Julien Brugel : "Après la crise, il ne faudra pas oublier"

Abonnés
  • Julien Brugel a été mobilisé deux fois ces dernières semaines pour aider les soignants parisiens.
    Julien Brugel a été mobilisé deux fois ces dernières semaines pour aider les soignants parisiens. Repro CP / / Repro CP
Publié le / Mis à jour le S'abonner

Originaire de Rodez, Julien Brugel est infirmier anesthésiste à Toulouse. Il y a quelques semaines, il s’est porté volontaire pour prêter main-forte aux soignants parisiens en pleine crise de Covid-19.

Le Grand Est et la région parisienne sont les deux plus grands foyers épidémiques du pays. Les malades sont très nombreux. Même trop nombreux pour les services hospitaliers. Dans des moments comme ceux-là, la solidarité et l’entraide sont plus importants que jamais. C’est d’ailleurs ce qui a motivé Julien Brugel à aller aider ses confrères parisiens, à l’hôpital européen Georges-Pompidou.

Une vocation

Une fois le bac en poche, le Ruthénois quitte l’Aveyron pour la Corrèze. C’est à Brive-la-Gaillarde qu’il pose ses valises pour entamer des études d’infirmier. Une vocation pour Julien qui est bénévole à la Protection Civile depuis ses 16 ans, et pompier volontaire depuis ses 18 ans. Après avoir travaillé deux ans au centre hospitalier de Brive, puis au CHU de Toulouse, il décide de se spécialiser.

Julien s’installe alors à Bordeaux pour passer le diplôme d’infirmier anesthésiste. Diplômé en septembre 2019, il commence à travailler au bloc des urgences adultes du CHU de Bordeaux, dès le mois d’octobre. "J’ai ensuite eu envie de me rapprocher de Rodez, J’étais en train de déménager à Toulouse quand le confinement a commencé", explique-t-il. La situation épidémique s’aggrave. Julien n’hésite pas une seconde et candidate pour venir en aide aux hôpitaux parisiens.

Une semaine à l’hôpital Pompidou… Puis une autre

En plus de faire partie de la réserve sanitaire, il répond à plusieurs candidatures déposées par la société française d’anesthésie de réanimation (SFAR). Julien est envoyé du 6 au 10 avril à l’hôpital européen Georges-Pompidou. Il travaille dans le service de réanimation, là où se trouvent les patients atteints du Covid-19.

"Mon humble expérience en soins intensifs et en réanimation auprès de patients multidéfaillants m’a permis de participer à l’effort collectif et d’apporter ma pierre à l’édifice", raconte Julien.

Au début de la semaine du 6 avril, l’hôpital est dans une phase dite de "plateau épidémique". "Le nombre de malades était en train de décroître. Mais les soignants craignaient et craignent toujours une deuxième vague", ajoute-t-il. À côté de ça, le service des urgences est déserté. Les potentiels patients craignent d’y être contaminés.

Et le 27 avril, il repart pour une semaine à Paris. Dans le même service de l’hôpital Georges-Pompidou. La situation a nettement changé depuis la dernière fois. "Ce qui était flagrant, c’était au niveau des admissions", souligne le jeune infirmier. L’hôpital accueille de plus en plus de patients hors Covid-19. Et les soignants retrouvent progressivement leur service d’origine. La situation se stabilise, du moins pour l’instant.

Organisation et solidarité

L’épidémie s’est vite installée en France. Et Julien salue la rapidité dont a fait preuve le système de santé. "C’était un vrai défi. Ils ont réussi à quasiment tripler le nombre de lits en réanimation au niveau national !", s’exclame-t-il.

De son côté, l’hôpital Pompidou est, lui aussi, très bien organisé : "il y avait des renforts de tous horizons". Au niveau du matériel, Julien sent une certaine tension. "On nous demandait de temporiser et de revoir nos pratiques pour éviter la pénurie", témoigne-t-il.

Et même si les soignants sont épuisés par le travail et les précautions supplémentaires, ils ne sont pas seuls. Une grande chaîne de solidarité les soutient.

Mais s’il y a bien une chose que l’infirmier espère, c’est que cet épisode restera dans les mémoires. "Après la crise, il ne faudra pas oublier et surtout tirer des conclusions pertinentes de manière à étayer les revendications que l’on clame depuis maintenant quelque temps", insiste Julien.

Margot Pougenq
Voir les commentaires
L'immobilier à Rodez

139000 €

Superbe appartement T4 traversant d'une superficie de 87m² habitables. Réno[...]

377 €

DANS IMMEUBLE RECENT AVEC CAVE ET PARKING AERIEN SECTEUR CALME - PROCHE IU[...]

470 €

RODEZ, CENTRE VILLE : Venez découvrir cet appartement de type 3 d'une surfa[...]

Toutes les annonces immobilières de Rodez
Réagir