Bancarel, des housses aux masques par "obligation morale"

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  • « On a la capacité de fabriquer un produit qui fait cruellement défaut, alors on le fait ! », explique le gérant.
    « On a la capacité de fabriquer un produit qui fait cruellement défaut, alors on le fait ! », explique le gérant. J.A.T / J.A.T
  • Le premier masque développé par le pôle recherche de Bancarel a prius la direction de la Direction générale des armées, qui l’a homologué, permettant ainsi le lancement de la fabrication.
    Le premier masque développé par le pôle recherche de Bancarel a prius la direction de la Direction générale des armées, qui l’a homologué, permettant ainsi le lancement de la fabrication. J.A.T / J.A.T
  • Le premier masque développé par le pôle recherche de Bancarel a prius la direction de la Direction générale des armées, qui l’a homologué, permettant ainsi le lancement de la fabrication.
    Le premier masque développé par le pôle recherche de Bancarel a prius la direction de la Direction générale des armées, qui l’a homologué, permettant ainsi le lancement de la fabrication. J.A.T / J.A.T
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Effondrement de la demande en termes de housses sur mesure pour véhicules d’un côté, besoin criant de masques de l’autre : l’entreprise castonétoise Bancarel a selon son PDG Pierre Pelofi décidé de rouvrir pour se lancer dans la fabrication de masques. "Presque une obligation morale" pour le dirigeant, dont l’entreprise fabrique actuellement 3 000 masques en tissus chaque semaine ainsi que des barrières de protection en PVC destinées à équiper les taxis… le tout sur fond de lourdes pertes financières.

Ce n’est pas du tout notre activité habituelle… Si on m’avait dit il y a un mois qu’aujourd’hui nous ferions des masques en tissu, je ne l’aurais jamais cru". Pour Pierre Pelofi, PDG de l’entreprise Bancarel (qui se présente comme "le numéro 1 de la housse de sièges sur mesure"), le choc généré par le covid-19 a été rude, économiquement parlant.

Près de 80 % des commandes de l’entreprise en matière de housse ont disparu quasi immédiatement : " Dans la journée du 16 mars, nous avons appris la fermeture de Renault, Peugeot, Feu Vert et Norauto, ces deux dernières enseignes représentant 400 à 500 points de ventes chacune ", explique Pierre Pelofi. Le lendemain, deux autres gros clients de Bancarel ferment. "C’est un effondrement. Tout s’est arrêté du jour au lendemain, ça a été brutal… mais en attendant, il faut bien survivre", poursuit Pierre Pelofi.

"Pour le bien de tous"

"Rapidement, nous avons pris le taureau par les cornes. Nous étions obligés de participer, pour le bien de tous", explique de son côté le directeur opérationnel Régis Chamorot.

Dès le 1er avril et grâce au travail du pôle recherche et développement, un prototype voit le jour. Ce premier masque prend alors la direction de la Direction générale des armées, qui l’homologue, permettant ainsi le lancement de la fabrication.

"On a la capacité de fabriquer un produit qui fait cruellement défaut, alors on le fait !", reprend le gérant. Aujourd’hui, la quinzaine de couturières qu’emploie l’entreprise Bancarel travaille principalement à la confection de ces masques, qui sortent de l’usine au rythme de 3 000 chaque semaine.

Monique, couturière : "On s’adapte, c’est la priorité"

Les outils de travail n’ont pas eu à subir de modification pour cette diversification. "Le sur-mesure, c’est notre boulot, notre valeur ajoutée", explique le PDG. Ce sont les couturières qui ont dû s’adapter, notamment à ces matières auxquelles elles n’étaient pas habituées. "On s’adapte, c’est la priorité", affirme ainsi Monique, l’une des "anciennes" de l’entreprise. L’ancienneté moyenne des couturières, chez Bancarel, est de 23 ans.

Quant à la commercialisation de ces masques, ils sont vendus entre un peu moins de 4 € jusqu’à 5,40 € pour le modèle "50 lavages" qui filtre 96 % des particules d’un micron, soit au-delà des exigences sanitaires actuelles. La production de Bancarel rejoint celle de 500 entreprises du secteur réunies en un Comité stratégique de filière.

Autre exemple de la réactivité de l’entreprise, toujours en matière de diversification : la fabrication de toiles de PVC destinées à équiper les taxis, et notamment le groupe G7, qui compte 8 000 véhicules à Paris.

Pierre Pelofi, PDG : "On gagne deux fois moins bien notre vie"

Il s’agit d’un écran souple (vendu 60 € HT) qui permet d’isoler le chauffeur de taxi de ses clients, avec cependant un petit passage pour permettre les paiements. "2 à 3 000 exemplaires ont été vendus", détaille le PDG.

"Nous sommes contents de faire des masques, ça sert, mais on gagne deux fois moins bien notre vie qu’avec notre métier habituel", analyse le patron, pour qui le retour à la normale est prévu pour septembre, au mieux. Pour le mois d’avril, l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 250 000 €, contre 350 000 € en 2019 à la même époque, du fait de la chute des commandes du côté des housses sur-mesure, mais aussi parce que la valeur ajoutée des masques et deux fois inférieure à celle des housses, produites habituellement chez Bancarel.

Quant à savoir combien de temps pourrait durer cette situation, le verdict est sans appel de la part de MM. Pelofi et Chamorot : "Personne ne le sait, on navigue à vue", expliquent les deux hommes d’une même voix.

Xavier Buisson
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