Dans l’attente, les campings croisent les doigts

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  • Yves Cantaloube à la Grange de Monteillac espère rouvrir ses barrières au plus vite.
    Yves Cantaloube à la Grange de Monteillac espère rouvrir ses barrières au plus vite. repro cpa / repro cpa
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Elle n’a pu rouvrir le 11 mai, et pas sûr qu’elle puisse le faire avant le mois de juillet : l’Hôtellerie de plein air s’apprête à vivre un été sans grandes perspectives, même si les réservations sont ouvertes, alors que la saison a déjà débuté.

Aucune vision claire de l’été à venir, des réservations annulées, une clientèle dans l’expectative et des professionnels dans le désarroi. Alors que le 11 mai a promis de donner un ballon d’oxygène au secteur commercial, l’hôtellerie de plein air attend son heure.

"On prépare tout comme si on allait ouvrir demain tout en sachant qu’il nous faudra encore attendre on ne sait pas combien de temps. Sûrement le début juillet aux dernières nouvelles. Tout cela est très stressant, très anxiogène pour nous" : Yves Cantaloube est le gérant de La Grange de Monteillac à Sévérac-l’Église, camping quatre étoiles affilié à la chaîne Yelloh Village.

Au-delà des cent kilomètres : bonne nouvelle

Il aurait dû ouvrir le 24 avril avec six de ses quinze salariés, a fait appel au chômage partiel, occupe son temps à entretenir ses 5 hectares, 104 emplacements et 51 chalets haut de gamme. "Nous avons chaque année à cette période beaucoup de groupes de cyclotouristes… Ils ne sont pas perdus, ils reviendront en septembre ou en 2021".

Ce qui pourrait aussi sauver Yves Cantaloube d’une saison blanche, ce sont les 70 % de clientèle française qu’il accueille chaque année "pour peu que la règle des 100 km soit assouplie comme annoncée par le Premier ministre, ce qui est une bonne nouvelle, pour que les bassins de Montpellier et de Toulouse nous rejoignent". Car les étrangers ne viendront pas.

Yves Cantaloube veut demeurer optimiste : "Les réservations vont peut-être arriver, ce n’est pas encore le cas. Car mieux vaut faire un bon mois en juillet et août que de ne pas ouvrir du tout".

Et localement, les choses demeurent elles aussi compliquées concernant les prestataires de loisirs auxquels les campings font appel pour animer les séjours des vacanciers. Seront-ils disponibles le moment venu ?

La seule clientèle aveyronnaise ne suffit pas

La chaîne Yelloh Village travaille avec ses adhérents pour préparer la reprise, donne des consignes (pas de transat au bord des piscines, du gel hydroalcoolique partout et tant d’autres choses "dont il faut mesurer la faisabilité économique", s’inquiète Yves Cantaloube.

Combat permanent

Une relation permanente et un accompagnement technique comme le font la CCI ou Aveyron Tourisme pour l’ensemble des campings aveyronnais et la filière touristique en général. C’est ce que souligne Laure Dalbin, présidente de la Fédération aveyronnaise de l’hôtellerie de plein air. "Nos demandes d’ouverture en plusieurs phases nous ont été refusées. Les week-ends de l’Ascension et de Pentecôte sont très importants pour nous, mais tout a été annulé au moins jusqu’au 1er juin. Et l’on espère que dès cette date la règle des cent kilomètres sera élargie, car avec la seule clientèle aveyronnaise, ce n’est pas viable", renchérit-elle.

Difficile à ce jour de chiffrer l’impact économique de cette situation. "Pas mal de collègues ont des soucis de trésorerie, mais avec l’exonération des charges et les reports de crédit, on peut espérer garder la tête hors de l’eau".

"Restons optimistes !"

Les professionnels restent soudés dans l’adversité " et notre fédération multiplie les réunions avec le ministère ". Une fédération qui, en Aveyron, représente 75 % des campings classés, soit 66 établissements pour 6 400 emplacements. Laure Dalbin gère le camping des Genêts, à Pareloup dont 60 % de la clientèle est composée de vacanciers étrangers " à qui il nous est impossible de répondre à ce jour ".

En 40 ans de métier, elle n’avait, bien entendu, jamais connu une pareille situation. "Restons optimistes, on n’a pas le choix". Un optimisme qui peut, depuis les annonces du Premier ministre le 14 mai, rassurer un peu les professionnels pour une ouverture début juillet. Chacun d’eux croise les doigts pour réussir la saison tant bien que mal.

Christophe Cathala
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