Aveyron : dans les Ehpad, le difficile exercice de la transparence

  • Difficile de connaître les chiffres officiels des victimes du Covid dans les Ehpad.
    Difficile de connaître les chiffres officiels des victimes du Covid dans les Ehpad. Archives Centre Presse / José A. Torres / Archives Centre Presse
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Il est très difficile d’obtenir bilans et informations sur la situation dans les Ehpad. Pourtant, particulièrement en Aveyron, la situation y est dramatique avec déjà au moins 39 morts.

Depuis que la pandémie sévit en France, la transparence est une vertu que les autorités ont tôt fait de mettre en avant. Si chacun appréciera à sa façon l’exercice qui consiste à donner le bilan national tous les soirs, complété depuis quelques semaines par le point sanitaire dans les établissements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), il faut croire qu’elle ne se décline pas à tous les niveaux.

L’exemple de la situation dans le département de l’Aveyron en est le meilleur exemple : quand l’Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie communique tous les soirs pour donner un bilan chiffré de la situation en milieu hospitalier (que nous relayons quotidiennement), il est en revanche beaucoup plus difficile d’obtenir des informations sur la situation dans ces fameux Ehpad.

Une donnée qui n’est pourtant pas neutre dans un département qui compte près de 80 établissements pour plus de 4 000 résidents, où on sait depuis plusieurs semaines que le virus sévit pour quelques-uns d’entre eux.

Nos sollicitations restent lettre morte, l’ARS préférant échanger ici sur l’arrivée et la distribution de masques enfin parvenus à destination, vendredi encore sur la généralisation à grande échelle des dépistages dans les établissements touchés (lire par ailleurs).

Mais l’ARS n’a pas l’exclusivité de cette communication choisie. L’ensemble des acteurs lui emboîte le pas dès que l’on met le doigt sur la situation dans les Ehpad.

Préserver les familles et les réputations

Les syndicats sont silencieux (faute d’infos ?), les responsables d’établissement s’étonnent de nos questions et les élus, parfois en charge de ces structures, sont peu diserts sur le sujet. Quant à la préfète de l’Aveyron, si elle confirme globalement le bilan que nous lui avançons, il n’est pas question d’entrer dans le détail.

De là à parler d’une omerta sur le sujet, il n’y a qu’un pas que nous nous garderons bien de franchir, quand bien même la transparence affichée trouve en effet ses limites, voire relève de l’incantation localement. Plus que la loi du silence, c’est en tout cas le silence qui prévaut.

Le sujet Covid fait peur, et pour cause. Il est sur toutes les lèvres depuis plusieurs semaines et génère évidemment beaucoup d’inquiétudes, notamment pour qui a des proches en résidence dans les établissements.

Entre craintes de l’interprétation, engagements mutuels, nécessité de ne pas générer de panique inutile, on comprend bien cette frilosité à l’heure d’ouvrir les portes sur la situation sanitaire. Et ne parlons pas de la crainte des effets dévastateurs sur la réputation des établissements en question.

Pourtant, il n’est pas l’heure ici de remettre en question les précautions sanitaires qui ont été prises dans ces établissements, parfois même dès avant le 11 mars et l’obligation d’interdire les visites par le gouvernement.

Pas question non plus de mettre en doute le sérieux et le professionnalisme des responsables ou des équipes soignantes qui ont eu le malheur d’être confrontés au pire, qui sont au front dans les conditions que l’on sait, et qui font évidemment tout leur possible pour sauver des vies. Pas question enfin de mettre en doute l’efficacité et la collaboration inédite d’une chaîne sanitaire qui a su casser les frontières pour gagner en efficacité – c’est partagé par tous les acteurs – pour combattre au mieux ce satané virus.

Mais il est une évidence : dans des structures abritant un public à la fois particulièrement fragile et exposé, sa présence quand elle n’a pu être empêchée, a malheureusement provoqué de gros dégâts.

Pascal Laversenne
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