Christian Teyssèdre : "Je le redis, mon seul parti c’est Rodez"

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  • Christian Teyssèdre, le 15 mars dernier au soir du premier tour.
    Christian Teyssèdre, le 15 mars dernier au soir du premier tour. Jean-Louis Bories / Jean-Louis Bories
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Grand favori à sa propre réélection le 28 juin prochain, le maire sortant annonce qu’il "reste beaucoup à faire" pour la Ville. Avec trois priorités : économie, social et écologie. Entretien.

Avec 46,82 % des suffrages au soir du 15 mars dernier, il s’en est fallu de peu pour que vous regagniez votre siège de maire. Trois mois plus tard, comment abordez-vous ce second tour ?

La campagne qui se profile sera particulière car aujourd’hui la priorité est avant tout de protéger la population et de respecter les gestes barrière. Il n’y aura ni porte à porte, ni meetings, ni tractages… Je ne suis pas sûr que les gens attendent cela d’ailleurs. Nous nous adapterons et l’important, c’est que les gens viennent voter. Et je pense que ce sera le cas, notamment les personnes âgées absentes lors du 15 mars dernier. Aujourd’hui, tout le monde veut en finir avec cette échéance électorale.

La crise sanitaire que vient de traverser le monde a-t-elle changé votre vision de l’avenir ?

Oui, comme tous les Français. Demain ne sera pas pareil. On s’est aperçu que nous étions très vulnérables. Heureusement et je tiens à le souligner, la ville de Rodez et ses Ehpad n’ont pas été touchés par l’épidémie.

Cette crise a également fait ressurgir deux aspects très importants : le social et l’environnemental. Sur ces deux points, nous avons pris des mesures très positives dès 2008. Côté social, on a construit une troisième maison de retraite, plus de 400 logements sociaux, un foyer d’urgence, une épicerie sociale… Et sur le plan écologique, nous avons également fait beaucoup de choses : diminution par deux des surfaces constructibles à l’Agglo, un jardin public étendu, création de squares aux quatre coins de la ville… Nous sommes dans le bon sens et on accélérera la végétalisation de Rodez dans les années à venir. N’oublions pas également que nous avons été classés parmi les villes moyennes où il fait le mieux vivre en France l’an passé ! C’est très loin de toutes les critiques que j’ai pu entendre lors de la campagne…

Justement, cette dernière campagne a souvent été tendue, notamment avec l’opposition Rodez Citoyen. Comment la jugez-vous avec du recul ?

C’était une campagne très basse, faite de petites phrases et autres boules puantes. Elle n’était pas digne des enjeux de la période. Si je suis réélu le 28 juin, j’espère que toutes les listes se mettront autour d’une table pour parler et avancer. Toutes les idées sont bonnes à prendre. Mais la liste Rodez Citoyen est encore au temps de la guerre froide et l’opposition systématique ne mène à rien. On donne une mauvaise image de la politique en faisant cela. Et si les Soviets avaient eu raison, ça se saurait…

Une crise économique et sociale se profile après la crise sanitaire. N’est-ce pas là l’enjeu du prochain mandat et ne craigniez-vous pas un appauvrissement du territoire, avec des entreprises à l’avenir incertain à l’image de la Bosch ?

J’ai été le seul à parler d’économie lors de la campagne et c’est mon plus grand regret car sans économie, il n’y a rien : ni écologie, ni solidarité… Aujourd’hui, il n’y a pas que la Bosch qui est en souffrance, Arcadie avec les abattoirs l’est également. Et nous ferons tout pour les aider. L’Aveyron ne sera pas épargné par la crise économique : selon les derniers chiffres, nous sommes le département de la Région qui a connu la plus grande augmentation du taux de chômage durant la crise. Et Rodez, c’est 70 % de l’économie du département. D’ailleurs, nous avons déjà pris des mesures pour résister : on a débloqué 5 M€ à l’Agglo pour aider les petites entreprises, on a aidé les familles les plus précaires, aider les parents qui ont des enfants à la cantine, à la crèche, on a enlevé les droits de terrasse pour les restaurateurs, les commerçants non-sédentaires, etc. Nous sommes la seule collectivité de la strate à l’avoir fait ! Et pourquoi ? Car notre gestion des finances publiques est excellente depuis 2008 et tous les comptes sont au vert. Sans trésorerie, on ne fait rien. Et s’il faut aller plus loin, on n’hésitera pas car aujourd’hui les gens vivent sous perfusion mais dans quelques mois, il y aura de sérieux problèmes… Dans notre prochain mandat, nous mettrons tout en œuvre pour implanter de nouvelles entreprises en continuant le développement des zones d’activités par exemple. Le plus important, c’est que les gens ne perdent pas leur boulot.

Deux projets phares de la future mandature ont d’ailleurs fait l’objet de débats lors de la campagne : la construction du parc des Expositions, zone de Malan, et Bourran II, prévoyant plusieurs logements individuels. Sont-ils essentiels au développement du territoire ?

Le parc des Expositions, c’est l’Agglo et les maires de toutes les communes s’exprimeront en leur âme et conscience sur le projet. Il ne dépend pas de Christian Teyssèdre comme j’ai pu l’entendre. Maintenant, il faut se poser les questions : a-t-on toujours envie de voir les gens partir dans les salons à Toulouse, Montpellier, Paris ? Ou souhaite-t-on leur offrir quelque chose à Rodez ? Ce projet sera créateur d’emplois.

Quant à Bourran II et ses maisons individuelles, c’est un choix politique et je l’assume pleinement. Aujourd’hui, je veux que les gens aux faibles revenus puissent accéder à la propriété. Et je ne veux plus voir d’habitats collectifs à Rodez, il y en a assez. On ne détruira pas de maisons pour construire des immeubles. J’ai déjà refusé de nombreux projets de promoteurs immobiliers et je continuerai. Je veux une homogénéité et pas des ensembles de 5, 6 étages à côté d’habitations.

Durant cette campagne, l’opposition a également souvent critiqué le mélange des genres de votre liste et votre sympathie pour LREM… Christian Teyssèdre est-il toujours un homme de gauche ?

Je le dis et le redis, mon seul parti c’est Rodez ! Je n’ai pas d’étiquette et ma sensibilité a toujours été à gauche et elle ne changera pas. Et je n’ai aucune leçon à recevoir de la part d’une liste comme Rodez Citoyen qui n’a rien de citoyenne et est pilotée par les Mélenchonistes…

Ce mélange de genre et de personnalités fortes vous fait-il craindre une cohabitation difficile lors des prochaines années ?

Non, je pense qu’il faut des personnalités fortes sur une liste et des personnes compétentes, avec de l’expérience. Pour vous dire, je n’ai jamais connu une si bonne ambiance dans l’équipe depuis mes débuts en politique…

On vous prête plusieurs ambitions politiques ailleurs que Rodez pour le futur, qu’en est-il ?

Cela n’est pas d’actualité.

Briguerez-vous néanmoins toujours le fauteuil de président de l’Agglomération ?

On verra le 28 juin, au soir du vote.

Propos recueillis par Mathieu Roualdés
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Les commentaires (2)
Barine12 Il y a 3 mois Le 12/06/2020 à 07:29

Ni de gauche ni de droite mais en même temps, contre les GJ, contre les écolos et pour les "bonnes" idées de la secte larem : toujours plus d'argent magique pour les riches, toujours moins pour les sal.uds de pauvres. Merki !

claudius Il y a 3 mois Le 11/06/2020 à 19:03

Maintenant qu'il a eu sa médaille, il peut tourner la veste