Le jour où : le général de Gaulle en Aveyron le 21 septembre 1961

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  • La visite en Aveyron, en septembre 1961, du président de la République Charles de Gaulle est encore très présente dans les mémoires de ceux qui ont vécu cet événement.
    La visite en Aveyron, en septembre 1961, du président de la République Charles de Gaulle est encore très présente dans les mémoires de ceux qui ont vécu cet événement. Photos Edouard Thubières, Société des lettres de l’Aveyron et reproduction. / Photos Edouard Thubières, Société des lettres de l’Aveyron et reproduction.
  • A l’image de Decazeville, l’Aveyron avait réservé un accueil très chaleureux au général de Gaulle. Sa visite avait été captée par les caméras de la télévision : radiodiffusion et la Télévision nationale. Un reportage filmé avait été tourné puis diffusé. Les radios étaient également présentes : Europe 1 et Radio Luxembourg.
    A l’image de Decazeville, l’Aveyron avait réservé un accueil très chaleureux au général de Gaulle. Sa visite avait été captée par les caméras de la télévision : radiodiffusion et la Télévision nationale. Un reportage filmé avait été tourné puis diffusé. Les radios étaient également présentes : Europe 1 et Radio Luxembourg. Photos Edouard Thubières, Société des lettres de l’Aveyron et reproduction. / Photos Edouard Thubières, Société des lettres de l’Aveyron et reproduction.
  • De Gaulle est arrivé à Rodez, accueilli par plusieurs milliers de personnes.
    De Gaulle est arrivé à Rodez, accueilli par plusieurs milliers de personnes. Photos Edouard Thubières, Société des lettres de l’Aveyron et reproduction. / Photos Edouard Thubières, Société des lettres de l’Aveyron et reproduction.
  • Le général de Gaulle, au château de Montrozier, le 1er juin 1950.
    Le général de Gaulle, au château de Montrozier, le 1er juin 1950. Photos Edouard Thubières, Société des lettres de l’Aveyron et reproduction. / Photos Edouard Thubières, Société des lettres de l’Aveyron et reproduction.
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La visite en Aveyron, en septembre 1961, du président de la République Charles de Gaulle est encore très présente dans les mémoires de ceux qui ont vécu cet événement. Le général a sillonné le département et a découvert successivement, à l’occasion de réceptions officielles en mairie ou de haltes plus rapides, les localités et les habitants de Villefranche-de-Rouergue, Lanuéjouls, Montbazens, Viviez, Decazeville, Millau, Saint-Beauzély, Salles-Curan, Pont-de-Salars, Flavin et Rodez. Surtout, cette visite s’est inscrite dans un contexte très particulier. Celui de la guerre d’Algérie et de son indépendance, mais également d’une contestation grandissante de son pouvoir par les partis politiques d’oppositions, mais pas seulement.
« Qui donc le public a-t-il applaudi ? Le de Gaulle des années 40, le chef de l’État ou une image d’Épinal ? Car, en dépit des multiples consignes d’abstention, données à droite et à gauche, le général fut à Rodez et à Millau, vivement acclamé. Qui donc a applaudi, qui ? ». En 31 mois, 14 voyages officiels et 57 départements ont été visités. Le jour de sa visite, Centre Presse consacrait douze pages spéciales. Le 21 septembre, le général de Gaulle arrive à Villefranche-de-Rouergue par le train de nuit depuis Paris. Ce voyage en Aveyron, le quatorzième, sera le dernier déplacement de l’année pour le président de la République. Durant son court séjour en Aveyron, le premier après l’attentat de Pont-sur-Seine, il sera accompagné par le préfet Lamorlette, Raymond Bonnefous, président du conseil général, du ministre de l’Intérieur, M. Frey, du ministre de la Reconstruction M. Sudreau et du secrétaire d’État à l’Information, de La Malène. On estime qu’un peu plus de 40 000 Aveyronnais ont assisté au passage de de Gaulle.

 

Sa tournée débute à Villefranche-de-Rouergue

À Villefranche-de-Rouergue. Les chroniqueurs de l’époque relèvent que l’accueil à Villefranche-de-Rouergue, là où a démarré la visite de de Gaulle en Aveyron, avait pu « paraître froid un tantinet. Il fallait compter, tout simplement, avec l’heure de la réception ». Le général de Gaulle est arrivé par le train depuis Paris, Vers 8 h 30, il a été accueilli en gare de Villefranche-de-Rouergue, puis en mairie par le maire de l’époque, Robert Fabre. Sur la route, il s’est également arrêté à Lanuéjouls, où le conseil municipal était rassemblé sur la place du village. Puis, de Gaulle a fait une halte à Montbazens, où il a prononcé un court discours.

Quand de Gaulle parlait au Pays Noir

Dans le bassin. « De Gaulle s’adresse au Pays Noir », titrait Centre Presse. Il y a foule pour accueillir le général. Près de 6 000 personnes. Dans le discours de de Gaulle, il est question du travail, des transformations profondes subies par la France. Il se concentre aussi longuement sur les événements qui secouent l’Algérie : « Nous avons pris la seule voie par laquelle cela doit se terminer, c’est-à-dire le devoir pour les Algériens de prendre leur destin en main - ce que la France offre -, de bâtir leur État. » À Viviez, les habitants n’en « revenaient pas » de voir le général si simple, si familier, serrant les mains qui hésitaient à se tendre, caressant les bébés, s’informant rapidement des conditions de vie de chacun. Et les paroles d’une femme, relevées par un journaliste, résument la visite du général en Aveyron : « Il est simple, il paraît gentil ; on lui a fait un bon accueil : sans doute ne s’y attendait-il pas. Il mérite bien ça ! On peut ne pas être toujours d’accord avec lui : Il n’en reste pas moins de Gaulle. » à Aubin, la municipalité communiste, a refusé de recevoir le chef de l’État qui ne s’est pas arrêté. Mais il a salué la foule, depuis sa voiture.

A Rodez, la foule pour accueillir le général

De Gaulle est arrivé à Rodez, accueilli par plusieurs milliers de personnes. Vers 17 h 40, il a remonté l’avenue Amans-Rodat et l’avenue Victor-Hugo. Il s’est arrêté devant la gendarmerie, où il a passé les troupes en revue. La réception, place d’Armes, par le maire de l’époque M. de Lapanouse, a rassemblé une foule considérable. Durant sa visite, il a ainsi continué à pied, par le boulevard Gambetta, pour rejoindre l’hôtel de ville. Après son discours depuis le balcon de la mairie, l’invité d’honneur se voit offrir les trois tomes, reliés, des Châteaux de l’ancien Rouergue, du marquis de Valady. Aussi, durant son passage à Rodez, il rendra visite à Paul Ramadier, hospitalisé à la clinique Garrigues. Ramadier décédera le 14 octobre 1961.

Jacques Godfrain se souvient du passage du général à Millau

À Millau : « Vive Milo ! » Dans leur compte rendu du lendemain, les journaliers avaient relevé cette maladresse du général, à la fin de son discours. « Le président, peu au courant de la prononciation d’usage, termine son allocution par un vibrant « Vive Milo ». Mais hormis cet impact, Millau a réservé à de Gaulle un nouvel accueil triomphal. Et parmi la foule, se trouvait Jacques Godfrain, l’actuel président la fondation Charles de Gaulle et ancien ministre, député et maire de la cité du gant. « J’étais âgé de 16 ans et j’avais rejoint Millau depuis Saint-Affrique avec mon vélo Solex pour voir de Gaulle, se souvient Jacques Godfrain. La foule était impressionnante et impressionnée de voir le général. »
Les journalistes de Centre Presse de l’époque, écrivaient : « C’est une voie perdue dans la foule qui a donné le ton au général lorsqu’il prit la parole devant l’hôtel de ville de Millau. Sitôt que le président apparut à la tribune. Il fut salué par un vibrant : « Merci, De Gaulle ! ». Spontanément, le général releva le gant. Eh bien ! merci Millau. Puis il enchaîne… »
Arrivé par le train, vers 14 heures, le général a profité d’un bain de foule avant de se voir offrir six paires de gants : trois pour lui, trois pour son épouse. Le maire de l’époque, Charles Dutheil a prononcé son discours dans le square de l’hôtel de ville. Jacques Godfrain garde un souvenir intact de ces instants qui ont vraisemblablement forgé une conviction politique profonde et assumée.
Le général Charles de Gaulle a ensuite rejoint, par la route, Rodez, dernière étape de sa tournée en Aveyron.
 

Philippe Henry
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