pouvoir leur confier la tête ou le corps. Côté coiffure, les escaliers dans la tignasse, les franges biaisées, se rattraperont le moment venu. Pour les couleurs, ce peut être plus délicat : "Les résultats ne sont pas garantis, cela ne s’improvise pas, d’autant que les produits standards vendus en supermarchés sont souvent agressifs, chargés en ammoniaque et propres à provoquer des allergies, annoncent de concert Nathalie Jackel et Vanessa Triadou. On peut se contenter de sprays colorants entre deux lavages… Et bien prendre soin de ses cheveux, avec des crèmes par exemple."

Côté soin du corps, attention également : "L’épilation est un problème, oubliez le rasoir qui génère des risques de coupures et d’infection et qui favorise une mauvaise repousse et une épilation future encore plus douloureuse, prévient Laure Soulié-Deltell. Et la crème dépilatoire et un produit chimique qui fait fondre le poil. Le risque d’allergie et de brûlure est important…". Seule consolation : le confinement limite grandement les contacts avec l’extérieur. Dites-vous alors que si vous vous sentez négligé(e), les autres le sont aussi.

Christophe Cathala
Voir les commentaires
L'immobilier à Aveyron

44500 €

Dans le centre historique d'Entraygues et à proximité de toutes les commodi[...]

42000 €

A VENDRE-Dans petite résidence sécurisée avec ascenseur,interphone, apparte[...]

30000 €

Agnac : Venez découvrir et imaginer votre future maison sur ce beau terrain[...]

Toutes les annonces immobilières de Aveyron
Réagir