Dernier dimanche de confinement à Rodez : "Que ce 11 mai soit décrété jour férié"

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    Les rues de Rodez fourmilleront-elles de nouveau ce lundi ? Jean-Louis Bories / / Jean-Louis Bories
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Les prémices d’un nouveau quotidien… Ce week-end à Rodez, de nombreuses personnes ont profité des quelques rayons de soleil pour se promener avant le déconfinement de ce lundi.

C’est le grand jour. "C’est la libération !", s’exclame même ce trentenaire ruthénois, dans un grand sourire. Ce samedi, il a profité du beau temps pour sortir acheter des cigarettes, à pied. "Je n’ai pas de chien et je ne fais pas de sport. Je n’ai jamais été aussi heureux de fumer pour assurer ma sortie quotidienne…", rigole-t-il. Comme des milliers d’Aveyronnais, ce lundi, il pourra de nouveau sortir de chez lui quand bon lui semble, rendre visite à sa famille "dans le Nord-Aveyron", voir ses amis et profiter de sa cigarette en s’adonnant à du lèche-vitrines… Sans plus justifier d’un état de nécessité impérieuse et sans la fameuse attestation. "Ce 11 mai devrait être décrété jour férié !", s’amuse-t-il encore avant de retrouver son appartement de la rue Paraire, où il s’était confiné, seul, depuis près de deux mois.

"Il faut arrêter avec la peur, on doit bien vivre"

Place de la Cité, alors que des enfants jouent sous le regard de leurs parents, deux femmes s’amusent de la situation. "Le déconfinement a déjà eu lieu j’ai l’impression, il y a du monde partout !", sourit l’une d’elles, face aux bancs de la place, tous occupés ce samedi après-midi. On est loin de ce 15 mars et de l’image d’une ville désertée, silencieuse et seulement arpentée par les policiers veillant au respect des règles strictes. Comme partout en France, on a lâché du lest ces derniers jours dans le département. "C’est normal, il fait beau. Je ne comprends pas pourquoi le déconfinement n’a pas eu lieu ce vendredi, tout le monde aurait pu profiter du week-end au moins…", souffle cette sexagénaire. Lançant avec des amies un débat sans fin : ce fameux déconfinement arrive-t-il au bon moment ? La réouverture des écoles est-elle trop risquée ? Les Français conserveront-ils les gestes barrières et parviendront-ils à vivre avec le virus ? La règle des 100km tient-elle davantage du symbole que d’une protection sanitaire ?

Ces dernières semaines, la France a connu 66 millions d’épidémiologistes… Et dans les rues de Rodez, on s’y perd un peu. "On ne sait plus qui croire chez les scientifiques : certains disent qu’il y aura une deuxième vague à l’automne prochain, d’autres qu’elle arrivera plus rapidement si on ne respecte pas les mesures et le professeur Raoult qui affirme que l’épidémie est terminée…", souffle ce passant. Pour son épouse, "l’Aveyron a été épargné, alors il faut arrêter d’avoir peur. On doit recommencer à vivre, c’est tout". Dès demain d’ailleurs, le couple a prévu d’inviter leurs enfants pour partager un repas… "On conservera les gestes barrières mais deux mois sans se voir, c’est dur", expliquent-ils.

"J’espère ne pas être devenue agoraphobe…"

À quelques mètres de là, sur l’avenue Victor-Hugo, deux jeunes se saluent avec les coudes… La peur du virus a disparu, l’un d’eux ne veut plus en entendre parler même. Après deux mois passés chez ses parents, il ne lui tarde qu’une chose : retrouver son appartement à Toulouse et sa vie d’avant, entouré de ses amis. Depuis plusieurs jours, il s’est néanmoins mis à la recherche de masques, le quotidien et les contacts à Toulouse l’inquiétant davantage qu’en Aveyron. Mais il n’en a pas trouvé. Ses parents, non plus d’ailleurs. "On fera sans malheureusement", conclut-il.

À Bourran, Marie, elle, appréhende davantage ce lundi. Avec son compagnon, ils s’étaient habitués à ce quotidien confiné, à des footings en ville dans un silence monastique… "On va passer de rien à tout et ça m’inquiète. Il ne me tarde pas du tout de revoir du monde partout, j’espère ne pas être devenue agoraphobe avec ce confinement", sourit-elle. Ce lundi, elle n’a rien prévu de particulier… Juste une petite balade, confie-t-elle. Pour retrouver un peu du début d’un été "normal"… "Même si on ne pourra toujours pas profiter des terrasses de café", regrette-t-elle.

Mathieu Roualdés
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