Aveyron : les intermittents du spectacle ne sont pas à la fête

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  • Une saison estivale plutôt mal engagée pour les intermittents.
    Une saison estivale plutôt mal engagée pour les intermittents. Archives JAT / Archives JAT
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Ils sont, selon les chiffres de Pôle emploi dont ils dépendent, environ 120 dans le département, dont une cinquantaine au sein du Collectif des intermittents de l’Aveyron. Alors que tout rassemblement public est (pour le moment) interdit jusqu’au 16 juillet, l’heure est à l’inquiétude.

Artistes mais aussi travailleurs culturels, permanents, entrepreneurs œuvrant dans le domaine du spectacle, régisseurs, comédiens et musiciens ou tourneurs… Si une foule de métiers sont rassemblés sous le statut d’intermittent du spectacle, la problématique pour eux, alors que les grands rendez-vous festifs et culturels du département sont annulés les uns après les autres, est la même : réussir à cumuler 507 heures de travail dans l’année pour continuer à bénéficier du statut.

"Une crise profonde nous attend"

Et l’affaire semble plutôt mal engagée, à entendre Benoit Sanchez Mateo, l’un des membres du Collectif des intermittents de l’Aveyron. "Une crise profonde nous attend car beaucoup d’entre nous ont des contrats à la journée, signés souvent la semaine précédant l’intervention".

Pour les intermittents, l’année se divise en deux périodes : la saison "normale" (dans les salles de théâtre, de concerts, avec des dates étalées au nom de l’année) et la saison estivale, avec "beaucoup de travail sur une période plus courte", explique Benoit Sanchez Mateo.

Incapacité de travail

Autant dire que le Covid-19 est tombé au plus mauvais des moments pour les quelque 120 intermittents aveyronnais reconnus, dont environ 70 sont indemnisés..

Pour leur Collectif, l’heure est à l’assistance mutuelle. Une commission juridique a été mise en place à cet effet (joignable à l’adresse c.i.aveyron@gmail.com) pour répondre aux questions des victimes de l’effet combiné des annulations liées au virus… et du complexe statut d’intermittent.

Plusieurs revendications sont portées par le collectif : "Nous demandons la création d’un fonds de rattrapage, pour ceux sans emploi, et que l’on reprenne tout le monde au même taux pour cette période d’incapacité de travail. Par ailleurs, nous souhaitons l’abrogation de la réforme de l’assurance chômage, celle mise en place en 2019 mais aussi celle qui arrivera en septembre, et qui va durcir les conditions d’accès aux indemnités de chômage. Enfin, nous voulons une réponse claire à cette question : jusqu’à quand les lieux culturels, éphémères ou permanents, resteront-ils fermés ?", détaille Benoit Sanchez Mateo.

Le ministre de la Culture a évoqué le 15 avril la possibilité du maintien de "petits festivals". Une petite consolation, alors qu’Emmanuel Macron affirmait le 13 avril : "Les grands festivals et événements avec public nombreux ne pourront se tenir au moins jusqu’à mi-juillet prochain". Ce dernier doit s’exprimer sur le sujet ce mercredi 6 mai.

Xavier Buisson
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