Emploi : Force ouvrière "inquiet pour la sortie du confinement"

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  • Le syndicat craint que cette période entraîne « une remise en cause du droit du travail ».
    Le syndicat craint que cette période entraîne « une remise en cause du droit du travail ». Illustration / GL / Illustration / GL
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Alors que la fin du confinement (ou au moins le début de la fin) est prévue pour le 11 mai, Force ouvrière se tourne vers l’après. Les responsables aveyronnais du syndicat se disent "très inquiets pour la sortie du confinement et la reprise de l’économie". Pour certains secteurs plus que d’autres, notamment "la restauration et l’hôtellerie", qui ne pourront pas reprendre leur activité habituelle dès le 11 mai.

"Nous nous inquiétons des conséquences économiques sur notre territoire et redoutons une hécatombe pour bon nombre de TPE et PME. Il ne doit y avoir aucune faillite et aucun licenciement liés aux conséquences du Covid-19", lance Emmanuel Dumas, le secrétaire de l’union départementale de FO. "Nous avons beaucoup de salariés qui se posent des questions sur leur emploi, poursuit Jérôme Nigris, membre du bureau départemental du syndicat. Les fermetures partielles et les réductions des bons de commande ne peuvent qu’entraîner une crise économique. Mais il ne faudrait pas faire payer la situation actuelle aux salariés."

"Remise en cause du droit du travail"

Il fait notamment référence à la sortie du président de l’organisation patronale Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, qui a déclaré "qu’il faudra bien travailler un peu plus", avant de revoir ses propos face à la polémique. "Chez certains employeurs, on observe une remise en cause du droit du travail, au niveau des 35 heures, des congés, des RTT, assure Jérôme Nigris. Les salariés sont d’accord pour faire des efforts, mais ils ont l’impression que c’est toujours à eux d’en faire. Je m’attends à ce que des employeurs veuillent revoir à la baisse des accords d’entreprise ou fassent du chantage à l’emploi."

Garanties sanitaires

Concernant la reprise du travail, Force ouvrière appelle aussi à la vigilance sur les conditions sanitaires. "Certains envisagent de faire repartir le travail dans quelques semaines, avance Emmanuel Dumas. Si le but est de refaire partir les gens au travail sans garanties sur la santé des salariés, Force Ouvrière s’y opposera fermement."

Les syndicalistes avancent les mêmes réserves pour les établissements scolaires, qui feront l’objet d’une rentrée échelonnée à partir du 11 mai. "La reprise de l’école dans les conditions actuelles est une aberration. Elle ne répond qu’à un souci financier et non pas à une logique de sécurité, estime le secrétaire départemental. Force ouvrière soutient les enseignants, les parents d’élèves qui contestent ce projet. Les moyens ne sont pas là, le personnel manque et les enfants n’ont pas forcément les gestes qui sécurisent."

" Les soignants sont épuisés"

La section aveyronnaise de Force ouvrière alerte sur l’état des personnels soignants. "Ils se trouvent dans une situation tendue par rapport à la crise sanitaire, pointe Christine Robert, secrétaire départementale santé du syndicat. Après une surcharge de travail, on constate désormais un effet d’épuisement." Une situation valable dans les hôpitaux comme dans les Ehpad, où "ils ont souffert d’un manque de moyens humains".

La syndicaliste dénonce par ailleurs "les effets d’annonce" du gouvernement sur la prime exceptionnelle. "Les conditions d’attribution sont très restrictives, regrette-t-elle. Elle ne s’adresse qu’aux soignants, alors que la prise en charge des patients Covid-19 dans les hôpitaux implique aussi les personnels administratifs, techniques et médico-techniques."

Guillaume Verdu
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