Aveyron : les entreprises de nettoyage en première ligne

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  • Les normes sanitaires du déconfinement prévoient que les bungalows de chantiers doivent être lavés plusieurs fois par jour.
    Les normes sanitaires du déconfinement prévoient que les bungalows de chantiers doivent être lavés plusieurs fois par jour.
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Nécessaires à la reprise progressive depuis la fin du confinement, les sociétés de nettoyage sont fortement sollicitées pour lutter contre l’épidémie de Covid-19.

Soignants, éboueurs, caissiers… Pendant le confinement, plusieurs professions peu reconnues mais à forte utilité pour la société sont sorties de l’ombre. C’est désormais au tour des nettoyeurs de suivre cette voie. Depuis le déconfinement, ces travailleurs souvent invisibles sont fortement sollicités pour faire appliquer les mesures sanitaires. Dans les entreprises, les administrations, les chantiers ou encore les lieux publics, leur activité permet un retour progressif à la vie normale, malgré la menace du Covid-19.

Signe de leur importance : les entreprises aveyronnaises de nettoyage font actuellement face à une forte demande. "Notre activité a été essentielle à la sortie du confinement", convient Philippe Schlosser, gérant de GSN, entreprise basée à Rodez qui emploie 250 personnes. "En ce moment, nous sommes débordés", ajoute Stanislas Lipinski, son homologue de Vidimus, située à Villefranche-de-Rouergue, qui intervient en Aveyron et dans le Lot, pour le groupe Nicollin.

"Les clients nous demandent plus de passage"

"Nous n’avons pas spécialement de nouveaux clients, mais on nous demande d’effectuer plus de passages", précise Philippe Schlosser. L’un des exemples les plus marquants est celui des travaux publics, où les normes sanitaires prévoient plusieurs passages quotidiens dans les bungalows de chantier. "Nous y allons trois fois par jour, alors qu’auparavant, c’était seulement une fois par semaine", détaille Cédric Géraut, gérant de Clean Aveyron, à Rodez. Et ce ne sont pas les seuls demandeurs. Les entreprises spécialisées sont aussi sollicitées pour nettoyer des bureaux, des commerces, des restaurants ou encore des écoles et d’autres lieux publics, au fur et à mesure de la reprise de l’activité.

"De la désinfection en plus du ménage classique"

"Notre activité a un petit peu évolué, car en plus du ménage classique, nous effectuons de la désinfection", dit Nicolas Anglade, directeur de GSN. "De nouveaux protocoles ont été mis en place, ajoute Cédric Géraut. Il a fallu aussi s’équiper de virucides adéquats." Côté matériel, les entreprises ont aussi procédé à la chasse aux protections (gel, masques, visières, etc.), pour équiper leurs salariés.

Malgré une activité soutenue, les perspectives des sociétés du secteur ne sont pas totalement dégagées. D’abord, parce qu’elles sortent d’une période délicate (lire par ailleurs). Et aussi car cette hausse de la demande n’est pas toujours facile à gérer. "C’est difficile de s’organiser, car des clients réduisent d’une semaine à l’autre le nombre de passages demandés, relève le gérant de Clean Aveyron. Et puis, nous ne savons pas jusqu’à quand ces besoins de désinfection vont durer."

Stanislas Lipinski, qui intervient aussi auprès de particuliers, note pour sa part que cette période particulière se superpose à un moment de l’année où il y a une demande importante "pour les terrasses et les vitres", dans les maisons individuelles. Mais il déplore aussi l’absence de demande des Britanniques qui possèdent une maison secondaire dans la région. "Aucun n’a appelé, alors que c’est habituellement une activité importante à cette époque", dit-il, sans y trouver d’explication. "Je redoute un coup de bambou au premier semestre 2021, lance pour sa part Philippe Schlosser. Ma crainte, c’est la chute de certains clients. Plusieurs nous disent que leur situation est difficile."

Guillaume Verdu
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