Le tour de l'Aveyron à scooter - étape 1, épisode 4 : chez les chercheurs de la « Bleue » du Cayrol

  • Lucas et Renaut, chercheurs de Bleue, et Claire, première stagiaire.
    Lucas et Renaut, chercheurs de Bleue, et Claire, première stagiaire. LR / / LR
  • Vers le plateau de la Viadène.
    Vers le plateau de la Viadène. LR / / LR
  • De Cuzuel, une randonnée vers les ardoisières.
    De Cuzuel, une randonnée vers les ardoisières. LR / / LR
  • En se perdant sur un chemin.
    En se perdant sur un chemin. LR / / LR
  • Sur la route.
    Sur la route. LR / / LR
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Ce tour de l'Aveyron part à l'aventure sur les petites routes du département, défiant chaleur, pluie et pépins mécaniques, à la rencontre de beaux paysages et de belles gens. Où l'art de se déconfiner en douceur.
Six étapes tous les dimanches du 19 juillet à fin août, et six épisodes par étape sur le site de Centre Presse, du lundi au samedi.
On a fait le plein, le moteur (re)démarre, un coup de klaxon et c'est (re)parti !
 

Après quelques jours, complète révision du scooter, retour à Espalion pour un deuxième départ de cette première étape en passant par Coubisou. En évitant le Cayrol, on rejoint la D921 direction Laguiole, mais après la Vitarelle, on bifurque sur la gauche pour s'enfoncer dans la campagne, vers le plateau de la Viadène. Objectif, rejoindre les ardoisières du Cayrol, qui viennent de reprendre vie. A la sortie du hameau de Cuzuel, un panneau signale qu'une boucle de randonnée entre Cuzuel et Anglars vous invite sur le chemin des fameuses ardoisières, qui employaient quelque 300 ouvriers en des temps que l'on croyait totalement révolus. Jusqu'à ce mois de mai, juste après le confinement, où deux ouvriers Lucas et Renaut, se sont attelés d'abord en remettre en état une carrière à ciel ouvert du site du Cayrol. Juste avant le confinement, Léo Macary, un couvreur rodellois, et Jean-Michel Puech, de la société EGTP, une entreprise de travaux publics espalionnaise, se sont associés pour reprendre la concession d'exploitation de cette ardoisière, qu'ils baptisent « La Bleue du Cayrol ». En embauchant dans la foulée Lucas, un Lozérien, et Renaut, de Montézic, comme ardoisiers lauziers.

Préférant ménager ma monture, c'est à pied que j'ai pris le chemin conduisant à l'ardoisière, et après une heure et demi de marche moyennant quelques erreurs d'aiguillage (d'où l'importance de suivre les balises lors d'une randonnée, tête en l'air que je suis), me voilà rendu à la carrière exploitée. Renaut et Lucas sont encore occupés à cliver quelques ardoises, c'est à dire à les fendre en suivant le sens naturel des couches de roche, à les dégrossir et à les ranger dans des cages de bois. Cette semaine, ils sont accompagnés de Claire, une étudiante en géologie venue en stage ici. Presque au bout du monde. Dans un campement digne des chercheurs d'or du Klondyke. « En dessous, dit Lucas, les anciens ont creusé des tunnels pour aller chercher les veines, mais aujourd'hui, on ne peut plus les exploiter. »

Cette semaine, les deux « chercheurs de Bleue » recevront l'aide d'une « tailleuse », une machine qui taillera les ardoises et les trouera pour les rendre prêtes à être posées sur les toits de l'Aveyron et d'ailleurs. La tailleuse sera alimentée par des panneaux solaires déjà disposés au sommet de la colline. Et la dynamite entrera en action pour dégager au mieux les veines exploitables. Mais ça aussi, c'était comme dans le temps.

Le journée se termine, et Renaut, Lucas et Claire me ramènent au scooter qui m'attendait sagement à l'ombre, à la sortie de Cuzuel.

Je mets la clé de contact, la tourne, j'appuie sur le démarreur : le moteur du scooter se met en branle sans problème. La panne semble une vieille histoire. Mais en présence de lauzes ou d'ardoises, pourquoi voudriez-vous qu'il m'arrive une tuile ?

 

Laurent Roustan
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