Sud-Aveyron : "Faucher, c’est une tribune pour alerter les autorités sanitaires"

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  • Marie Gangneux est coprésidente d’Alterna’Bio, mais aussi investie dans la cause des Faucheurs volontaires.
    Marie Gangneux est coprésidente d’Alterna’Bio, mais aussi investie dans la cause des Faucheurs volontaires. A. C.
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Marie Gangneux revient sur ses actions anti-OGM chez les Faucheurs volontaires.

Le 17 juillet 2019, Marie Gangneux, coprésidente d’Alterna’Bio à Saint-Affrique, a participé à un fauchage de champs de tournesols dans la Drôme. Une opération menée par les Faucheurs volontaires visant à éliminer les nouveaux OGM classés VrTH, établis par mutagénèse, interdits à la commercialisation depuis le 7 février 2020. Elle était convoquée, ce vendredi, devant la gendarmerie de Saint-Affrique.

Pourquoi étiez-vous convoquée vendredi à la gendarmerie ?

J’étais convoquée car j’ai participé à un fauchage de plans OGM dans la Drôme. C’était des plans de tournesols qui font partie de la catégorie des nouveaux OGM, les VrTH, où la technique ce n’est pas la transgénèse où l’on prend un gène dans une espèce ou un organisme vivant pour l’introduire dans un autre, mais là c’est de la mutagenèse : l’idée c’est de prendre une plante, la stresser par des rayons ou envoyer des herbicides pour voir laquelle survit et on la multiplie. C’est une sélection accélérée. Ces plantes deviennent ensuite VrTH : Variétés rendues tolérantes à un herbicide. Elles sont plus contaminantes que des plantes classiques. On est aussi obligé de racheter des semences chaque année.

Depuis quand ces plantes classées VrTH sont-elles illégales ?

Depuis le 7 février 2020, elles sont illégales suite à une décision du Conseil d’État. Quand on a procédé au fauchage, il y avait encore un flou juridique.

On manque vraiment de données sur la sécurité sanitaire. Mais là, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail en Europe) a demandé que plus de tests soient effectués.

Jusqu’à maintenant, les VrTH étaient commercialisés car ils n’étaient pas du tout considérés comme des OGM. En fait, en France, il y a plein d’OGM VrTH dissimulés. En tout, on compte 60 000 hectares de tournesols VrTH en France, 37 000 hectares de colza. Il y en a partout, mais avec cette loi, il ne devrait plus y en avoir.

Les procédures sont longues ?

Des associations luttent depuis les années 90 et demandent que les OGM soient mieux testés et qu’on ne serve pas de cobayes. Le gros problème est la dissémination en plein champ, les tests grandeur nature, au lieu qu’ils soient faits en milieu confiné. Les associations ont demandé en 2015 un recours devant le Conseil d’État qui a questionné la Cour de Justice européenne. En juillet 2018, celle-ci a déclaré que ces nouveaux VrTH étaient des OGM. Une directive est donc passée le 7 février 2020 ordonnant au gouvernement français d’identifier et suspendre cette commercialisation d’OGM et d’appliquer ce principe de précaution : on doit tester ces VrTH et ses effets sur la santé et l’environnement avant de les commercialiser et donc de les planter.

Les tests se font sur des rats durant trois mois. Ce qui équivaut à faire des tests sur des humains pendant seulement deux ans.

Quand des OGM sont interdits par la loi, de nouveaux sont créés avec de nouvelles techniques dans la discrétion ?

Oui, cela prend beaucoup de temps et d’énergie aux associations pour essayer de déceler où sont les OGM, comment ils fonctionnent. Les fabricants jouent sur le fait qu’ils ont beaucoup de moyens, donc ils peuvent inventer plein de techniques et le temps que ces techniques soient interdites, ils gagnent du temps.

C’est assez violent pour l’agriculteur qui est payé pour disséminer cette culture chez qui l’on intervient, et je suis la première désolée pour lui, mais d’un autre côté, c’est une tribune pour que les autorités sanitaires se prononcent, et disent ensuite que c’est bel et bien interdit.

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Propos recueillis par Aurore Cros
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