Des études pour aller vers des hôpitaux plus écologiques

  • Camille Devroedt est ingénieure en génie énergétique et environnement pour Saint-Affrique et Millau.
    Camille Devroedt est ingénieure en génie énergétique et environnement pour Saint-Affrique et Millau. A. C. / A. C.
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Camille Devroedt, ingénieure, a été recrutée sur les hôpitaux de Millau et Saint-Affrique pour mener un audit. Rencontre.

Camille Devroedt, ingénieure en génie énergétique et environnement, a été recrutée à la mi-mars sur les hôpitaux de Millau et Saint-Affrique, pour mener un travail d’audit et "développer une politique développement durable", au sein des deux structures du Sud Aveyron. Rencontre.

Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez aujourd’hui ?

Je travaille sur la performance et la sobriété énergétique. On mène une réflexion sur le changement des chaufferies pour qu’elles soient plus économes en énergie, sur l’isolation des réseaux pour limiter les pertes de chaleur. Le but est d’identifier les axes d’amélioration et de trouver des systèmes les plus économes possible.

N’y a-t-il pas quelque chose à faire sur la pollution faite par les médicaments ou les services aux traitements "plus lourds" dans les hôpitaux ?

Il existe des modes de traitement, à partir du moment où vous avez un service avec une activité très conséquente comme de la radiothérapie. Il n’est pas possible de déverser dans l’eau usée toutes les eaux de ces services qui ont un système d’évacuation spécifique. Toutes ces eaux sont conservées dans des cuves de décontamination pour qu’elles perdent de leur radioactivité. Mais l’activité de radiothérapie reste relativement minime ici en Sud-Aveyron. C’est un axe sur lequel nous allons travailler dans le cadre d’un comité de pilotage développement durable qui va être lancé début juillet pour structurer les axes de travaux autour de l’énergie, la restauration et notamment le gaspillage alimentaire, l’alimentation locale, la gestion du déchet, leur valorisation, le recylcage...

Quels sont les autres axes sur lesquels vous travaillez ?

Les médicaments sont l’une des premières sources de pollution, mais il y a aussi les déplacements : l’accessibilité au soin comme la facilité de prendre son poste, pourquoi pas mettre en place des systèmes de covoiturage.

Les horaires de bus ne sont pas forcément compatibles avec les consultations.

L’un des troisièmes axes est d’étudier les effets aussi des gazs anesthésiants utilisés dans les hôpitaux qui ont des pouvoirs réchauffants très forts.

Un travail va être engagé prochainement avec les pharmacies de Millau et Saint-Affrique, pour discuter avec eux sur leur gestion des stocks, des retours, des emballages et des prescriptions de médicaments. Un audit sera engagé sur tout ce qui touche aux soins et aux différentes pratiques professionnelles qui sera réalisé j’y tiens, en concertation avec les différents acteurs du territoire : les agriculteurs, les associations, il faut que les gens du terrain deviennent acteurs dans ce projet qui est ouvert à ceux qui veulent s’y investir.

N’y a-t-il pas un partenariat à faire avec des producteurs locaux en termes d’alimentation ?

Il y a deux problématiques qui se posent : le soucis de l’offre et la demande. Si demain on devait fournir tout l’hôpital en bio, pas sûre que les agriculteurs seraient en capacité de fournir autant que la demande de l’hôpital.

À Grenoble, ils produisaient 10 000 repas par jour, je ne sais pas combien ils en produisent ici. Ensuite, il y a aussi la problématique du coût qui est considérable, allant parfois de 30 à 40 % supplémentaire. Les achats sont régis à l’échelle du Groupement hospitalier territorial (GHT) qui a le dernier mot là-dessus. C’est un travail qui se fait en concertation avec Montpellier.

Comment percevez-vous le projet de construction d’un nouvel hôpital médian ?

Didier Bourdon, administrateur provisoire des deux structures du Sud-Aveyron intervient : des CHU ont fait l’objet d’une optimisation de leur taille. L’enjeu ici en Sud-Aveyron est surtout de faire venir des médecins pour qu’il y ait moins d’habitants qui aillent à Montpellier ou ailleurs. L’impact environnemental sera réduit, vu qu’ils seront davantage soignés sur place.

Aujourd’hui, c’est pénible pour une personne âgée ou autre de se rendre jusqu’à Montpellier. Le projet médical du Sud-Aveyron, quelque soit la forme qu’il prendra, aura un impact positif sur la réduction des transports.

aurore cros
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