Ecoles : "Beaucoup de maires ne savent pas ce qu’ils vont faire"

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  • Magali Bessaou dit manquer de moyens en personnels  pour rouvrir son école.
    Magali Bessaou dit manquer de moyens en personnels pour rouvrir son école. Archives Centre Presse / Rui Dos Santos / Archives Centre Presse
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À La Loubière, la maire Magali Bessaou ne rouvrira pas son école le 12 mai. Sans vouloir polémiquer, elle aimerait que le gouvernement fasse marche arrière.

L’organisation de la reprise des cours dans les écoles de France et de Navarre, normalement programmé au mardi 12 mai ("rentrée" des enseignants lundi 11), occupe très largement l’emploi du temps de l’écrasante majorité des maires du pays. Magali Bessaou, maire de La Loubière et directrice de l’Association des maires de l’Aveyron (ADM), n’échappe évidemment pas à la règle et pose un regard sans détour sur la situation. L’élue aveyronnaise est la seule, à ce jour, à avoir fait connaître sa décision de ne pas rouvrir "son" école aux élèves de maternelle et de primaire.

Question de moyens

"Ce n’est pas une question de choix, c’est d’abord une question de moyens, explique Magali Bessaou. Les conditions actuelles de personnels ne permettent tout simplement pas d’envisager une réouverture de l’école dans le respect des préconisations sanitaires imposées par l’État. À partir de là, l’école sera fermée et l’enseignement à distance maintenu jusqu’à nouvel ordre. "

Sur ce terrain, la maire de La Loubière se défend d’être en position de franc-tireur dans le décor aveyronnais. "Aujourd’hui, oui, je suis la seule à avoir dit qu’on ne rouvrirait pas l’école le 12 mai, précise-t-elle. Mais je sais qu’un certain nombre de mes collègues feront ou devraient faire de même. En fait, beaucoup ne savent pas encore ce qu’ils vont faire. Les annonces devraient tomber en temps voulu."

S’il est donc pour l’heure difficile d’avoir une vision globale des communes qui rouvriront ou pas leur école dans le département, l’ADM devrait communiquer sur le sujet dans le courant de la semaine et éclairer un tant soit peu le flou ambiant.

Écouter les scientifiques

En attendant, pour Magali Bessaou, il ne s’agit pas de s’aventurer sur la scène trop encombrée des polémiques gratuites. Pour autant, l’élue considère que "ce ne serait pas choquant, à mes yeux, si l’État revenait sur sa décision. Pas plus lui que nous ne savonscomment appréhender cette situation. C’est tellement compliqué. Alors pourquoi ne pas faire marche arrière ? Pourquoi ne pas reconnaître une décision peut-être trop rapide et s’en remettre aux recommandations du conseil scientifique qui n’est pas favorable à cette réouverture ? Selon moi, ce sont les scientifiques qui doivent avoir le dernier mot. Même s’ils ont aussi tendance à hésiter ou à se contredire, c’est d’abord à eux que je veux faire confiance."Sur la forme aussi, Magali Bessaou juge la réouverture des écoles avec beaucoup de circonspection. "On nous dit que, pour leur équilibre, les enfants ont besoin de retrouver le milieu scolaire et une vie sociale, souligne-t-elle. Mais dans les conditions qui semblent se dessiner, est-ce que ce sera le cas ? Avec des enseignants déguisés en cosmonautes ? Avec l’interdiction de s’approcher de ses camarades de classe, du moins pour ceux dont les parents auront décidé de franchir le pas ? Et puis comment les instituteurs vont-ils pouvoir gérer un double enseignement, sur place et à distance ? Cela fait beaucoup de questions. Encore une fois, et il ne s’agit pas de polémiquer, si le gouvernement faisait marche arrière, ce serait une bonne chose."

 

"Les écoles n’ont jamais fermé"

Si l’école de La Loubière ne retrouvera donc pas ses écoliers le 12 mai, Magali Bessaou tient quand même à préciser qu’"il y a confusion. On dit que les écoles vont rouvrir. Mais elles n’ont jamais fermé. À La Loubière comme partout, elles ont accueilli et accueillent encore les enfants des soignants. Et ce n’est pas rien." Cela étant précisé, Magali Bessaou a choisi de proposer un système d’accueil alterné pour les enfants dont les parents souhaiteraient, malgré tout, que leur progéniture retrouve le chemin de l’école. Un système d’accueil par fratrie, et non pas par niveau, pourrait s’organiser par rotation entre les familles intéressées. Un fonctionnement identique est envisagé pour le périscolaire, en un même lieu, du matin au soir. Sachant enfin que les repas de midi devront être fournis par les parents.

François Cayla
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