Le tour de l'Aveyron à scooter - étape 1, épisode 1 : faire le Mur, de Barrez en Bromme

  • Sur la route, vers Lacroix-Barrez.
    Sur la route, vers Lacroix-Barrez. LR / / LR
  • A Brommat, suivez les poissons.
    A Brommat, suivez les poissons. LR / / LR
  • Linette, la 5e génération à la tête de l'auberge des Barrages.
    Linette, la 5e génération à la tête de l'auberge des Barrages. LR / / LR
  • Sur le drôle de fortin de Mur-de-Barrez.
    Sur le drôle de fortin de Mur-de-Barrez. LR / / LR
  • A Mur, quel sentier de l'imaginaire prendre ?
    A Mur, quel sentier de l'imaginaire prendre ? LR / / LR
  • La Bromme dit-on guérit tous maux de pied.
    La Bromme dit-on guérit tous maux de pied. LR / / LR
  • Mur-de-Barrez, la toute petite cité.
    Mur-de-Barrez, la toute petite cité. LR / / LR
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Ce tour de l'Aveyron part à l'aventure sur les petites routes du département, défiant chaleur, pluie et pépins mécaniques, à la rencontre de beaux paysages et de belles gens. Où l'art de se déconfiner en douceur.
Six étapes tous les dimanches du 19 juillet à fin août, et six épisodes par étape sur le site de Centre Presse, du lundi au samedi.
On a fait le plein, le moteur démarre, un coup de klaxon et c'est parti !
 

Le décollage vers les hauteurs du Nord-Aveyron s'est fait par Entraygues. Direction Mur-de-Barrez, l'endroit où je pensais bivouaquer avant de m'élancer le lendemain du château de Messilhac, dans le Cantal, pour débuter ce tour de l'Aveyron. Mais le hasard trace d'autres routes…

A Mur, on traverse cette vieille « ville minuscule », comme dit Martine Segard, la correspondante qui me donnera quelques pistes à suivre. De préférence, pour ne pas dire toujours, les petites routes, voire les chemins, hors des sentiers battus et rebattus.

Au bout du village-ville de Mur, on grimpe vers l'esplanade du château. Mais le château, en fait, c'est une espèce de petit Fort Alamo en bois, aux douves emplies de rondins et de plastique noir. Après l'on aperçoit d'un côté deux chevaux qui discutent, de l'autre quelques pans des fortifications d'un château véritable, qui dut bien exister dans les temps médiévaux, mais qui aujourd'hui n'est à peine un peu plus qu'un tas de pierre. Mais le village et beau et la vue magnifique.

Le temps encore pour une petite balade. Allons voir plus loin, à 8 km, à Lacroix Barrez. Joli village, mais comme l'heure est venue de trouver où bivouaquer, pas d'hôtel. On nous indique alors Brommat, environ 6 kilomètres. Jolie petite route, j'adore tout ce qui est petit. Nez à nez avec l'auberge des Barrages, et sa patronne Linette (enfin là, c'est plutôt nez à masque). Elle, c'est la 5e génération qui tient ce commerce, de mère en fille, depuis 1888, quand l'auberge servait de relais chevaux. Elle, cela fait 43 ans qu'elle tient l'établissement, les chevaux moteur ont remplacé les canassons, et elle a eu son heure de gloire quand elle est passée il y a quelques années dans le journal de TF1. Après, « de mai à septembre, les transports de bus d'Espalion m'ont amené 28 cars de touristes ! ». La gloire. Mais ce que Linette aime, c'est chanter, et danser. Ce qu'elle fera peut-être par goût puisqu'elle s'apprête à passer la main. Car cette famille d'hôteliers est aussi une famille de musiciens, voire d'artistes, dit-elle, des parents qui tâtaient l'accordéon, un fils qui joue aussi, un autre qui fait du cinéma à Paris… Elle me raconte aussi d'autres histoires, celle de son employé soudanais, un réfugié. « Je voulais faire quelque chose d'utile… Pour pouvoir faire venir sa femme et son enfant, il lui fallait un contrat d'un an. L'année est passée, mais... il y a eu le Covid, et la femme et l'enfant ne sont toujours pas là ».

Il y a deux réfugiés soudanais à Brommat dans ce cas. Un village qui connut une population venue des quatre coins de l'Europe et d'ailleurs il y a près d'un siècle, arrivée ici pour construire les barrages, dont celui de Sarrans. Brommat est fortement imprégné de cette histoire, un circuit dans le village vous conte cette histoire. Mais il y a eu d'autres histoires ici que des histoires industrielles. Linette me parle ainsi du petit pont vers Saint-Anthime, dont l'eau de la rivière Bromme était censée guérir de tous les maux des pieds, et surtout les pied-bots. « Cela fait 15 années que l'on ne m'avait pas parlé de ce pont », dit Linette, qui elle s'en souvient, comme du pélerinage de Lez, vers Taussac, tous les mois de septembre.

Laurent Roustan
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picosel Il y a 25 jours Le 14/07/2020 à 16:06

il y en a qui le font à vélo ....