Education : l’Aveyron a su résoudre l’équation de la crise sanitaire

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  • Armelle Fellahi, directrice des services de l’Éducation nationale.
    Armelle Fellahi, directrice des services de l’Éducation nationale. Archives Centre Presse / José A. Torres / Archives Centre Presse
  • Plus de 80 % des élèves  ont retrouvé le chemin  des classes dans l’élémentaire.
    Plus de 80 % des élèves ont retrouvé le chemin des classes dans l’élémentaire. Archives Centre Presse / José A. Torres / Archives Centre Presse
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La plupart des établissements scolaires du département a plutôt bien géré cette période hors normes.

Tous les élèves de France et de Navarre – de la maternelle au collège – devront retourner en classe à partir de lundi prochain, 22 juin, comme l’a annoncé Emmanuel Macron dimanche soir. Une rentrée pour seulement deux semaines, qui ne fait évidemment pas l’unanimité, mais qui est jugée utile par les spécialistes des inégalités scolaires et autre pédiatres. Quoi qu’il en soit, l’Aveyron se prépare à cette nouvelle échéance "hors normes". Et cette préparation, déjà commencée dans l’attente des protocoles précis édités hier soir par le ministère de l’Éducation, se fait dans la sérénité, selon Armelle Fellahi, directrice des services de l’Éducation nationale.

"Accueillir plus d’enfants est une très bonne nouvelle"

"À partir de mesures sanitaires assouplies, nous allons pouvoir accueillir plus d’élèves, tous les élèves dans l’idéal, et c’est une très bonne nouvelle. Mais toutes les préconisations ne sont pas levées. Donc, cela n’exclut pas que certains établissements n’aient peut-être pas la capacité à retrouver l’ensemble des enfants. Nous nous adapterons au cas par cas à partir d’une approche ciblée. Soit par un système de rotation, soit, le cas échéant, par l’activation du dispositif 2S2C pour les écoles dont les communes ont conventionné. Il s’agit dans ce cadre de proposer aux enfants du temps périscolaire articulé autour des domaines du sport, de la santé, de la culture et du civisme. Nous y verrons plus clair en fin de semaine. Mais cela étant, je suis persuadé que nous allons y arriver. "

"L’Aveyron est très impliqué en matière d’éducation"

Ce sentiment au goût de certitude, Armelle Fellahi le tire des semaines qui viennent de s’écouler dans le contexte que l’on sait. Car pour la directrice des services de l’Éducation nationale, l’Aveyron a incontestablement été parmi les bons élèves du confinement et du déconfinement en matière d’éducation. "Je n’ai pas été surprise, explique-t-elle. Le département est très impliqué quand il s’agit de l’éducation. Tout le monde va dans le même sens, les enseignants, les parents, les élus locaux… On a encore pu le vérifier pendant cette crise."

Et d’évoquer dans ce sens l’investissement du corps enseignant, quasi sans faille. "Je n’ai pas de chiffres précis, mais la quasi-totalité des professeurs a répondu présent, tant dans l’enseignement à distance, qui a vraiment été très bien géré, que dans le présentiel en phase de déconfinement. Les quelques très rares qui ont été absents avaient de très bonnes raisons pour cela, de santé notamment."

Les élèves sont revenus nombreux en classe

En période de déconfinement, les enfants ont été également nombreux à reprendre le chemin des classes. Là aussi, pas encore de chiffres très précis au regard de remontées parcellaires, mais des tendances fortes qui se distinguent de certaines données nationales.

"Dans l’élémentaire, plus de 80 % des écoliers ont repris les cours sur place, note avec satisfaction Armelle Fellahi. Dans les collèges, les 6e et 5e ont été entre 50 et 70 % à faire de même et environ 50 % en moyenne pour les 4e et 3e. Au lycée, il y a eu de fortes variations de présence en fonction des jours et des établissements, et la proportion de retours en classe s’établit à un degré moindre, mais c’est normal. Il n’empêche, au 8 juin, tous les lycées du département étaient rouverts pour tous les niveaux, y compris les filières technologiques. Ce qui n’a pas été le cas partout, loin de là."

Toutes les écoles étaient rouvertes au 25 mai

Sur ce même terrain, au 25 mai, toutes les écoles aveyronnaises étaient rouvertes ; 80 % l’ont été dès le 14 mai. Cela n’a pas toujours été simple, mais Armelle Fellahi ne cesse de vanter la qualité du relationnel établi entre ses services et les élus locaux, ce qui a permis de trouver le plus souvent des solutions.

"Des craintes ont été exprimées par les collectivités au début de la crise et c’était normal, souligne-t-elle. Mais nous avons su travailler tous ensemble, les équipes municipales et départementales avec les équipes éducatives. L’objectif était de trouver des fonctionnements adaptés et nous y sommes parvenus."

Très peu de décrochages

Autre motif de satisfaction pour la directrice des services de l’Éducation nationale, le taux de décrochage très bas constaté chez les élèves aveyronnais. "Si certains territoires ont été touchés par ce problème, ça n’a pas été le cas ici, se réjouit Armelle Fellahi. Les situations de décrochages scolaires, soit des enfants qui ont disparu du dispositif, on les compte sur les doigts d’une main, peut-être des deux, mais c’est à la marge."

Tout en se préparant donc à la "nouvelle rentrée" du 22 juin, la directrice des services de l’Éducation nationale dit déjà considérer une autre rentrée, celle de septembre, qui se fera forcément dans des conditions particulières. "Nous allons devoir beaucoup échanger dans cette perspective. Il va s’agir de repositionner chacun, élèves et enseignants. Il va s’agir de dresser un état des lieux pour réussir la nouvelle année scolaire à partir de bases inédites."

François Cayla
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