Suivez le guide : on a marché sur l’Aubrac

Abonnés
  • Gonzalo Diaz, guide et pionnier des randonnées sur l’Aubrac, montre la voie à suivre.
    Gonzalo Diaz, guide et pionnier des randonnées sur l’Aubrac, montre la voie à suivre. O.C. / O.C.
  • Suivez le guide
    Suivez le guide O.C. / O.C.
  • Le tour de magie
    Le tour de magie O.C. / O.C.
  • Quand la relève redonne vie au buron
    Quand la relève redonne vie au buron O.C. / O.C.
  • La gentiane au coeur d'un ancien volcan
    La gentiane au coeur d'un ancien volcan O.C. / O.C.
Publié le / Mis à jour le S'abonner

Sur les pas de Gonzalo Diaz, responsable de la station de Brameloup en hiver, il est l’été accompagnateur en montagne sur son terrain de jeu et terre d’accueil du plateau de l’Aubrac. Ici sur le versant Lozérien en résidant à Saint-Urcize.

Au pied du buron de la Treille situé à 1 335 m d’altitude, à quelques encablures du buron de Born, le vent qui souffle ce matin-là, est trompeur. Gonzalo Diaz, accompagnateur et pionnier des randonnées sur l’Aubrac au mitan des années quatre-vingt, est mon guide. Une randonnée personnalisée liée au coronavirus et aux températures caniculaires qui s’abat en plaine et refroidit sans doute quelques marcheurs. Nous sommes au cœur de l’Aubrac avec une vue panoramique sur le plateau de la Margeride, le mont Lozère et le Sancy. Le signal de Mailhebuau, 1 469 m, plus haut sommet d’Aubrac nous fait face. "J’aime faire cette rando qui n’est jamais la même, un condensé de géologie et d’agro-pastoralisme", résume Gonzalo Diaz. Sous nos pieds, la flore offre une palette de couleurs et d’odeurs. La gentiane en ce début d’été est reine. Dix ans, apprenons-nous, lui est nécessaire pour fleurir. Gonzalo arrache un bout de racine pour faire goûter son amertume. Au milieu de ces plantes aromatiques, la randonnée se poursuit en descendant vers le Bès qui prend sa source justement au signal de Mailhebuau. Le vent dans les hêtres donne l’impression d’entendre la rivière. L’escapade bucolique ne doit pas faire oublier où l’on pose ses pieds car les herbes hautes cachent les tourbières. L’Aubrac est n’est pas qu’un havre de paix tout comme l’image de pureté. "Il faut casser les idées reçues, il y a aussi de la pollution sur l’Aubrac, il faut rester vigilant." Dans cette quête du juste équilibre, le guide fait passer le message en donnant goût de revenir arpenter le plateau. C’est l’appel de l’Aubrac. Un épervier tombé du ciel, vole au-dessus de nos têtes, comme pour nous indiquer le chemin du retour. Déjà.

Un champ de 1 300 plantes et fleurs

"La petite musique d’Aubrac" comme dit Gonzalo Diaz, trottait dans sa tête alors qu’il étudiait à Montpellier. On comprend pourquoi à la vue de la de la beauté des paysages, la profusion des plantes et fleurs sur le plateau. Cette diversité en fait sa richesse. Pas moins de 1 300 plantes aromatiques, médicinales et fleurs sont répertoriées. Mais s’amuser à faire sa mixture est risqué, certaines sont mortelles !

Le tour de magie

Ce n’est pas seulement pour amuser la galerie mais surtout pour sensibiliser à l’environnement que Gonzalo effectue un tour de magie. Il cueille d’un coup un lézard ou une grenouille qu’il pose à l’envers dans sa main quelques instants. Et comme par magie, l’animal ne bouge plus. Comme endormi. Le secret est tout simple : cela marche avec les animaux à sang froid qui, une fois réchauffés au creux de sa main, se sentent bien et ne partent plus. Cela marche également avec les randonneurs qui ont écouté le guide.

Quand la relève redonne vie au buron

Le buron de la Treille, commune des Salces en Lozère, est le seul à fabriquer du fromage laguiole AOP. On y trouve deux fils de Gonzalo, Ugo et Lilian ci-contre, à l’heure du pressage. L’occasion de joindre l’utile à l’agréable en dégustant un morceau de fromage après l’effort. Et une belle renaissance du patrimoine. Ces jeunes effectuent même la traite directement au pâturage. Il ne reste plus qu’à attendre le retour des brebis, présentes avant les bovins l’Aubrac.

La gentiane au cœur d’un ancien volcan

La gentiane est l’attraction mais il y a aussi le serpolet, drosera, sistre (emblème de la Maison Bras), genêt, séneçon, brunelle… Une apicultrice du Gard a posé ses ruches pour profiter de cette biodiversité, en particulier du chardon, très bon pour les abeilles. Sangliers, chevreuil, loup, rapaces… font aussi vivre le plateau. Basalte puis de grosses roches en granite rappellent qu’il y a neuf millions d’années, les volcans étaient présents.

Le bureau des accompagnateurs des monts d’Aubrac organise des randonnées quotidiennes tout l’été sur divers lieux et donc diverses thématiques. Les groupes sont limités à neuf personnes permettant d’échanger et de prendre le temps. Renseignements au 06 07 08 66 04.
Olivier Courtil
Voir les commentaires
Réagir