Aveyron : le silence et l’obscurité pour les techniciens du son et de l’image

  • L’équipe d’ATS totalement à l’arrêt.
    L’équipe d’ATS totalement à l’arrêt. Repro CP / / Repro CP
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La société ATS basée à La Primaube s’occupe du son et de la lumière pour bon nombre de festivals, concerts et spectacles du département et d’ailleurs. Ou plutôt, pour l’instant, s’occupait...

"Notre chiffre d’affaires, maintenant, c’est zéro, puisque tout a été annulé même avant le confinement. Et on ne sait pas jusqu’à quand ça va durer."

Pascal Roux, le gérant de la société ATS, est amer : sa structure est au point mort. ATS, une petite entreprise née en 1997, a pour dénomination officielle "structure de soutien au spectacle vivant". Elle emploie trois salariés permanents et une quinzaine d’intermittents du spectacle, pour " une activité de prestations de son, lumière et vidéo " sur des festivals, des concerts, des spectacles de toutes sortes : l’éclairage et la sonorisation des festivals de l’Ajal à Sauveterre- de-Rouergue, le Zicabazac de Sébazac, le Rastaf’d’Entraygues ou le Millau en Jazz, des prestations à la Baleine d’Onet-le-Château, le spectacle "L’aiglon" des Rutènes en Scène à Rodez, et aussi hors département, pour le festival Détours du monde à Chanac en Lozère, des contrats au Zénith de Toulouse... Enfin bref, toute une série de prestations depuis près d’un quart de siècle qui en 2020 marquent une bien involontaire "pause sanitaire".

Moins 99 %

Le son est coupé, la lumière éteinte, et ATS atterré. "C’est 60 % du chiffre d’affaires qui est fait en juin, juillet et août, argumente Pascal Roux. Sur le seul mois d’avril, c’est 35 à 40 contrats d’intermittents qui s’envolent. Est-ce que c’est tenable ? Les congés spectacle sont dus aux intermittents, donc même en chômage partiel, 15,4 % du salaire est versé par les entreprises. On doit sortir 10 000 à 15 000 euros, ça n’est pas rien mais on va le faire parce qu’on y est obligés. " Et les mois se suivent... "On s’est dit allez, on pourra tenir deux mois, voire trois. Mais là, ça va être cinq mois ! "

Autres chiffres parlants, de mi-mars à fin août, soit la période de l’année qui concentre la majorité des contrats, le chiffre d’affaires va passer de 400 000 euros à... 4 000 euros, une perte sèche de 99 %. Sur la même période, ATS générait 6 200 heures d’intermittence, l’équivalent donc d’une douzaine de statuts d’intermittent du spectacle assurés. Cette année, ce sera à peine 200...

"On se sent un peu seuls face à cela, commente Pascal Roux. Pour l’instant, on n’a aucune aide en vue, peut-être 1 500 euros par-ci par-là..."

Pascal Roux ne voit pas l’horizon s’éclaircir avant longtemps : "On ne va rien faire jusqu’à fin août même après. Jusqu’au mois d’octobre. Cette situation met en danger la survie d’ATS. Et le chômage partiel n’est pas une solution à long terme, parce qu’ensuite, un artiste ou un technicien doit faire le double de dates pour garder son statut. C’est pratiquement impossible. "

Et alors que les intermittents de l’Aveyron appellent à une année blanche, " en tant qu’employeur, j’appelle aussi à une période d’incapacité de travail pour les intermittents du spectacle, avec un renouvellement automatique des dossiers annulés ", conclut Pascal Roux.

La seule solution pour qu’en septembre, ATS ne soit pas poussé à mettre la clé sous la porte.

Laurent Roustan
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