Tests, traçage et isolements : "l’Aveyron est prêt" pour le déconfinement

  • Le laboratoire privé aveyronnais LxBIO réalise déjà des tests et va monter en puissance.
    Le laboratoire privé aveyronnais LxBIO réalise déjà des tests et va monter en puissance. Centre Presse / Mathieu Roualdès / Centre Presse
Publié le / Mis à jour le S'abonner

Comment va fonctionner dès le 11 mai, la chaîne sanitaire indispensable au confinement ? Les explications de la préfète de l’Aveyron.

C’était l’une des trois conditions essentielles à la réussite, département par département, du déconfinement progressif du 11 mai : pouvoir réaliser les tests de dépistage et leurs analyses, suivre la chaîne de contamination des "cas contacts" et pourvoir à un isolement volontaire des personnes contaminées, non hospitalisées. L’Aveyron peut désormais faire valoir en vert tous les indicateurs requis, au terme d’un long travail de préparation, point par point, mené par l’État et l’ensemble de ses partenaires. "Lundi, le jour J, on sera opérationnel", confirme la préfète de l’Aveyron, Catherine de la Robertie, qui a présenté mardi le dispositif aux élus, au cours du Comité local de levée de confinement.

Prélèvements et analyses

Le dispositif mis en œuvre, "quasiment finalisé" se devait de mailler l’ensemble du territoire, être soutenable du point de vue logistique et susceptible de monter rapidement en puissance suivant l’évolution de l’épidémie.

La préfète de l’Aveyron a souhaité "une chaîne de commandement claire" qui implique LxBIO et ses 11 laboratoires privés en Aveyron, soutenus par Aveyron Labo au travers d’une convention bientôt signée (lire ci-dessous) et renforcés par quelques maisons de santé en zones isolées comme le Nord-Aveyron ou le Réquistanais. S’y ajoutent des "équipes mobiles" pilotées par l’Udsma et les sapeurs-pompiers (Sdis) pour effectuer des prélèvements à domicile si besoin.

Et à Rodez, un "drive" devrait être mis en place pour faciliter ces prélèvements et permettant à toute personne de rester confinée dans sa voiture durant les quelques minutes de l’opération. "Nous travaillons de toute façon en étroite collaboration avec les élus", précise à ce sujet la représentante de l’État.

Dans le détail, LxBIO peut réaliser 216 analyses quotidiennes. La convention passée avec Aveyron Labo permettra de réaliser jusqu’à un millier d’analyses par jour, en cas de montée en puissance de la contamination. "Au-delà, nous ferions appel à une unité hospitalière dédiée, à Montpellier. Mais cela ne devrait pas arriver", rassure Catherine de la Robertie.

L’après dépistage

Il faut également donner les moyens aux médecins de traiter ces résultats : des systèmes informatiques spécifiques sont en cours de développement sous l’égide de l’Assurance maladie, confirme la préfète.

Vient ensuite le suivi de la chaîne de contamination. Là encore, "plusieurs tours de contrôle sont mobilisées" une fois le prélèvement effectué, analysé et traité. "Un patient dépisté positif au Covid est confié aux médecins de ville qui prennent le relais et sont chargés de lister les cas contacts, dans l’immédiat au sein de l’entourage familial, explique la préfète. Ensuite, ce sont les équipes de la CPAM, Assurance maladie, qui interviennent pour tracer les autres cas contacts. Elles pourront compter si besoin sur les renforts, par convention, des effectifs de la Croix Rouge ou de la Protection civile".

Et si des "clusters", regroupements de personnes contaminées, venaient à se déclarer, l’ARS et la préfète seraient appelées "à gérer ces cas complexes".

À l’isolement

Enfin, le dispositif prévoit la possibilité pour toute personne contaminée ne nécessitant pas une hospitalisation, de s’isoler de ses proches pour ne pas les contaminer à leur tour, sur la base du volontariat. "L’Aveyron dispose de lieux dédiés, en nombre suffisant, grâce à des conventions avec des hôteliers et des bailleurs, et nous venons de renouveler la convention avec le village de vacances de Najac" où un espace identifié à cet effet, peut accueillir les confinés volontaires.

Catherine de la Robertie veut rappeler que "la solidité de cette chaîne dépendra du civisme de nos concitoyens. C’est un défi autant logistique que civique à relever".

Christophe Cathala
Voir les commentaires
Réagir