L’appel du 18 juin : "Un acte fondateur de la Résistance"

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  • La figure du général de Gaulle ne s’est pas immédiatement imposée en France.
    La figure du général de Gaulle ne s’est pas immédiatement imposée en France. Images Vincent Besombes. / Images Vincent Besombes.
  • Vincent Besombes, président du comité de Rodez du Souvenir français et délégué général pour le département de l’Aveyron du Cercle Jean Moulin Tarn-et-Garonne/Aveyron.
    Vincent Besombes, président du comité de Rodez du Souvenir français et délégué général pour le département de l’Aveyron du Cercle Jean Moulin Tarn-et-Garonne/Aveyron.
  • La reproduction de l’appel du 18 juin, lancé par le général de Gaulle depuis Londres.
    La reproduction de l’appel du 18 juin, lancé par le général de Gaulle depuis Londres.
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Il y a 80 ans, résonnait l’appel du général de Gaulle qui prononçait son discours au micro de la BBC, à Londres. Ce discours a fédéré les Français qui ont souhaité poursuivre le combat. Mais, à l’époque, faire le choix de traverser la Manche n’avait rien d’évident.
 

Même si l’appel du 18 juin a été très peu entendu, il reste l’acte fondateur de la Résistance. " Pour Vincent Besombes, président du comité de Rodez du Souvenir français, le célèbre discours du général Charles de Gaulle au micro de la BBC, rendu possible grâce à l’appui de Winston Churchill, s’inscrit dans un contexte très particulier.

Celui d’une France qui a vacillé sous les assauts de l’armée allemande, d’un pays traumatisé qui s’est très vite tournée vers une figure rassurante, incarnant les victoires de la Grande Guerre, celle du maréchal Philippe Pétain.

De plus, peu de journaux retranscrivent les paroles d’un général dont le visage reste inconnu du public. "D’ailleurs, le général de Gaulle a prononcé un nouvel appel beaucoup plus connu le 22 juin 1940, jour de l’armistice, explique Vincent Besombes. Cet appel a été filmé et c’est lui que l’on connaît. Son contenu a été légèrement modifié par rapport à l’appel original du 18 juin."

"Les temps étaient très durs"

En Aveyron, comme ailleurs, la figure de ce général exilé à Londres ne s’est pas immédiatement imposée dans l’opinion publique. En juillet, ils seront un millier à avoir rejoint De Gaulle à Londres.

De plus, le gouvernement français, alors que De Gaulle a agi sans aucun ordre de mission, choisi d’annuler sa promotion au grade de général puis de le mettre à la retraite avant son jugement devant un conseil de guerre qui le condamne à quatre ans de prison et à la perte de sa nationalité française, le 4 juillet. Un mois après, l’attaque par les Britanniques de la flotte française à Mers-el-Kébir – qui fera près de 1 300 tués côté français – aura des conséquences dramatiques sur l’aura du Français exilé à Londres. "Il était perçu comme un traître par beaucoup", raconte Vincent Besombes.

"Et puis, ici, la guerre était loin, poursuit le président du comité de Rodez du Souvenir français. La principale préoccupation des gens était de trouver de quoi se nourrir leur famille. Les temps étaient très durs. Une poignée d’Aveyronnais sont partis rejoindre le général peu après cet appel. Les choses ont changé lorsque les Allemands ont franchi la ligne de démarcation le 11 novembre 1942, en réaction au débarquement des alliés en Afrique du Nord."

Réfractaires

Alors, pourquoi les Français ont-ils été de plus en plus nombreux à rejoindre les rangs de la Résistance ? "Il y a eu la mise en place du Service du travail obligatoire (STO), les réfractaires ont été nombreux à rejoindre le maquis. D’ailleurs, en Aveyron les maquis ont grossi significativement à ce moment-là, précise Vincent Besombes. Puis, la promulgation des lois d’exception à l’égard des juifs, la création de la milice française, etc. Toutes ces actions du gouvernement de Vichy ont conduit de plus en plus de Français à prendre le chemin de la Résistance."

Mais pour le président du comité de Rodez du Souvenir français, "choisir de suivre le général de Gaulle plutôt que le maréchal Pétain nous semble être un choix logique et très simple dans nos vies d’hommes et de femmes d’aujourd’hui". "Mais le choix aurait-il été aussi facile et évident dans l’Aveyron des années quarantaine ?", s’interroge-t-il.

Philippe Henry
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