Sous l’œil de Justin…

  • Le buste de l’abbé Justin Bessou (1845-1918) sur la place Saint-Jean, à Villefranche-de-Rouergue./Photo MCB.
    Le buste de l’abbé Justin Bessou (1845-1918) sur la place Saint-Jean, à Villefranche-de-Rouergue./Photo MCB.
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J’ai marché, marché pendant ce confinement et je continue… Le long de l’Aveyron qui m’emportait au gré de ses courants… Il me faisait voyager bien plus loin que le kilomètre autorisé… Mon esprit n’a jamais été aussi libre alors que mon corps se pliait de bonne grâce aux injonctions sécuritaires sanitaires, pour le bien de tous. J’ai vu tant de choses que je ne voyais pas avant, que je ne voyais plus… Mon compagnon inattendu, ce héron qui me donnait rendez-vous chaque soir sur la chaussée, les pieds dans l’eau, a illuminé mes journées confinées. La simple présence confiante de Néron (c’est son nom) m’a accompagnée dans la contemplation de cette Nature que j’ai vu changer comme jamais au fil des jours. J’ai suivi les explosions de bourgeons de chaque arbuste, chaque arbre car elle se donnait sans retenue, et surtout sans rancune, à nous qui l’avons pourtant tellement malmenée. Elle embaumait par tous les pores de ses fleurs, du cerisier au lilas, du seringat au chèvrefeuille que seule l’odeur d’un bouc coquin venait interférer. Mais plus que cette symphonie parfumée et colorée pour les sens et les yeux, c’est essentiellement cet air invisible qui emplissait mes poumons que je célébrais. Tandis que les soignants se battaient en première ligne de la maladie, toutes mes pensées étaient dirigées vers toutes les victimes dont ils s’occupaient. Des hommes, des femmes qui n’arrivaient justement plus à soulever leur poitrine naturellement, comme on le fait à chaque instant, presque sans conscience. Que l’accomplissement de cette seule fonction soit devenu surhumain pour certain m’apparaissait tellement horrible. Alors je respirais, à fond, encore et encore aujourd’hui, pour insuffler à ces inconnus un peu de cet air ensoleillé et embaumé que je recevais. Je respirais pour eux, mais combien sont restés sur le bord du chemin. Quelle tristesse… Que sont-ils devenus ? Des chiffres, des statistiques, engloutis dans l’analyse de cette pandémie.

Dans le déroulé de mon squelette dont je sentais chaque rouage au cours de cette marche quotidienne, mon âme, bercée par Mélody Gardot, entendait que "L’amour est facile, comme l’eau qui coule sur les pierres" ("Love is easy, like water rushing over stones"). L’amour, la vie, tout se confond car l’une n’est rien sans l’autre. Tout alors apparaît simple, comme cette nature qui recommence inlassablement dans un cycle imperturbable à nos aléas d’humains. Laissons nos basses querelles de côté, élevons-nous comme ces branches qui ne réfléchissent pas et s’élancent pour nous ouvrir les bras.

GDM
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