"La crise sanitaire révèle l'importance de changer notre regard sur l'obésité", selon Agnès Maurin, directrice de la Ligue contre l'obésité

  • "Ce ne sont pas les comorbidités associées à l'obésité qui provoquent le plus grand nombre de décès du Covid-19, mais bien l'obésité elle-même", souligne la directrice de la Ligue contre l'obésité.
    "Ce ne sont pas les comorbidités associées à l'obésité qui provoquent le plus grand nombre de décès du Covid-19, mais bien l'obésité elle-même", souligne la directrice de la Ligue contre l'obésité. Igor Alecsander / Istock / Igor Alecsander / Istock
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(Relaxnews) - Fin mars, le Haut conseil de la santé a identifié l'obésité comme un facteur de risque de développer une forme grave de Covid-19. Un argument supplémentaire pour reconnaître officiellement l'obésité comme une affection de longue durée, plaide la directrice et co-fondatrice de la Ligue contre l'obésité Agnès Maurin.

Selon un décret officiel du gouvernement diffusé le 5 mai, les salariés considérés comme vulnérables face au Covid-19 peuvent passer en activité partielle depuis le 1er mai. Dans la liste officielle, figurent entre autres les diabétiques, les patients atteints de pathologies respiratoires, mais également les personnes en situation d'obésité, c'est-à-dire présentant un indice de masse corporelle supérieur ou égal à 30.

"Nous ne savons pas si notre surveillance et nos actions ont eu un effet sur les recommandations du gouvernement", précise à ETX Studio Agnès Maurin, directrice et co-fondatrice de la Ligue de l'Obésité qui a interpellé le ministre de la santé Olivier Véran dans un communiqué publié le mois dernier. 

L'objet de revendication de l'association portait sur le fait que les personnes en situation d'obésité ne puissent pas bénéficier de l'arrêt maladie simplifié pour les personnes vulnérables au Covid-19 mis en ligne sur le site Ameli dès la mi-mars. 

"Depuis le début de l'épidémie de Covid-19, il y a une position très claire de la part du Haut Conseil de la santé publique vis-à-vis des personnes en situation d'obésité. Elles font partie des patients les plus vulnérables au Covid-19", souligne Agnès Maurin. 

Mais impossible pour les personnes en situation d'obésité de bénéficier de l'arrêt maladie simplifié en ligne. La raison ? L'obésité ne fait pas partie des maladies classées affections de longue durée (ALD), exceptée lorsqu'elle est associée à un critère de comorbidité tels que le diabète ou l'insuffisance cardiaque, pathologies qui elles entrent dans la liste des ALD. 

"Reconnaître l'obésité comme une maladie à part entière"

"On nous incite à protéger les personnes vulnérables dont les personnes obèses font partie, mais ces mêmes patients ne peuvent pas bénéficier de l'arrêt maladie mis en place par le gouvernement. Cette incohérence de propos nous a choqués, c'est pourquoi nous avons interpellé le ministère de la santé", nous a expliqué Agnès Maurin.

"La procédure sur le site Ameli est effectivement réservée aux personnes en ALD car cela permet au service de l'assurance-maladie de délivrer un arrêt rapidement. Mais cela ne veut pas dire que les personnes en situation d'obésité ne peuvent pas bénéficier d'un arrêt de travail. Ces dernières ont notamment la possibilité d'obtenir un arrêt de travail à partir d'une téléconsultation, sans avoir donc à se déplacer physiquement chez leur médecin", nous a précisé de son côté une porte-parole de la CNAM. 

"Mieux que rien", cette mesure illustre toutefois selon Agnès Maurin la nécessité d'ajouter l'obésité à la liste des ALD. "Cette crise sanitaire de premier plan est révélatrice de l'importance de changer notre regard sur l'obésité. Il est plus important que jamais de reconnaître l'obésité comme une maladie chronique à part entière. Ce ne sont pas les comorbidités associées à l'obésité qui provoquent le plus grand nombre de décès du Covid-19, mais bien l'obésité elle-même", souligne la directrice de la Ligue contre l'obésité. 

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