Anne-Marie, auxiliaire de vie : les oubliées d’une profession peu valorisée

  • Anne-Marie témoigne.
    Anne-Marie témoigne.
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Comment avez-vous abordé ce " nouveau travail ?

Depuis le confinement, notre planning a été modifié, allégé, nous n’intervenons plus que chez les personnes dépendantes pour les repas, aide aux déplacements, l’entretien du linge etc....

Nous aussi, nous avons eu beaucoup de mal à avoir des masques pour nous protéger et protéger les bénéficiaires. Nous avons eu un masque et un seul à la fin de la première semaine du confinement. Depuis c’est au compte-gouttes. Nous avions déjà des gants, du gel hydroalcoolique et nos blouses car, dans notre profession, l’hygiène est primordiale.

Comment rassurez-vous les personnes que vous visitez ?

Moi, je dis aux personnes qu’elles se rassurent car nous prenons toutes les précautions possibles et quand elles me disent ne pas avoir ni de gel ni de masque, je les rassure en leur disant que les recommandations sont de se laver souvent les mains avec de l’eau et du savon et de respecter les distances entre personnes. Nous nous chargeons de nettoyer les poignées, les rampes, les interrupteurs...

Que ressentez-vous face à ce défi ?

Face à ce virus, je suis très stressée et angoissée. J’ai l’impression que nous avons été aussi, comme les caissières de supermarchés, les oubliées pour les protections car nous sommes en contact direct avec les personnes et notre profession n’est pas valorisée (mais ce n’est pas nouveau !). À la fin du confinement, on dira peut-être "il aurait fallu"...

Contrairement aux soignants dans les hôpitaux nous ne savons pas où nous mettons les pieds : quelqu’un est-il porteur du virus ? Moi-même suis-je porteuse ?

Toutes ces questions auxquelles nous n’aurons pas de réponses d’ici longtemps et peut-être même jamais....

Un jour cette situation sera terminée, que ferez-vous en premier ?

Ce que je ferai en premier (mais seulement si je suis sûre et certaine qu’il n’y a plus de danger) je retirerai mon masque pour travailler car c’est une vraie galère ! Je tire mon chapeau à tous les soignants et me rends compte de ce que c’est aujourd’hui.

CORRESPONDANT
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