En 1794, les clochers de nos églises étaient aussi silencieux qu’aujourd’hui

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Ne plus entendre les cloches de nos églises depuis trois mois, nous rappelle cette période de l’histoire où elles avaient disparu de leurs clochers.

Jusqu’à la Révolution, Arvieu et Caplongue étaient deux paroisses indépendantes. Entre 1790 et 1794, Arvieu avait absorbé Caplongue puis cédé entre 1795 et 1800. En ce temps-là, Caplongue était largement solidaire du clergé traditionnel, tandis que la commune d’Arvieu était connue pour être des plus dévouées à la cause révolutionnaire.

Jean-Jacques Seconds, curé de Caplongue depuis une vingtaine d’années ayant refusé de prêter serment en 1791, fut incarcéré fin 1793 à Rodez d’où il était natif. Il avait alors 63 ans et mourut peu de temps après.

En mai 1792, Jean-Pierre Fabre de Balsac curé constitutionnel fut élu curé de Caplongue. La population ne répondit pas à l’invitation de sa prise de possession, et le maire, représentant local de la République, non plus. Ce dernier prétexta que la loi n’obligeait pas les officiers municipaux à se rendre à pareille manifestation et pour maintenir la paix, ne souhaitait pas d’une installation d’un prêtre dont personne ne voulait. En juin, Jean-Pierre Fabre fut tout de même intronisé. Très peu de personnes assistèrent à cette cérémonie, aucune de Caplongue. Le dimanche 15 juillet, personne encore n’assista à la messe dite par ce prêtre, et lorsqu’il sortit de l’église avec son clerc, ils furent tous deux entourés de femmes furieuses qui les injurièrent, les menacèrent pierres en mains, promettant de les massacrer s’ils s’avisaient de reparaître à Caplongue…

En octobre 1793, une troupe de royalistes entra dans Arvieu, François de Bancarel, curé de Roquetaillade, en tête brandissant le drapeau blanc. Les assaillants coupèrent deux arbres de la liberté (reste aujourd’hui le troisième, celui qui surplombe la grotte), arrachèrent les cocardes tricolores, se rendirent tous à la cure. Ils s’emparèrent sans ménagement du maire Léonard Bonnefous dont ils pillèrent la maison, et du prêtre assermenté Joseph Courrech. Le prêtre fut relâché et le maire parvint à s’échapper au niveau de Caplongue quand la troupe rencontra une patrouille.

La réplique ne se fit pas attendre, des révolutionnaires se rendirent à leur tour à Arvieu, et firent prisonniers le Chevalier Étienne de Vigouroux et son neveu Charles Étienne Auguste, dit le Baronnet, âgé de 15 ans, suspectés de complicité. De là, les détachements s’aventurèrent aux Faux où ils débusquèrent François de Bancarel. Sans autre jugement, la tête de ce dernier tomba le lendemain dès l’aube, à titre d’exemple.

Les mauvais traitements essuyés par le chevalier de Vigouroux et son neveu leur furent fatals. Transféré de la prison de Rodez à l’hôpital, l’oncle expira à côté de son jeune neveu qui mourut le même soir et c’est ainsi que disparut le dernier seigneur de Vigouroux d’Arvieu.

En 1794, les églises d’Arvieu et de Caplongue qui avaient déjà souffert de ces épisodes tumultueux se virent dépouillées de leurs cloches. Elles servirent de matière première à la fonderie de canons de Montauban qui venait d’être créée.

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