La douceur du quartier du Moulin et de ses tanneries

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  • L’immeuble du  moulin, aujourd’hui habitation,et les vieilles tanneries témoins d’une époque révolue.
    L’immeuble du moulin, aujourd’hui habitation,et les vieilles tanneries témoins d’une époque révolue.
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Ce quartier, rive droite du Lot, dit aussi du Barry, longtemps négligé est revenu partie intégrante de la ville.

L’image traditionnelle d’Espalion tourne autour du Vieux-Palais et du Pont-Vieux. Au point que l’on oublierait presque l’autre rive où se trouvent les quartiers de la Grave et du Moulin. Ce dernier ne justifie plus son nom. Ce moulin a en effet disparu dans un incendie au milieu des années 1960 et sur son emplacement a été reconstruit un immeuble d’habitations.

La vie autour du moulin

Depuis le XVe siècle ce moulin marquait la vie d’Espalion. Proche du "Cam de la Granada" (champ des grains où l’on battait) qui a donné son nom à la rue Grenade, une cour devenue place aujourd’hui permettait aux clients du moulin d’attendre leur tour. C’est aussi pour alimenter ce moulin que l’on barrera le Lot sur toute sa largeur d’une chaussée, aujourd’hui inutile, qui dérivait l’eau vers un canal au débit réglable par une vanne.

Cette petite place aujourd’hui souvent bien tranquille, a dû, en son temps, bruisser des conversations paysannes, des efforts des hommes et sentir bon l’odeur de la farine tout juste moulue.

Fin du XIXe siècle, cette chaussée sera pour la ville synonyme de progrès. À l’image du couvent de Bonneval et sa chocolaterie, quelques années auparavant alimentée en électricité par la Boralde, la ville d’Espalion se dotera de l’éclairage électrique.

Avec sa chaussée, le moulin sera tout désigné pour, abriter son système de production et d’alimentation. C’est ainsi, qu’en 1886, Espalion deviendra l’une des premières villes de France éclairée par la fée électricité. Les récits du banquet donné pour l’inauguration témoignent de la liesse… et du solide appétit des gens du cru.

L’industrie du cuir

La construction de la chaussée qui maintenait un niveau d’eau à peu près stable favorisera le développement des tanneries qui deviendront vite une des activités notoires de ce quartier d’Espalion. Les grandes pierres plates horizontales parallèles au cours de la rivière en sont aujourd’hui des vestiges marquants. Ces peaux étaient lavées sur ces pierres plates tandis que des balcons ouverts et abrités permettaient le séchage. Ces "calquières" fournissaient des peaux de bonne qualité qui prenaient le plus souvent le chemin de la capitale du gant. C’est ainsi que par voie de conséquence l’industrie du cuir touchera la ville. De grosses firmes millavoises, soucieuses d’éviter les frais de transport délocaliseront même sur Espalion des ateliers ou confieront du travail à des ouvrières payées à la paire de gants coupés à partir de patrons en carton par les hommes.

Comme Millau, Espalion sera victime de la crise du gant et seules les vieilles tanneries et leurs curieuses calquières entretiennent le souvenir de cette activité définitivement disparue.

Le faubourg est devenu aujourd’hui partie intégrante de la ville. Son histoire méritait d’être rappelée.

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