Serres et jardineries en Aveyron : public rajeuni, chiffres en hausse, tomate reine

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  • Les plants de tomate : un des produits phares des jardineries aveyronnaises depuis  la mi-avril.
    Les plants de tomate : un des produits phares des jardineries aveyronnaises depuis la mi-avril. Jean-Louis Bories / / Jean-Louis Bories
  • Fleurs ou légumes ont trouvé bien des mains vertes durant le confinement.
    Fleurs ou légumes ont trouvé bien des mains vertes durant le confinement. Jean-Louis Bories / / Jean-Louis Bories
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Comment le secteur du jardinage a traversé la crise en Aveyron, et comment il en est sorti.

Tiens, si on semait radis et carottes et qu’on plantait tomates et salades ? Après tout, on n’a pas grand-chose à perdre. Et puis, pour une fois, on a le temps. " Ce printemps confiné-déconfiné a bouleversé bien des habitudes pour nombre de personnes. Et en matière de jardin, qu’il soit potager ou pas d’ailleurs, ce fut aussi le cas. Alors, comment le secteur a répondu aux attentes des consommateurs ? Y a-t-il eu un réel engouement pour cette activité de plein air en Aveyron ? Les professionnels du genre sont-ils des grands gagnants (malgré eux, évidemment) de cette crise ? Éléments de réponse.

Le service "drive" capital, le lien avec les agriculteurs

Une chose est sûre : le roi du printemps en Aveyron, c’est le plant de légume ! Et plus particulièrement, celui de tomate. "C’est incontestable, témoigne Audrey Trindade des serres du Vallon à Valady. Et on a eu quinze jours d’avance par rapport à d’habitude, que l’on peut expliquer par le confinement mais aussi la météo vraiment clémente."

"Les légumes de ratatouille, tomate, courgette, poivron et aubergine, ont très bien marché, abonde-t-on du côté des serres de Bouillac. Ce sont des légumes à la culture facile. " Et ce n’est pas anodin. Les enseignes spécialisées ayant vu débarquer des nouveaux clients, dont certains novices dans la pratique du jardinage.

" C’est vrai que la population touchée était jeune, même si nos habitués étaient aussi au rendez-vous, précise-t-on dans le Vallon. En fait, c’est avec le service "drive", qui a très, très bien fonctionné, que l’on a vu apparaître de nouveau clients, de jeunes actifs qui avaient du temps en plein confinement." Un service capital pour un secteur qui a relativement tôt durant le confinement été reconnu par le gouvernement comme distribuant les fameux produits de première nécessité, avant d’élargir au fur et à mesure ses possibilités de vente, au gré néanmoins de ses capacités d’approvisionnement. Pour Unicor, le groupe coopératif agricole et agro-alimentaire aux 49 magasins (la grande majorité se situant en Aveyron), le lien avec les agriculteurs a aussi été un moyen de tenir la distance, notamment au début. Il en fut d’ailleurs de même pour un autre "géant" du secteur à l’échelle aveyronnaise, RAGT jardin et maison et ses 29 enseignes implantées dans la région, dont 16 aux quatre coins de l’Aveyron.

Fréquentation, panier moyen et CA en nette progression

La donne était délicate à gérer pour eux aussi. Entre demandes croissantes et mesures sanitaires restrictives notamment en termes de capacité d’accueil. Pour autant, chez RAGT, ce printemps a battu des records. "Au niveau de la fréquentation d’abord, confirme Fabrice Raynal, responsable de la communication du groupe. En dépit de l’absence de notre traditionnelle opération commerciale forte à cette période-là de l’année, la fréquentation pour avril et mai s’établit à au moins 100 000 clients par mois, quand dans une année lambda on tourne entre 80 000 et 100 000." Et, presque naturellement, le phénomène entraîne une "augmentation du chiffre d’affaires", pouvant se justifier aussi, au moins en partie, par "une très forte progression du panier moyen ".

Et Fabrice Raynal d’indiquer : "Ces progressions peuvent s’expliquer également par la vraie priorité donnée à la sécurité dans nos magasins, et cela très tôt durant la crise. Ce qui fait que les gens se sentaient en sécurité chez nous. "

Même constat d’ailleurs à Unicor chez qui "l’obligation de porter un masque dans les magasins a été très bien accueillie ", selon Stéphane Perrin, directeur de la communication. Là aussi, la fréquentation est très haute. "Difficile néanmoins à ce stade de dire si c’est un rattrapage par rapport à la perte de début du confinement ou pas", tempère Sabrina Christophe, responsable de 11 enseignes pour le groupe. Toujours selon elle, "la situation a amené de nouveaux clients qui ne faisaient habituellement pas le jardin, c’est sûr. "

Impression confirmée à Bouillac : "On peut estimer à 15 % les nouveaux clients chez nous sur la période. " Pas de quoi néanmoins sauter au plafond : "On a vendu environ 20 à 30 % de plus de plants de légumes, certes. Mais, au début du confinement, on a été gravement pénalisé avec toute une production que l’on a dû mettre à la poubelle, une perte sèche. "

 

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