Courses pédestres en Aveyron : à la recherche du temps perdu

  • Adeline, Carine et Christelle ont retrouvé les joies de la course à plusieurs.
    Adeline, Carine et Christelle ont retrouvé les joies de la course à plusieurs. Reproduction Centre Presse / / Reproduction Centre Presse
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Après les contraintes du confinement, les adeptes de course retrouvent peu à peu leurs habitudes.

La période de confinement passée a, sans nul doute, constitué un accélérateur de pratique de la course à pied. L’Aveyron n’a pas dérogé à la règle, chacun a pu le constater. Cela relève d’ailleurs d’une forme de paradoxe : alors que les compétitions ont connu un coup d’arrêt brutal, le nombre de pratiquants a crû de façon exponentielle. Les raisons de cet engouement se sont confondues avec les réalités nouvelles liées à la crise. Certains se sont donc lancés alors que d’autres n’ont fait que poursuivre, sous des formes adaptées, une pratique.

Être dans l’air du temps…

C’est entendu : le confinement, une fois le premier choc passé, a été propice à la pratique de la course à pied. Exemple avec cet habitant d’une commune de l’agglomération ruthénoise : "Je suis cycliste au départ. Compte tenu des contraintes fixées par la situation sanitaire, la course à pied représentait à peu près la seule option au niveau de la pratique physique. Je me suis donc dit, presque naturellement, que j’allais tenter l’aventure." Il faut dire que sa commune de résidence est irriguée par de nombreux chemins agricoles. L’aventure était donc aux bords du chemin !

Mais, attention, changer d’activité n’est pas aussi simple. "J’ai eu envie d’accélérer afin de retrouver certaines sensations mais j’ai rapidement eu des douleurs tendineuses, reconnaît le néo-converti. Du coup, j’ai un peu levé le pied en tentant avant tout de profiter de la nature. Surtout avec le temps magnifique qui régnait sur le département en mars et en avril !" Une question s’est donc posée dès la levée des premières restrictions autorisant à nouveau la pratique du vélo : allait-il poursuivre la course à pied ? "J’ai pris un réel plaisir à découvrir cette pratique qui est bien adaptée à notre territoire avec, au départ de n’importe quelle commune de l’agglomération ruthénoise, une multitude de chemins, dit-il. Pour la suite, je compte alterner cyclisme et course à pied en me fixant, pourquoi pas, un objectif à l’automne. Un semi-marathon, peut-être…"

Prendre du temps pour soi

Autre lieu, autre contexte : le parc de Vabre en ce début de mois de juin et trois amies, coureuses régulières avec une à deux séances hebdomadaires toute l’année. Adeline, Carine et Christelle sont heureuses de pouvoir à nouveau courir côte à côte. "Mais dans le respect des règles de distanciation !", rappellent-elles. Tout cela dans l’attente de la reprise éventuelle des entraînements collectifs avec le groupe de l’Athlé loisir du Stade Rodez athlétisme. Toutes trois disent avoir continué à courir pendant le confinement. "En fait, je n’ai pas vraiment eu envie de courir au tout début. Je trouvais que j’étais trop restreinte dans mes sorties par rapport au fameux kilomètre autour du domicile. Mais, cela n’a pas duré longtemps. Je me suis adaptée aux circonstances en tentant de varier les allures", dit Adeline, kinésithérapeute à Sébazac. Pour Christelle, enseignante en lycée, "courir, même dans des conditions exceptionnelles à de maints égards, m’a permis de retrouver, le temps de la sortie, ma vie d’avant. Cela constituait une forme de retour temporaire à la normalité !" La dernière acolyte, Carine, enseignante également mais en primaire, reprend : "L’aspect un peu compliqué a été de limiter mes sorties à certaines rues car j’habite en ville. Cependant, courir, sans objectif particulier, juste pour le plaisir, a été très agréable pour passer cette période parfois difficile."

Toutes trois reconnaissent un plaisir certain à se retrouver à nouveau. Le parc de Vabre, lieu de leur rendez-vous, voit d’ailleurs affluer à nouveau les pratiquants.

Avoir le temps

S’il est un lieu qui a été le témoin de l’engouement pour la course à pied, c’est bien le centre-ville de Rodez et les rues alentour. Ce que confirme Nicolas Teffo, athlète bien connu pour régulièrement truster les podiums : "J’ai changé mes habitudes et avancé l’horaire de mes séances avec un départ quotidien aux alentours de 6 h 30. Le fait de poursuivre mon activité professionnelle en télétravail m’a permis d’adapter mes horaires. Même à des heures aussi matinales, j’ai croisé de nombreux coureurs, plus ou moins experts, avec une forte représentation féminine."

Son objectif a surtout été de maintenir son niveau de forme dans l’attente de la refonte du calendrier. S’il a pris du plaisir en continuant à courir quotidiennement, il reconnaît certaines contraintes. "J’ai dû courir à jeun, ce que je ne fais que rarement en temps normal et donc modifier mes séances en supprimant par exemple le fractionné, dit-il. Le corps étant une magnifique machine, il s’est rapidement habitué à cet impératif supplémentaire." Il espère que cette période, vécue comme une parenthèse dans l’habituel enchaînement de compétitions, lui sera bénéfique à long terme.

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