L’accueil d’urgence par temps de Covid-19

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  • La directrice s’inquiète du respect de règles de déconfinement.	Eva tissot
    La directrice s’inquiète du respect de règles de déconfinement. Eva tissot
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L’association Trait d’union a confiné, puis déconfiné une vingtaine de personnes en grande difficulté. Récit de cette période difficile avec la directrice Nathalie Bertrand.

L’épisode de confinement Covid a été une période beaucoup plus simple que celle actuelle du déconfinement", raconte, les traits un peu tirés, la directrice du centre d’hébergement d’urgence millavois. La structure a dû mettre en œuvre un plan de confinement, le nombre de salariés présents a été diminué à deux salariés maximum. "On était toujours en doublure pour pouvoir gérer les situations de tensions. On a interdit toute sortie, même pour aller acheter du tabac. Les usagers nous donnaient de l’argent pour que l’on leur fasse quelques petites courses", raconte la directrice. En tout début de la période de restriction de déplacement, Trait d’union a dû exclure deux personnes qui refusaient de se plier aux règles sanitaires.

"On a été très stricts sur toute cette période-là"

"Au regard des publics accueillis, entre les lits acte soin santé et des publics très fragiles, on a été très stricts sur toute cette période-là", poursuit-elle. Cela a impliqué la fermeture de l’accueil de jour. "Nous ne pouvions plus laisser entrer ceux qui venaient juste prendre une douche ou boire un café. On ne peut pas mettre en confinement des personnes et accepter en même temps le tout-venant dans la salle commune", explique-t-elle. Pour les personnes qui n’avaient pas d’accès aux douches, l’association a distribué des kits d’hygiène constitués de lingettes. "Nous avons aussi poursuivi la veille sanitaire pour voir s’ils étaient en bonne santé sans symptômes de Covid-19", dit-elle. Pour les plus récalcitrants à devoir supporter une vie en collectivité ou dans l’éventualité ou il n’y aurait plus de places, l’État avait installé un pôle d’accueil à Najac, en Nord-Aveyron.

"Ils ont pris la mesure du risque"

"Il n’y a pas eu de cas de Covid. S’il y avait un risque ici, cela venait plus de l’équipe que des gens hébergés ici, souligne Nathalie Bernard. À mon grand étonnement, les gens hébergés ont vraiment bien respecté le confinement. Ils ont pris la mesure du risque, de leur état de fragilité, voire de la possibilité de contaminer d’autres personnes extrêmement fragiles qui étaient, elles aussi, logées dans les locaux." Sur les dix-sept lits, deux ont été supprimés dans les chambres triples, pour éviter trop de promiscuité. Quinze personnes étaient présentes en moyenne dans le bâtiment au 50, avenue Martel, tout au long de la période de restriction des mouvements. "Deux chambres de confinement ont été réservées pour les primo-arrivants, ils restaient dans la pièce pendant 14 jours et pouvaient ensuite rejoindre le groupe s’ils n’avaient pas de symptômes", précise Nathalie Bertrand. Quatre personnes ont eu accès à l’hébergement par ce biais-là. Ce qui inquiète la directrice aujourd’hui, c’est le respect des règles de déconfinement. "Il y a un relâchement général et comme il y a plus de circulation, nous avons dû, pour protéger tout le monde, rendre obligatoire le port du masque au sein de l’établissement." Le protocole de déconfinement est plus difficile à faire respecter.

Sur la période du confinement, le centre d’accueil de l’association Trait d’union a dénombré, sur le secteur millavois, douze personnes concernées par la veille sanitaire, dont cinq en grande difficulté : onze hommes et une femme. Des kits d’hygiène, constitués de lingettes, ont été distribués pour les personnes ne pouvant pas accéder à la douche. Des tickets repas ont aussi été distribués pour les soutenir. Les maraudes ont été maintenues pour distribuer ces kits et effectuer une veille sanitaire. L’association a également distribué des masques en tissu cousus par des coutières millavoises bénévoles en soutient à cette structure médico-sociale.

CORRESPONDANT
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