"Les primes, c’est pour nous endormir", dénoncent des soignants

  • Il faut plus de moyens et d’anticipation, demandent notamment les professionnels de santé.
    Il faut plus de moyens et d’anticipation, demandent notamment les professionnels de santé. Archives Centre Presse / José A. Torres / Archives Centre Presse
Publié le / Mis à jour le S'abonner

En marge des premières annonces gouvernementales, des salariés de la santé témoignent sur leur quotidien.

La crise sanitaire du coronavirus aura peut-être été un mal pour un bien pour l’état de santé, en particulier des centres hospitaliers du public. "Nous travaillons avec les moyens du bord. On a porté des surblouses étanches, non étanches, puis des sacs-poubelles trouvés, des chemises cousues avec des draps", relate Jordan, du service imagerie au centre hospitalier Rodez qui espère une reconnaissance de statut de soignant, demandée depuis bien longtemps. Trop longtemps ?

Les salaires, le point noir

Et d’ajouter : " Il faut plus de moyens et plus d’anticipation. Quant aux primes et médailles, c’est bien mignon mais il faut revaloriser le salaire, c’est le point noir. Une revalorisation nette de trois cents euros qui semble être évoquée, cela collerait bien. " Il faut dire que le salaire du personnel de santé est parmi les plus bas des pays de l’organisation de coopération et de développement économique (OCDE). " Les primes c’est pour nous endormir ", résume Valérie (1), infirmière en Ehpad.

Mauvaise gestion

Outre l’aspect financier, les conditions de travail reviennent comme un leitmotiv. À l’image des propos de Cécile (1), infirmière à Espalion. "Il manque du personnel. Nous avons beaucoup d’arrêts maladie et d’accident du travail, on ne peut pas faire correctement notre travail. Il faut toujours réclamer du matériel, sans parler des masques périmés pendant le coronavirus. Cela prend du temps pour avoir l’accord, les démarches sont trop longues." Un personnel solidaire mais à bout "avec beaucoup de turn-over dans les services, certaines qui partent en infirmière libérale d’autres qui changent de sec0

teur. Il y a une pénurie d’infirmière, de radiologue…", énumère Jordan qui annonce un projet de pôle imagerie au centre hospitalier de Rodez. Une avancée mais une goutte d’eau face aux besoins nécessaires. "Il faut que la réalité du terrain soit prise en compte. Des travaux d’aménagement sont parfois effectués mais pas adaptés, de l’argent a donc été dépensé inutilement. Quant à sortir du système de tarification à l’acte, il faut là aussi mieux réguler, éviter des dépenses inutiles", conclut Cécile. Une gestion à revoir comme la grille des salaires.

(1) prénoms d’emprunt Lire aussi page 17 sur les mesures annoncées avec le "Ségur de la santé".
Olivier Courtil
Voir les commentaires
Réagir