La pomme de terre est comme les Frayssinet : incontournables sur le marché de Villefranche

  • Christian Frayssinet est  au marché comme chez lui.
    Christian Frayssinet est au marché comme chez lui. HL / Reproduction Centre Presse / HL
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Depuis 70 ans maintenant, la famille Frayssinet vend des pommes de terre sur le marché de Villefranche. Fidèle au poste, Christian, le benjamin de la famille, qui a repris l’entreprise créée par son père, arrive tous les jeudis matin à 7 h 30 sur le marché pour y vendre ses pommes de terre, cultivées sur le Ségala, à Castanet.

Une histoire de famille… et de chiffre 7 ! C’est en 1950, l’année de son mariage, que son père, Paul Frayssinet, commence à vendre des pommes de terre sur le marché de Villefranche : n’ayant qu’une petite ferme et quelques vaches, il est aussi négociant, et se déplace de ferme en ferme pour vendre des engrais. Il passe petit à petit de 1 ha de cultures à 4 ha au début des années 90. Né le 7 du mois d’une année en 7, Christian est le 7e enfant d’une fratrie de 7 : et pour rester dans les 7, il fête cette année les 70 ans de présence de la famille sur le marché.

Depuis son installation en 1991, il a fait le choix de se spécialiser dans la production et la vente de pommes de terre : il produit actuellement, sur 6 à 7 hectares selon les années, 5 variétés : Mélody (c’est comme les bintje, ça tient dans le temps) ; Monalisa (à chair tendre et fondante, elles se consomment sous toutes les formes) ; Colomba (des hâtives à chair ferme, polyvalentes) ; Challenger (à chair farineuse, très savoureuses, pour frites et purée) ; Marabel (polyvalentes, à chair très jaune, particulièrement appréciées en frites ou cuites au four). De quoi satisfaire toutes les demandes, toute l’année !

Agriculture raisonnée

Finis les produits antigermes ! Pour améliorer les conditions de travail, et répondre à l’évolution de la demande des consommateurs, qui réclament des produits locaux de qualité, non traités, Christian Frayssinet a investi en 2012 dans l’installation d’un hangar réfrigéré pour stocker sa production : maîtriser température, ventilation, niveau de CO2, éclairage, lui évite d’utiliser des produits chimiques. S’il ne tient pas à l’étiquette bio, il poursuit sa quête de qualité. Pour limiter l’emploi d’engrais chimiques, il utilise le fumier de ses vaches allaitantes, des Blondes d’Aquitaine, pour fertiliser les terres. La viande de veau qu’il produit est vendue sous le signe de qualité Label Rouge, Veau de l’Aveyron et du Ségala.

Quand on achète des pommes de terre, on ne pense pas toujours au travail qui se cache derrière : préparer la terre, planter, fertiliser, surveiller la pousse, sulfater, récolter, trier, trouver des marchés, livrer…

Entreprise familiale

Ces diverses activités, alliées à la gestion d’un cheptel, occupent à plein temps l’éleveur et producteur : le tri, qui consiste à remplir les sacs en vérifiant l’état de la marchandise et en respectant le calibre 42, et la mise en sacs réunissent souvent trois générations de Frayssinet, pour un travail en équipe où chacun participe en fonction de son âge et de ses capacités. Les chargements quittent ensuite la cave familiale pour des livraisons aux restaurants de la région, aux revendeurs, mais aussi aux particuliers qui en font la demande.

Connu de tous sur le marché, Christian tient à son emplacement, situé au bas du marché, à la pointe du petit parking de la place du Saint-Jean : il faut en effet que les acheteurs puissent accéder facilement à son camion, pour pouvoir directement charger les sacs dans leur voiture. Les habitués viennent à tour de rôle acheter un sac de 5, 10 ou 25 kg…

Question de confiance

Une vieille dame vient tous les jeudis de Figeac, et profite de l’aide de ce producteur si serviable pour caser dans le coffre de sa voiture les marchandises achetées sur le stand voisin ; Papinou, figure du marché, garde le stand pendant que Christian l’aide et échange les nouvelles du jour avec un autre client… Un "Salut Castanet" fuse, suivi d’un "Christian, tu me mets un 5 kg de côté, je passe après ?"

La confiance est palpable : on lui tend un chèque signé mais non libellé… La convivialité du marché, ce sont ces liens tissés au fil des jeudis, au fil des années : après la période de confinement, ces échanges retrouvés soulignent toute l’importance des rapports humains dans l’achat des produits de première nécessité. Quand on vient sur le marché, on fait plus que venir acheter des patates ou des produits frais : on flâne, on prend son temps, on partage, on échange, on cultive le goût de l’authentique…

"Je suis né dedans"

C’est d’ailleurs l’aspect relationnel qui plaît par-dessus tout à Christian lorsqu’il vend sur le marché : le travail de la terre est un travail rude et le plus souvent solitaire. Le marché du jeudi, c’est un temps précieux de dialogue et de communication.

Quand on lui demande pourquoi ce choix de vendre des pommes de terre, Christian répond sans hésitation : "D’abord, je suis né dedans ! Et puis, c’est une production végétale, qui offre l’avantage d’une organisation personnelle plus libre et s’allie bien à une production animale. Enfin, j’aime le contact avec les autres, et suis pour cette raison très attaché à la vente sur le marché. Si durant le confinement le marché avait stoppé et les restaurants avaient fermé, la vie reprend et c’est très bien ainsi."

La pomme de terre, un incontournable, non ?

Hélène Lecarme
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