Le veau du Ségala et de l'Aveyron trouve de nouveaux marchés

  • Pierre Cabrit, éleveur de bovin à Sainte-Croix, est aussi président de l’Interprofessionnelle régionale du veau de l’Aveyron et du Ségala.
    Pierre Cabrit, éleveur de bovin à Sainte-Croix, est aussi président de l’Interprofessionnelle régionale du veau de l’Aveyron et du Ségala. Centre Presse - Guillaume Verdu
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Malgré une baisse des ventes, la période actuelle peut être une opportunité pour la viande qui bénéficie d’un Label rouge et d’une IGP.

Et si la crise sanitaire liée au Covid-19 était un mal pour un bien ? C’est ce que veut croire Pierre Cabrit, au sujet de veau du Ségala et de l’Aveyron. Certes, cette viande bovine qui bénéfice d’un Label rouge et d’une Indication géographique protégée (IGP) a connu « une baisse de 10 % des volumes commercialisés » par rapport à l’an dernier, à cause du confinement, selon le président de l’Interprofessionnelle régionale du veau de l’Aveyron et du Ségala (Irva). Mais tout n’est pas noir.
« Après tout, nous avons réussi à maintenir 90 % de l’activité, ce qui n’était pas gagné d’avance », positive celui qui est aussi éleveur à Sainte-Croix. Surtout, l’espoir vient du fait que la filière a su développer de nouveaux débouchés, alors que les habitudes de consommation ont été bouleversées par le confinement.

« Nous avons perdu de l’activité sur nos circuits routiniers », résume Pierre Cabrit. Il évoque ainsi la restauration hors foyer ou les marchés, « qui se sont arrêtés du jour au lendemain avec l’arrivée du confinement ». Dans une moindre mesure, cela concerne aussi la grande distribution. « Les enseignes ont dû s’adapter à la situation, ce qui a provoqué une réduction des références dans les rayons, dit-il. Mais nous sommes globalement bien implantés dans la distribution, ce qui nous a aidés à passer ce moment. »

Face à ces difficultés, de nouvelles opportunités ont été saisies pour « répondre aux besoins des consommateurs », se réjouit le président de l’Irva. Les veaux de l’Aveyron et du Ségala se sont ainsi retrouvés dans des formules de drive ou de vente à emporter. Ils ont aussi été encore plus présents sur les étals des boucheries tradition. « Le volume de vente chez ces commerçants a augmenté, assure Pierre Cabrit. D’ailleurs, à mon sens, ces bouchers devraient se saisir encore plus des veaux de l’Aveyron et du Ségala, eux qui défendent des produits d’excellence. »
Une autre formule a été davantage explorée durant la crise : la vente directe. « L’Irva a fait le choix d’encadrer la vente directe, ce qui n’était pas le cas auparavant, précise-t-il. C’est un segment de marché sur lequel on peut se positionner, ainsi qu’un très bon levier de promotion. »

Capitaliser sur les acquis

Pour le futur, Pierre Cabrit espère que ces nouveaux modes de ventes viendront s’ajouter aux circuits traditionnels. Et donc que l’activité pourra augmenter lorsque les restaurateurs pourront de nouveau ouvrir leurs portes. « Nous allons essayer de capitaliser sur nos acquis ainsi que sur les opportunités créées », dit-il. Mais il conserve l’idée que les anciens circuits continueront à fournir le plus de débouchés. « La vente directe se développe, mais il ne faut pas croire que cela va révolutionner le marché, tranche Pierre Cabrit. Quand le consommateur nous sollicite, il faut qu’on soit capable de répondre. Mais la grande distribution restera notre filière majeure dans notre dispositif. D’ailleurs, elle est très intéressante pour nous, car elle nous permet de valoriser nos produits et d’en tirer une juste rémunération. »

Au-delà des réseaux de distribution, le président de l’Irva compte sur les consommateurs pour soutenir la filière. « Le plus grand service qu’on peut nous rendre, c’est de nous solliciter et de consommer du veau de l’Aveyron et du Ségala ! »

Guillaume Verdu
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