Au garage Cavalié de Rignac, le redémarrage se fait à allure modérée

  • Fabien Cavalié a mesuré une baisse d’activité d’environ 70 % durant le confinement.
    Fabien Cavalié a mesuré une baisse d’activité d’environ 70 % durant le confinement. Centre Presse / Guillaume Verdu / Centre Presse
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Ouverte pendant le confinement, l’entreprise a subi un sérieux coup de frein. Si l’activité a bien repris, le garage ne tourne pas encore à plein régime.

Rester ouvert n’est pas la garantie de conserver une activité normale. Le garage Cavalié, situé à Rignac, dans l’Aveyron, peut en témoigner. Autorisée à ouvrir durant le confinement, l’entreprise familiale a subi elle aussi les conséquences de la crise sanitaire liée au Covid-19. "Notre chiffre d’affaires a baissé d’environ 70 %", déplore Fabien Cavalié, cogérant de la société avec son père, Jean-Louis.

Le garage a bien entendu fait les frais de la mise sous cloche d’une grande partie de la vie économique du pays et de l’interdiction des déplacements. Quelques clients ont néanmoins continué à pointer le bout de leur pare-chocs.

Presque à la normale

"Dans le monde rural, il y avait toujours beaucoup de personnes qui continuaient à travailler. J’ai notamment eu des agriculteurs, quelques infirmières ou encore des salariés de la grande distribution", liste Fabien Cavalié. Mais pas de quoi permettre un fonctionnement habituel. D’autant que la partie vente de voitures d’occasion de l’entreprise s’est, quant à elle, totalement interrompue. "Cette activité commerciale était interdite durant le confinement", rappelle Jean-Louis Cavalié. Ce dernier a néanmoins pu continuer à établir des cartes grises, "car la vente de voitures entre particuliers était toujours autorisée", dit-il.

Depuis la fin du confinement, le 11 mai, "l’activité a bien repris, assure Fabien Cavalié. Nous sommes repartis presque comme à la normale et notre agenda est plein pour les deux prochaines semaines." Au programme, essentiellement des opérations de maintenance courante. "Il y a beaucoup de gens qui ont attendu la fin du confinement pour décaler une intervention, précise-t-il. Nous avons essentiellement des vidanges, des changements de pneus, de courroie, etc." La tendance vaut aussi pour la partie vente. "Nous sommes bien repartis, apprécie son père. Au moment du confinement, certaines transactions ont été interrompues, nous avons pu les conclure."
Mais malgré ce regain, les deux gérants n’affichent pas un optimisme débordant.

"De gros points d’interrogation"

"Il y a encore de gros points d’interrogation, glisse le fils. D’habitude, à cette période de l’année, nous sommes sollicités par des gens qui préparent leurs vacances et viennent nous voir avant de faire de grands trajets. Pour l’instant, ce n’est pas le cas." "On ne sait pas comment cela va continuer. C’est incertain, mais dans l’automobile, cela en a toujours été ainsi, philosophe son père. Toutefois, on craint la rentrée de septembre. Des entreprises ont souffert, beaucoup de gens ont été moins bien payés… Il y a bien un moment où ça risque de caler."

L’organisation de l’entreprise, elle, est toujours affectée par la crise sanitaire. Sur les trois salariés que comptait l’entreprise avant le confinement, l’un d’eux, dont le CDD est arrivé à échéance, n’a pas été conservé. À l’atelier, un mécanicien ne vient que quatre jours par semaine. "Le cinquième, il le passe à garder son fils, qui ne peut pas encore aller en classe tout le temps", explique Fabien Cavalié.
Toujours à cause de la baisse d’activité non prévue, le garage a contracté un prêt garanti par l’État, pour soulager la trésorerie. « Les rentrées d’argent ont diminué, mais il a fallu continuer à payer les charges habituelles », précise-t-il.

"On ne sait pas trop ce qui nous attend pour la suite, mais nous ne sommes pas les plus à plaindre, tranche Jean-Louis Cavalié. En milieu rural, les gens ont tout le temps besoin de la voiture, que ce soit pour travailler, faire les courses ou aller manger à midi."

La batterie à plat, l’épidémie mécanique de la fin du confinement

Réparation Pour certains automobilistes confinés, le 11 mai a révélé une mauvaise surprise : la voiture pas (ou très peu) utilisée a refusé de démarrer. "Ces derniers temps, nous avons changé beaucoup de batteries", assure Fabien Cavalié. L’immobilisme forcé de presque deux mois a en effet mis des batteries à plat. "En général, cette période de l’année est propice à ce genre de problème en raison du retour de la chaleur, ajoute le garagiste rignacois. Mais là, nous avons eu beaucoup plus de cas que d’habitude." Autre victime mécanique du confinement : la vanne recyclage gaz. "Elle s’est retrouvée encrassée chez des gens qui n’ont pas utilisé leur voiture ou qui n’ont fait que des petits déplacements", précise-t-il. A leur manière, les voitures ont aussi souffert de la crise sanitaire...

Guillaume Verdu
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