Commerce : la préfète de l'Aveyron affiche son soutien

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  • Stéphane Mazars, député, Benoît Boujerol, directeur de la Maison du livre et Catherine de La Robertie, préfète de l’Aveyron (de gauche à droite).
    Stéphane Mazars, député, Benoît Boujerol, directeur de la Maison du livre et Catherine de La Robertie, préfète de l’Aveyron (de gauche à droite). Photo Ph.H. / Reproduction Centre Presse / Photo Ph.H.
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En visite à la Maison du livre, à Rodez, la préfète de l’Aveyron a tenu à réaffirmer aux commerçants qu’ils auraient le soutien de l’Etat dans cette épreuve économiquement difficile.
 

Pour sa première visite dans un commerce, la préfète de l’Aveyron, Catherine de La Robertie, a choisi une librairie. La Maison du livre en l’occurrence, qui jouxte la préfecture, à Rodez.

La représentante de l’état en Aveyron est allée à la rencontre de Benoît Boujerol, directeur de la librairie, pour s’enquérir des conséquences de cette crise sanitaire sur un secteur de l’économie particulièrement vulnérable. "La culture est un domaine essentiel qu’il nous faut soutenir, a affirmé dès son entrée dans la librairie, Catherine de La Robertie. Et la vie culturelle est primordiale pour envisager un retour à la normale, c’est une part d’humanité."

Un retour à la normale qui est encore loin alors qu’au sein même de la librairie, d’importants dispositifs ont été mis en place pour faciliter la circulation entre les rayons afin de respecter les mesures sanitaires. "Les commerçants sont désormais en première ligne pour faire respecter les mesures nécessaires à une reprise de l’activité économique", rappelle Catherine de La Robertie.

Mais pour la représentante de l’État, il était également question de rappeler l’importance des dispositifs d’aides financières mis en place depuis un peu plus de deux mois. La première, le chômage partiel, concerne une grande partie des salariés de l’Aveyron (lire ci-contre). Une douzaine de mesures spécifiques sont destinées à limiter les dégâts. " À titre d’exemple, sans cette mesure de chômage nos pertes s’élèveraient à 90 000 €, au lieu de 60 000 € aujourd’hui, précise Benoît Boujerol. L’état a été très réactif vis-à-vis de nos demandes. Le chômage partiel, ce n’est pas une mesure que nous avons l’habitude de prendre dans notre secteur. Mais pour arriver à sortir de cette ornière, les efforts à faire vont être conséquents." Pour la préfète, ce rebond de l’économie ne pourra avoir lieu "qu’avec une relance de la consommation". Pour l’heure, la Maison du Livre "qui avait des finances saines, tient le cap, souligne Benoît Boujerol. Seulement, nous faisons partis des commerces qui dégagent la plus faible marge Et si les clients ont été au rendez-vous, lundi 11 mai, c’est aujourd’hui (hier) un peu moins le cas."

Dans les prochaines semaines, les services de l’état resteront mobilisés à travers le Comité départemental d’examen des problèmes de Financement des entreprises (Codefi) ou encore la cellule de crise mise en place au sein de la préfecture et qui réunit les acteurs économiques du département.

De son côté, Benoît Boujerol, également vice-président du tribunal de commerce estime "que malgré ce système très protecteur, certaines entreprises vont se retrouver en très grande difficulté. En Aveyron, les premiers dossiers commencent à arriver devant notre juridiction".

"Pour ma part, je suis raisonnablement optimiste, reprend la préfète. L’esprit d’entreprendre est bien là et il faut aller de l’avant."

 

En chiffres

  • 240 millions d’euros, c’est le montant à ce jour que représentent les prêts garantis par l’État, accordés par les banques à 1 500 entreprises aveyronnaises.
  • 9,5 millions d’euros distribués en Aveyron sur le volet 1 du fonds de soutien à 5 471 entreprises.
  • 578 mesures de bienveillance fiscale ont été accordées dans le département pour un montant de 7 millions d’euros.
  • 10,34 millions d’euros, c’est le montant, au 7 mai, des indemnisations pour activité partielle au bénéfice de 3 798 entreprises et associations aveyronnaises.

 

Les livres se déconfinent

Mardi 12 mai, la Maison du livre a rouvert. Après sept semaines de fermeture et une semaine de click and collect, les amateurs de littérature ont pu retrouver leurs libraires. "Nous avons mis en place de nouvelles règles, comme un sens de circulation et la distribution de gel hydroalcoolique à l’entrée", explique Emmanuelle Belle, directrice de la librairie. Il a fallu adapter le magasin et les habitudes. "Un de nos premiers clients m’a demandé, un peu perdu, s’il pouvait toucher et retourner un livre pour lire la quatrième de couverture", se souvient-elle. Cette reprise d’activité est loin d’être normale. Mais l’équipe de la Maison du Livre s’est bien creusé la tête pour accueillir ses clients dans les meilleures conditions. "On reçoit beaucoup de messages de soutien, et les clients sont heureux de nous retrouver. Ça fait du bien", sourit (derrière son masque) Emmanuelle Belle.

Philippe Henry
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